U10 samedi 13 a RAMBOUILLET

Résumé très subjectif du tournoi CIFR du 13 Mai 2017 à Rambouillet

Où l’on ramasse encore.

 

Samedi 13 : direction Rambouillet pour les dernières rencontres CIFR de la saison.

Rambouillet, quand même !

Une heure et demie de route malgré la diligence irréprochable du chauffeur… Un jour de finale de coupe d’Europe.

Et bien sûr : qui dit Finale sous-entend souvent Clermont.

Me faire rater la première mi-temps d’une finale de Clermont ! A moi ! Sérieux…

Tout ça pour confesser que c’est un éducateur plus ou moins grognon qui – à midi – emmène ses petiots jusque dans ces coins reculés de l’île de France.

Presque la Beauce, dis !

La Beauce : ce plat horizon où s’engluent tout optimisme, facétie et lubie, irrémédiablement balayé par les sinistres bras d’éoliennes lugubres… Bien sûr, si vous ne traversez jamais la Beauce en voiture, vous ne pouvez pas comprendre la phrase susdite, mais quiconque – tel votre serviteur – vient du Centre, voire même de plus bas encore, aura au moins une fois traversé cette interminable région plane dont l’unique vocation – outre l’intérêt agricole – tend à lasser le regard et mutiler l’imagination, quiconque disais-je aura compris qu’en fait la Beauce fait figure de Purgatoire de la région parisienne. Et je laisserai à chacun le soin de décider dans lequel de Paris ou de la Province il voit l’enfer ou le Paradis…

 

Mais bref, mon tempérament de vieux ronchon et moi-même limitons la voilure sur ce plateau. Trop de consignes tuant les consignes (au niveau macro économique, le même dicton s’applique avec l’impôt) j’en retranche une de consigne pour limiter mon speach d’avant match à deux petites demandes, mais par contre fermement répétées, encore et encore, martelées pour ainsi dire.

1)      Messieurs : du placage. Du placage. Oh, les gars : du placage ! D’accord, hein ? Du placage ! Max, qu’est-ce que je viens de dire ? « Hein… ? », « C’est quoi ma première consigne ? », « Heu.. Du placage ? », « Du placage ! » que j’entérine…

2)      On se démarque.

Quand même : n’allez pas me dire que c’est trop !

Pas assez pour Coach Riou, pour tout dire ! Coach Riou, il a approuvé silencieusement mon monologue sur le placage, mais selon lui c’était encore trop faiblard. Il faut en remettre une couche !

Alors, pour ne pas marcher sur mes plates-bandes, il me rajoute une troisième de consigne :-

3)      De l’implication ! On arrête d’être mou et d’être spectateur du match ! On s’implique ! Pas comme au dernier tournois (CF épisode précédent). On s’implique (au plaquage) !

Je vous dis, moi, il ne perd jamais le Nord, Coach Riou. Une vraie boussole c’t’homme là !

Un effectif réduit à 12 joueurs pour cet après-midi plutôt ensoleillé en bordure de Beauce.

Nathaël et Valentin manquent à l’appel. Clément fait sa communion, entraînant M. Huss en ses dévotions, et puis bien sûr nous avons le cas Allan !

Ah, Allan ! Tout un poème, Allan. Car, comprenez, Allan se prépare à déménager à Poitier en Septembre. Bon, jusque là, rien qui ne sorte du commun. Mais justement, avec Allan, le commun, il faut rarement s’y attendre. Allan est avant tout enfant de l’Insolite. Oui, le fils de Frank aussi, mais l’un n’empêche pas forcément l’autre. Alors au lieu de faire un peu comme tout un chacun quand il déménage, partir et s’arracher de sa vie précédente d’un seul coup sec, avec les cartons, le camion des déménageurs, tous dans la voiture et HOP là, tu pleureras sur la route, mais Papa, je veux pas partir, silence mon fils, compte les R5 et si t’es sage je te raconterai la guerre de Troie et comment Ferrant le guerrier jaune du Mont périt les armes à la main dans le brasier du grand cheval…   Bref donc au lieu d’opter comme tout un chacun à cette séparation nette et franche comme l’ablation publique de la main du voleur dans un pays radical, Allan lui, il fait ça à son rythme. Il étale sa translation vers la ville du futuroscope en y aménageant petit à petit, et en douceur, une partie de sa vie parisienne ; par doses homéopathiques, comme qui dirait ! Donc, samedi dernier, Allan nous avait exporté Luka, son compère de la première ligne.

Tout ça pour dire – et pour ceux qui ne l’auraient pas compris – qu’à moi, il va sacrément me maquer Allan, quand il sera véritablement partit ! (S’il part, cela dit.)

Mais Samedi dernier c’est non seulement Allan qui nous a manqué, mais aussi Luka.

Andréas, Ruben et Maxime couvraient la première ligne.

Nathan ouvrait.

Noé et Auguste couvraient la mêlée, le second nommé passant au centre quand le premier rentrait.

Gurwan jouait premier centre.

Axel tenait le numéro 13.

Julien et Jocelyn restaient ailiers.

Yannis oscillait entre tous les chiffres allant du 11 au 14.

Et Alexandre gardait l’arrière.

Pendant l’échauffement (dévolu, vous l’aurez probablement deviné, à des exercices de plaquage), Audrey nous apporte le café. Il ne m’en faut guère plus pour que mon attention s’en aille papillonner dans les territoires vagues de la rêverie, territoires oniriques qui il est vrai me sont familiers, et je réalise – fort peu opportunément, concédons-le – qu’Audrey et M. Ferreira, qui nous ont fidèlement accompagné à chacun de nos matchs depuis deux ans – ils ne seront pas plus avec moi l’an prochain, justement vu que la pépite Nathan s’en monte en U12. Alors bien sûr, cette réalisation me plonge momentanément dans une contemplation floue voire nostalgique pendant que je sirote le café en question ; en plein milieu de mes gamins, comme d’habitude, car très scolaire, et comme préconisé par l’éducateur fédéral, je me déplace pendant les entraînements y participe même, bougeant de droite, haranguant de gauche, sauf bien sûr quand une songerie me prend comme d’autres reçoivent des piqures de moustique, chacun ses problèmes !

Donc ce qui doit advenir, advient. Pendant que je soupire sur l’évidence que Monsieur et Madame Ferreira vont fortement me manquer l’an prochain, eux aussi, je me fais bousculer par Andreas et Axel s’affairant au plaquage, versant dans l’action les restes de café sur les tuniques.

Dieu merci, mes rêveries s’avérant toujours un peu plus longues que la sagesse le recommanderait, le breuvage avait eu le temps de refroidir, ne brûlant pas mes deux garçons et se contentant seulement d’orner un peu le tee-shirt du club. Pardon à Jean-Luc !

Cet épisode entériné, nous pouvons entrer dans le vif du sujet (vous me direz, après vous en avoir pondu trois page : ce n’est pas trop tôt).

Ballancourt nous faisant défaut en U10, nous ne jouerons que contre nos hôtes : 4 mi-temps de 10 minutes chacune.

L’éducateur de Rambouillet s’étant bloqué le dos, Coach Riou affichant peu d’appétence à l’arbitrage pour la journée. C’est moi qui récolte du sifflet.

Une première mi-temps engagée et belliqueuse contre une très belle et volontaire équipe de Rambouillet emmenée par un petit ouvreur blond fort talentueux.

Nos petiots appliquent les consignes d’implication à la lettre ; pour ce qui est de se démarquer, on repassera, mais on commence toutefois à remarquer quelques groupes de joueurs, souvent emmenés pas Yannis et Alex qui font l’effort de ne pas aller s’engager dans l’essaim et de se mettre en escalier ou en ligne selon la possession du ballon.

Entre belles cartouches et phases de fixations disputées, le ballon s’éjecte souvent mû d’une volonté de part et d’autre d’écarter le jeu et surtout de jouer vite.

Mi-temps très équilibrée en guise de round d’observation où la balle transite d’un en-but à l’autre sans pour autant en franchir la ligne, les défenses des deux protagonistes s’entêtant et s’arcboutant sur leurs en-but respectifs.

Finalement, nous tirons les premiers, suite à une belle charge de nos avants, arrêtés dans les cinq mètres. Auguste arrive à déterrer le ballon à le transmettre à la Petite Flamme qui, fidèle à son habitude, aime aller défier la défense plein fer, intimement persuadé qu’il saura perpétuellement échapper aux bras et épaules adverses.

Pour le coup, la situation lui donne raison, arrivé lancé, notre anguille profite d’une vive toupie à droite, puis d’une autre à gauche, se retrouvant dos au jeu pour se retourner en plongeant dans l’en-but. C’est peu orthodoxe, son affaire, mais essai quand même !

Sans trop tergiverser, Rambouillet repart à l’attaque, disposant de beaux joueurs et de quelques gabarits supérieurs aux nôtres.

Ils ne tardent pas à égaliser. Peu avant la mi-temps. 1-1.

En regagnant nos camps respectifs, l’éducateur de verts et blancs me fait part de sa satisfaction. Le match est équilibré ça joue bien.

« Pas trop mal ! » rouscaille Coach Riou l’horloger.  «Ça joue trop en tas. Encore ! Par contre sur l’envie. C’est super ! »

 

Hélas, Patatras en seconde mi-temps.

On prend un cinglant 3-0.

Alors, peut-être piqué par le corsé de l’opposition, Rambouillet décide d’embrayer la seconde, puis la troisième… Peut-être aussi diluons-nous notre propre envie ; née d’un sentiment du devoir accompli sur la première mi-temps contre un adversaire – sur le début en tous cas – qui paraissait à notre portée.

Va savoir !

Intelligents, nos hôtes ont par contre trouvé la parade aux engagements rapides de Nathan, gardant la balle ou la remontant eux-mêmes après leurs essais.

Pour notre part, nous demeurons encore trop collés les uns aux autres, limitant d’emblée nos attaques à du jeu qui, s’il se veut déployé, se retrouve dans l’exécution plus proche d’un jeu axial pénétrant. Rambouillet ayant densifié son milieu de terrain, nous nous engluons là-dedans sans arriver à faire fructifier nos ballons d’attaque, alors que justement, contrairement au tournoi du Muguet, nous en avions des ballons.

Défaite 4-1.

Nos petiots se font remonter les bretelles à la pause.

 

Second match et changement de sifflet suite à une charge de Gurwan continuant à jouer après le coup de sifflet que personne n’avait entendu.

Faute au sifflet et non à l’arbitre, il va sans dire.

Dommage, le gaillard avait avancé de 30 mètres !

Sur la première mi-temps de cette « Revanche », Nathan décide de prendre les choses en main. On le voit se démultiplier aux quatre coins du terrain, se prenant pour Julien Bardy en défense (Julien Bardy pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un troisième ligne franco-portugais de Montferrand capable d’enchaîner coup sur coups trois plaquages dans la même action, je plaque, je roule, je me relève, je plaque, je roule, je me relève, je plaque, je roule, je me relève). Le problème avec Julien Bardy, c’est qu’il finit rarement les matchs. A croire qu’il aime tant le jaune de son maillot qu’il lui faut en sus sélectionner les cartons du même ton.

Nous n’avons pas ce problème avec Nathan, nous.

Voyant cela, les copains, quand même assez impressionnés par cette débauche d’énergie ne boudent pas le spectacle. Aux premières loges pour le master class, ils observent cela avec attention, l’encouragent volontiers !

Surtout que non content de défendre, Nathan attaque aussi, relayé disons-le quand même par Alex, Julien et Maxime que j’ai vu beaucoup de fois batailler dans la lousine, jouant hargneusement debout.

Mais bon, la logique veut que, quand vous n’êtes qu’un seul à défendre avec efficacité, vous allez prendre des essais. 2, en l’occurrence.

Comme nous défendons peu, nous laissons l’initiative à l’adversaire qui nous prive de ballons.

Mais bien sûr, notre ouvreur ne l’entendait pas de cette oreille, sur la dernière action, il se relève après une vilaine béquille involontaire l’ayant proprement séché sur nos cinq mètres. Il retourne se mettre en jeu dans notre propre en-but, profite d’une belle action défensive de Jocelyn arrêtant son vis-à-vis, Noé relève le ballon (toujours dans notre en-but), Nathan l’appelle, reçoit son ballon arrêté et puis – comme il a bien entendu que c’était la dernière action – met les cannes le long de la ligne de touche et s’en remonte tout le terrain à lui tout seul afin de réduire le score.

On perd 2-1.

Là, Coach Riou, grille la durite. « Yen a marre ! » éructe-t-il en nous pourrissant la marmaille. « Puisqu’il y a que lui qui bosse ! Je vous l’enlève ! » qu’il décide.

Cette drastique position pourrait injuste, si Nathan justement ne se ressentait de sa béquille, la cuisse ayant viré à la couleur écrevisse. D’ailleurs, il aura été le seul à ne pas goûter au banc. Donc…

Nous bricolons à nouveau la composition de façon à mettre Axel et Noé à la charnière, Auguste accompagnant Gurwan au centre. Yannis et Jocelyn aux ailes, Ruben, Andreas et Max demeurant en première ligne.

Défaite 4-1 ; 6-2 sur les deux mi-temps de ce second match.

Surprise, surprise, me direz-vous… Nous encaissons le plus d’essai alors que notre meilleur défenseur reste sur la touche.

Paradoxalement, et malgré les quatre essais pris, c’est sur cette mi-temps que les petits auront démontré le plus de mordant et de solidarité.

Menés par leur charnière première année impliquée, ils ne se seront pas découragés, malgré l’amplitude gonflante du score, allant même jusqu’à marquer sur la dernière action pour sauver l’honneur par une charge mémorable de notre Gurwan qui aura explosé la défense adverse (quatre joueurs s’il vous plaît) qu’il aura envoyé bouler sans plus de façons pour conclure dans l’en-but.

 

En Conclusion.

Défaites logiques contre une équipe à notre portée, et sensiblement de notre niveau mais bénéficiant d’un effectif plus homogène ; cela expliquant la déprédation des scores au fur et à mesure de l’après-midi.

Cette récession de résultats perdure. A vivre : promesse, cela frôle la dépression ! Surtout qu’autour de nous, de part et d’autre, U8 et U10 enchaînent d’éblouissants résultats.

Pourtant : les choses travaillées à l’entraînement sont appliqués et bien exécutées. Coach Riou et moi pouvons témoigner d’améliorations spectaculaires dans les déblayages notamment qui avaient été révisées à l’entraînement du samedi précédent. Le truc dommage, c’est que, qui dit déblayage implique passage au sol ; et la stratégie, justement, se serait d’éviter de passer par le sol et de garder le ballon vivant. Nonobstant, cette bonne retranscription des techniques travaillées à l’entraînement a porté ses fruits dans le sens où l’on a trouvé une équipe plus impliquée et plus agressive que le radeau à la dérive qui sombrait gaiement deux semaines auparavant.

Les passes, par contre, sont catastrophiques. Il va falloir appuyer là-dessus. La plupart des éléments de l’an prochain montent en U12 ! C’est pas possible de les leur transmettre dans un tel état. Messieurs : vous allez en manger, de la passe ! Et de la course qui va avec.

Ignorance quasi-totale de la seconde consigne : se démarquer. Habituez-vous y, elle va revenir !

Super accueil du club de Rambouillet. La chose est à souligner.

Le sifflet prêté par l’éducateur de Rambouillet marchait en effet. Il m’avait prévenu, je ne l’avais pas écouté. Bien mal m’en prit ! Mon oreille droite s’en est retrouvé affublée d’une surdité qui s’est prolongée tout le reste du week-end !

Enfin, et pour cruellement conclure cet après-midi agréable, mais décevant, nous parvenons à rentrer à temps pour la seconde période de la finale. Clermont n’est alors mené que de 5 petits points (17-12). Une pénalité de part et d’autre, puis un essai éblouissant d’Abendanon après, Montferrand revient à un point… Ils n’auront presque pas dépassé leurs 22, subit 70% de possession adverse, une victoire s’apparenterait à un vol à main armée : qu’importe ! Pourquoi pas nous, pour une fois ? Moi en tous cas : J’y crois. A quatre minutes de la fin, Lopez – face aux poteaux – tient la pénalité de l’espoir…

Il la foire.

A mes côtés, l’un de mes fils, vêtu du maillot jaune, verse une larme.

Je pense à mon père qui lui, a assisté à 10 défaites avant de décider qu’il leur portait la poisse à les regarder.

J’entreprends alors de compter sur mes doigts celles dont je peux témoigner personnellement (1994, 2007, 2008, 2009, 2013, 2015 deux fois, 2017…)

Découragé, les épaules tombantes, je considère mon fils qui pleure en silence.

Le rugby, c’est une histoire de famille ! qu’on m’avait dit.

Ouais… Mais c’est les histoires d’amour qui finissent mal. Pas les histoires de familles…

Non ?

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