Tournoi du 3 juin 2017 à Sucy U10

Episode 11

Résumé très subjectif du tournoi du 3 juin 2017 à Sucy.

Un drôle de week-end.

Mine de rien, sans trop prévenir, nous sommes presque en été.

A peine a-t-on enfin réussi à s’habituer à ne plus marquer 2016 sur le haut de ton fichier excel ou sur le talon des quelques chèques qu’il t’arrive encore de signer (généralement à un organe administratif ou tout comme), qu’on réalise que 2017 est déjà à moitié grignotée.

Tu t’affoles un peu. Tu regardes autour de toi :

Les demies finales sont passées !

T’en es déjà au week-end de finale pour le Brennus (qui se jouera pour une fois un dimanche). Du coup, tu t’inquiètes, vu que – c’est forcé : t’as raté un épisode…

Alors tu comptes sur tes doigts, histoire d’y faire bien coïncider une remembrance ou pas, d’ailleurs ; quelque chose qui te prouverait que t’as bel et bien été absorbé par un trou noir ou subit un coma assez long, coma dont tu ne te souviendrais pas; même si tu supposes que la cause, quoi qu’il arrive ne peut qu’être éthylique.

· Donc, janvier: il a fait mauvais : terrains impraticables.

· Février : On a joué à Arpajon.

· Mars : On a joué à Montigny et battu Chelles à la maison.

· Avril : Pas de matchs, puis de toutes façons, il pleuvait.

· Mai : C’était le tournoi du Muguet où on a pris cher.

· Et Juin donc : nous voici au tournoi de Sucy.

Non, en fait : tout y est !

Clermont est finale, comme d’habitude…

Tu peux te rassurer, tu n’as pas fait un saut temporel à la façon Marty Mac Fly qui t’aurait privé de la première moitié de 2017. Et tout du moins, si tu as trop abusé de la dive muse de Rabelais – le fait est coutumier – tu ne l’as pas lutiné au point d’en perdre plusieurs mois au passage.

Bon, alors nous y sommes, au tournoi de Sucy.

Je vous le dis d’emblée : je m’en méfie de celui-ci !

Déjà, à cause de nos derniers résultats déplorables (se référer aux deux derniers épisodes de cette chronique) ! Mais surtout, la raison d’une telle défiance tient à ce que, la dernière fois, à Sucy, notre tournoi s’était soldé par une avalanche de blessés. La Machine à tamponner y avait laissé une main, Kylian une clavicule et Jean s’y était luxé l’épaule. A croire qu’il rôde sur ces terrains comme une malédiction qui nous serait particulièrement défavorable.

C’est donc assez circonspect que je me pointe – pas trop en avance, avouons-le.

On ne se refait pas !

Et puis à Sucy, aussi, leurs U10 sont entraînés par Erwan, jeune éducateur dynamique et confrère de promo de certification, dont justement je connais les qualités.

Non, en fait – et en vérité – suis pas méfiant : je suis carrément dubitatif !

Pourtant, nous disposons d’un bel effectif.

Certes, il nous manque nos deux piliers basques Tatane et Andreas, constitutifs de la première ligne briviste si chère à coach Riou. Notre ailier, Julien manquera aussi, ainsi qu’Auguste, notre 9 titulaire. Alan quant à lui n’assistera qu’à la séance matinale… Mais bon: 13 gamins quand même!

Treize, quand tu joues à 10, c’est presque le nombre idéal ! T’es sûr que tout le monde va jouer ; et en plus tu n’as pas trop à te racler la soupière pour les changements.

Mais comme je suis méfiant – et puis Auvergnat, aussi – je m’attarde surtout sur la moitié vide du verre. Va savoir si ce nombre, 13, justement, il ne nous portera pas malheur, encore !

Pour bien commencer la matinée – après un entraînement plutôt calamiteux qui a suscité l’intervention additionnelle de M. Paraire père – nous tombons justement sur l’hôte du jour.

On va devoir se coltiner les U10 d’Erwan.

Je vous le dis, je le sens de plus en plus mal, ce tournoi…

Vu qu’Alan se refuse à m’effectuer une seule passe correcte de tout l’échauffement, par dépit – et puisque je suis Auvergnat aussi, il subsiste toujours un petit fond de méchanceté dans ces bêtes-là – je lui refuse sa position de prédilection au talon. Il sera pilier et pis c’est comme ça !

Nous aurons une première ligne avec Ruben en 2 ; Luka et Max en 1, Alan commencera sur le banc. En 9 on pose Noé, en 10 Nathan. Coach Riou décide de commencer avec une paire de centre constituée de Valentin l’acrobate et de Gurwan le perce murailles. Sur les ailes nous aurons Axel la p’tite flamme, Clément le taiseux, Yannis le discipliné et Jocelyn le vaillant. Alex s’occupera du 15 puisqu’il a pris ses repères au poste.

Le tournoi présentant un nombre resserré d’équipes, nous jouerons nos matchs sur deux mi-temps de huit minutes chacune.

Premier match contre Sucy, donc.

Au bout de quatre actions, Coach Riou, M. Paraire Senior, Messieurs. Bisetti & Dollet pères et moi-même nous entre-regardons, chagrinés.

« Dieu que c’est laid ! » dirai-je.

Coach Riou, adepte d’un parler que l’on qualifiera de plus « enluminé » que le mien, leur tient de la touche un tout autre langage que je ne saurais retranscrire ici.

Erwan, arpente le bord du terrain d’une ligne d’en-but à l’autre, assez mécontent lui aussi.

« Vous faîtes que des rucks ! » m’accuse-t-il.

Ce à quoi, parce que je suis fataliste – et Auvergnat aussi – je rétorque en haussant les épaules, argumentation en trois points, comme à l’école (ça tombe bien, il passe son bac, Erwan) :

« Déjà, on fait ce qu’on peut… Ensuite, on prend pas d’essais, et ça : c’est déjà une fin en soi… Et puis enfin, les rucks, c’est comme le tango : ils se génèrent pas tout seuls. Il faut être deux ! »

Arrive donc ce qu’il arrive souvent quand ça lousine de la sorte.

A un m’ment donné, du gros tas grouillant où s’engluent tous les mômes, avec les rares non participants leurs yeux rivés sur le ballon qu’ils cherchent envers et contre tout à distinguer quelque part dans l’enfouissement général, au lieu de regarder l’adversaire (ça aussi, on ne le répètera jamais assez), bref à un moment, le ballon risque de sortir pour nous, d’ordinaire suite à l’activité de Luka et d’atterrir dans les mains de Nathan qui, lui, scrutait bel et bien le reste du terrain.

De là, notre 10 contourne la fixation générale puis s’en va courir là où il n’y a personne pour remonter le terrain et ouvrir le score.

Piqué par cet essai encaissé, Sucy va mettre les bouchées doubles sur tout le reste de la mi-temps pour revenir. Ils égalisent sur l’une des dernières actions avant la pause.

Passés à la moulinette de l’horloger en chef à l’entracte (il est fort mécontent de cet essai encaissé), nos petiots reviennent avec d’autres intentions.

Plus déliés et entreprenants dans leur jeu, mieux appliqués aux déblayages, aussi, nous leur plantons 3 essais par Alex, Axel et Nathan encore, dont l’un suite à une très jolie chistera en tombant de notre ouvreur à son arrière.

Il y fallait bien cela ! Car ne voulant être en reste, Sucy nous en colle 2, vexés d’être menés au score à défaut de l’être dans le jeu.

Match équilibré, entre deux équipes qui – sur le jour – se valaient mais où nous avons su nous montrer plus opportunistes.

Nous remportons ce premier match 4-3

SUCY vs RCPB : 3-4

Le second (et dernier) match de la matinée nous oppose à Ligny.

Hélas, Ligny n’a réussi à ramener que 7 joueurs. Après quelques débats assez fastidieux entre les organisateurs de droite, ceux de gauche, l’arbitre et les éducateurs, nous finissons par adopter la décision de jouer à 10 contre 10 en leur prêtant Luka, Jocelyn et Yannis.

Bien sûr, et comme d’habitude, me direz-vous, il faut que nos trois lascars prêtés nous sortent le match de la saison.

Ainsi, contre leurs copains, Coach Riou et moi assistons à la démonstration d’un Yannis intraitable sur les plaquages, à celle d’un Luka pugnace qui a soudainement assimilé la règle du hors-jeu (comme ça !) et à celle d’un Jocelyn qui porte enfin la balle pour aller défier la ligne d’avantage.

Coach Riou et moi, on en reste comme deux ronds de flanc, dis !

« Ils nous font à chaque fois le coup, dis ! A chaque fois ! » qu’il me martèle. « Dés qu’ils jouent contre leur copains, ils se réveillent ! A chaque fois la même chose ! »

A force de se mettre des buches aux entraînements, aussi !

A ce jeu-là, Ligny nous mène de deux essais à la mi-temps.

Mais du coup, cette rébellion salutaire de leurs copains, réveillent les ardeurs de nos titulaires – et notamment celles d’Axel, justement scruté par les yeux de son grand-père et de son oncle.

Se découvrant tout d’un coup un débord d’agressivité salutaire, la petite flamme se met en mode emplafonnage systématique option corde à linge tongienne. Il s’en va découper tout ce qui ose avancer davantage que de deux mètres.

Cet excès d’enthousiasme accouche de plaquages un tantinet au-dessus de la ceinture, quoi que peu dangereux en eux-mêmes, mais qui nous valent d’être pénalisés plusieurs fois – et à raison – pour plaquage hauts. Plus grave, il trouve le moyen d’infliger une laide cravate à la gargante à l’ailier adverse qui filait à l’essai. Celle-ci aurait mérité le carton rouge.

Il s’en tire avec une nouvelle pénalité de l’arbitre (très permissif sur le coup) et une épique engueulade de Coach Riou. On l’aurait bien sortit, mais le règlement stipule qu’il eut aussi fallu sortir aussi un joueur adverse, vu qu’avec nos prêts à l’adversaire, nous n’étions plus qu’à 10…

La mi-temps propice arrive sur ces entrefaites, permettant à Coach Riou de reprendre son souffle et d’en remettre une belle couche sur la flammèche, assez vergogneuse il est vrai, mais bougonnant pas mal contre ces adultes qui, décidément, ne sont jamais contents, à vous enguirlander quand vous ne plaquez pas et vous pourrir d’avantage encore quand vous le faites mal.

Menés à la mi-temps d’un essai. Je sens que mes troupes peuvent gagner celui-ci. Alors laissant mon horloger agonir un Axel de toute façon survolté, M. Paraire et moi haranguons le reste des troupes, assez convaincus que pour une fois, ils ont trouvé la bonne carburation.

Les déblayages s’effectuent correctement entre Alan, Ruben et Max. Noé distribue le jeu avec vivacité. Gurwan joue debout en attaque et érige les barbelés en défense, Nathan fait du Nathan. Alex a planté un nouvel essai et les ailiers Clément et Valentin cherchent à relancer.

Sur la seconde mi-temps, nous parvenons à renverser la vapeur, profitant probablement de la fatigue de l’adversaire ayant bénéficié de moins de rotations sur leur premier match.

Finalement, nous plions cette seconde mi-temps grâce à trois nouveaux essais de nos pourvoyeurs habituels, Nathan, Axel et probablement Clément.

Le match se clôture sur la blessure au genou d’un joueur adverse encore une fois pris trop haut.

En plein milieu du terrain Axel lève les mains bien haut, en signe universel d’innocence (ou du malappris, chopé la main dans le sac mais qui se rend devant la menace des fusils adverses) : « Celui-ci, c’est pas moi ! » se disculpe-t-il.

Coach Riou secoue la tête, geste polyglotte avec lequel il exprime à la fois sa lassitude, sa colère, sa mansuétude et même un certain amusement…

« Tu vas voir qu’un jour, avec celui-ci, ça va partir en générale ! »

Il n’est pas avéré qu’une certaine gourmandise n’ait point mâtiné ce propos.

En tout état de cause : LIGNY vs RCPB : 3-4

La pause du midi nous trouve sur ce constat assez étonnant pour nous de deux victoires en deux matchs !

Nous jouons la victoire au tournoi, dis !

Alors, d’accord : on est encore loin des exploits des U8 de Moumout, Olivier et Carlos qui ont planté 34 essais en deux matchs (!!!) au compte-rendu desquels j’inviterai le lecteur plus avant sur ce site.

Nonobstant, pour une fois, nous ne sommes plus le vilain petit canard du lot.

Les pauvres U12 sont encalminés sur ce tournoi par un manque rageant d’effectif ; avarie rédhibitoire d’autant plus plombée par l’abandon irrémissible de leur no. 15, suite à un épique caprice dont il a hélas le secret, né de je ne sais quelle décision d’arbitrage sensément injuste, mais qui lui valut (le caprice, pas la décision arbitrale, s’entend) une engueulade en règle de son éducateur, puis de sa mère, puis de son paternel et enfin de son grand-père, tant cette famille était venue en force à Sucy !

N’est-ce pas Tristan P ?

Quoi qu’il en soit, fidèles à notre réputation, nous arrosons la pause à la manière RCPBienne sous le soleil de Sucy. Après tout, il fait chaud, et en ces pays du Nord de la Loire, il faut savoir tirer parti de toute situation climatique favorable. C’est un bougnat Londonien qui vous l’affirme. Lui aussi est confronté à des soucis similaires.

Comme convenu, notre Alan nous quitte à la pause.

D’ailleurs, la reprise sera longue.

Tout d’abord, Ligny doit jouer contre le RCCC.

Comme ils sont en infériorité numérique depuis la défection de leur joueur découpé par l’un des nôtres (Axel réitère que non, non, il n’y est pour rien !) et qu’elle qu’en soit le coupable, nous sommes bien embêtés tout de mêmes, nous leur prêtons nos joueurs.

Et puis tiens : Puisque tu les as tant aimé : Axel, tu t’y colles !

Ce douteux cadeau fait beaucoup sourire l’éducateur de Ligny. D’autant plus que nous lui prêtons aussi Luka et Maxime, tous deux très batailleurs ce samedi.

Ils s’en portent bien, Ligny, de nos prêts ! Vu que Luka et Maxime, suivant en cela cet adage bien établi que tout U10 du RCPB jouera toujours mieux sous prêt que pour sa propre équipe – à notre grand dam ! avouons-le – Luka et Maxime disais-je ont sorti un match exemplaire, où ils ont ferraillé, porté le ballon, progressé avec rage et mis leur équipe dans l’avancée constante.

C’est ainsi que sous nos yeux ravis – ne boudons pas notre plaisir – nous avons vu ces deux-là porter une vaillante équipe de Ligny vaincre le RCCC (à comprendre Créteil / Choisy)

Notre tour d’affronter Créteil / Choisy arrive.

Faisant souffler Axel, Max et Luka, nous replaçons Gurwan le batailleur et Clément à l’avant pour entourer Ruben. Valentin reprend le centre, Yannis et Jocelyn occupent les ailes.

De ce match, je ne verrai guère que les premiers essais marqués par Choisy où Nathan sort rapidement sur bobo certes douloureux, mais sans gravité.

Clément suit la mouvance en restant au sol suite à un regroupement. Comme il se plaint du genou, les secours arrivent.

La secouriste ayant de beaux yeux, et l’éducateur-narrateur tenant du macho peu futé, je me dévoue pour transbahuter mon lascar sous la tente ! « Pensez, ma p’tite dame, pas besoin de brancard ! Je peux l’porter ! »

Tu parles !

Il pèse comme les pierres, cet enfant ! C’est pas le fils d’un pilier pour rien, le Clément.

Après une pause salutaire pour mes bras (et mon ego) à quelques mètres à peine de la tente, je m’engouffre chez les secouristes pour constater qu’il n’y a pas que chez le RCPB que la malédiction du tournoi de Sucy déploie ses sournoises menées.

Heureusement, plus de peur que de mal pour Clément. Un peu de glace et pis ça s’arrange.

Bref, pris que je suis sous la tente, je ne constaterai donc pas l’égalisation de notre équipe bien emmenée par Maxime, Noé et Luka et par des essais d’Alex et d’Axel.

Le temps que Clément et moi revenions, notre match se termine.

RC Choisy Créteil vs RCPB : 4-3

Première défaite de la journée.

Un peu frustrés par ce revers, un beau contingent de nos U10 se dévoue pour gonfler les rangs de Ligny qui s’en va affronter la VGA, toujours invaincue.

Max, Valentin, Yannis, Luka et la petite flamme en veulent encore.

Bon, allez !

Ça ferraille encore avec nos joueurs complémentant tant bien que mal les rangs de Ligny. Max qui a résolument oublié son frein à main à la maison fait des ravages. Axel a enfin retrouvé l’usage de ses genoux pour se baisser avant les plaquages. Yannis et Luka continuent leurs prestations sérieuses.

Et c’est une belle opposition qui est proposée à la VGA de Saint-Maur sur ce match.

Par contre, la VGA tournait vraiment au-dessus cet après-midi.

Ça ferraille vaillamment, ça meurt les armes à la main, mais ça perd néanmoins. Pour l’épisode croquignol, la Petite Flamme a pris la succession d’Alan, dont il est vrai, les frasques nous manquent. Alors, sur sa ligne d’en-but, il chaparde un ballon au porteur de balle, et le voici qui, d’un crochet, remonte toute le terrain le long de la ligne de touche pour marquer sans plus d’opposition. Evidemment, il gratifie la galerie d’un beau plongeon à la fidjienne qui fait hurler de rire Coach Riou : « Je te jure qu’il va nous la faire finir en générale, un jour ! »

Et là, au ton : y a pas de doute ! Il s’en délecte d’avance, mon coach Riou.

Le grand-père grognonne quelque chose sur l’humilité ou, en l’occurrence, son manque. Mais c’est normal. Il est Auvergnat, le grand-père. C’est pas démonstratifs, ces engins-là !

Quoi qu’il en soit, nous dépêchons Noé aux éducateurs de Ligny pour qu’il supplée son compère.

Sur la suite de ce match, l’après-midi avançant, le cruel diktat présidant au tournoi de Sucy reprend ses droits.

Valentin reçoit un coup derrière la tête, sans gravité, mais quand même, nous préférons l’arrêter pour le restant de joyeusetés.

C’est donc privés des élégantes arabesques de notre centre / ailier et de Nathan que nous devons affronter la VGA pour une sorte de finale.

Déjà que d’ordinaire, la VGA, c’est du velu, mais sans Nathan et en fin de journée, ça devient un peu mission impossible, vous savez avec le générique qui fait TIN TIN TINTINTIN, doudoudouuuuuu, doudoudouuuu…. Et Tom Cruise qui saute de l’immeuble.

Mais bref.

M. Huss débarquant sur ces entrefaites, Clément se remet illico de sa blessure au genou. Hop : sur la pelouse, au centre !

Avec une charnière Noé-Axel. Un Alexandre à l’arrière, des centres Clément – Gurwan, des ailiers Yannis – Jocelyn dont la maman arrive aussi. Et puis devant : les rugueux Ruben Max et Luka.

Comme dans le poème, dis : Nous partîmes à 13 ! Nous ne sommes plus que dix…

Depuis l’début que je vous dis qu’il faut s’en méfier des terrains de Sucy !

Contre la VGA, nous bataillons avec vaillance.

Malgré un Gurwan intraitable au centre, très vite suppléé par un Jocelyn kamikaze et solidaire des assauts incessants de cette belle équipe de Saint-Maur, nous reculons et reculons. A force, nous en prenons deux !

En témoignage de ces joutes rudoyantes, un joueur de Saint-Maur écope d’un carton rouge pour un plaquage haut.

Au milieu du terrain, Axel lève les bras : « C’est pas moi ! »

Comme la VGA, eux-aussi, n’ont plus que dix joueurs, nous faisons ressortir Clément.

Il ne tarde pas à rentrer à nouveau vu que sur l’action suivante, c’est au tour de Jocelyn de se faire maraver le bras.

La mi-temps est sifflée là-dessus, pendant que je m’en vais apporter mon petit ailier en larmes – les premières de la saison, malgré quelques tampons mémorables – jusqu’à sa maman pour qu’elle l’achemine à cette maudite tente enfantropophage, là-bas, qui préside au centre des terrains.

A la mi-temps nous faisons cercles épaules contre épaules.

Allez, les gars : faut pas lâcher ! C’est la dernière mi-temps ! On y croit !

Seconde mi-temps, à 9 contre 9 : même punition. 2-0 encore.

Mais à noter la fierté des garçons qui n’ont pas lâché l’affaire, ni baissé la tête contre une équipe qui évoluait un ton au-dessus.

VGA vs RCPB : 4-0

Très belle prestation encore de notre première ligne, Ruben, Luka et Maxime, bien supportés encore dans le combat par notre Gurwan, dont l’activité rugbystique s’effectue au rebours diamétral de l’agitation de sa langue. Le discours, de ce gaillard-là, s’effectue sur le pré, et uniquement sur le pré.

Privé d’avancée claire (contre la VGA), Noé a fait au mieux pour trier les ballons. De bons matchs à mettre à son crédit.

Alan – spolié de son poste préféré – n’aura pas démérité sur le matin ; beaucoup plus appliqué dans les matchs qu’aux entraînements !

Alexandre nous a gratifiés de son écot d’essais habituels suites à de belles accélérations du fond du terrain. De très bons matchs de sa part, et notamment en défense. Il s’est approprié le poste d’arrière après une très belle progression cette année. Il est prêt pour les U12 !

Collé à la ligne de front, comme toujours, Nathan nous a sauvé plusieurs situations chaudes et nous a marqué les essais qui ont permis ses copains de se mettre sur les bons rails. Comme toujours ! Nathan, c’est une sorte de Bayard moderne : sans peur et sans reproche + la playstation.

Axel aura été assez mentionné plus haut pour nous attarder davantage sur son cas.

Placés à l’aile et souvent bichonnés par l’adversaire dès qu’ils recevaient la balle, Yannis, Valentin et Clément auront fait avec les moyens du bord. Volontaires, ils n’ont pas abdiqués et n’ont jamais vomi les ballons au contact, assurant la conservation.

La même chose pour Jocelyn, avec une petite étoile « acharnement défensif » en plus. Il s’en sort avec une contusion du coude qui – touchons du bois – ne devrait pas le priver du tournoi du Plateau Briard samedi prochain.

Si – contrairement aux matchs précédents – nous avons avancés pendant ce tournoi, on le doit beaucoup à nos ailiers qui ont su monopoliser les défenses pour libérer les espaces à leur ouvreur, leur arrière et leur second centre qui ont fait fructifier la feuille de match.

Dur de trancher entre Maxime et Luka pour la mascotte.

Nous arrivons seconds sur ce tournoi.

A la faveur des victoires du matin, surtout, mais ne boudons pas notre plaisir ! Quand je vous disais que le travail (et la foi) finissait par payer !

Bravo aux garçons !

La récompense est méritée, même si par l’une de ces manœuvres étonnantes dont Coach Riou et moi détenons le redoutable secret, Carlos, M. Dollet et votre serviteur nous sommes retrouvés sans gamins pour recevoir le trophée !

Un drôle de week-end, vous titrai-je.

Nous gagnons une coupe, ce qui au su de notre piètre prestation du tournoi du Muguet s’avère carrément inespéré.

Et puis, au soir…

Rentré chez toi, t’apprend que deux ou trois retardés mal conçus dans leur camionnette s’en vont écraser les gens sur London Bridge puis poursuivre le massacre au couteau à Bourough Market, entre Brindisa et la Southwark Tavern, ton pub local ; à l’endroit même où tu prenais le café avec ton beau-frère, avant d’aller au boulot.

A deux pas de ton ancien bureau… Pas très loin des nouveaux, d’ailleurs. Que tu passes par ce chemin presque tous les jours…

Et tu te dis que toi, aussi, aux samedis de chaleur, tu as cherché, une pinte à la main, la fraîcheur de la rivière en flânant le long des ponts, Southwark, Millenium, Charing Cross, London Bridge ou Westminster…

Tu y as été, toi aussi, là, au milieu de ce pont, peinard avec ton reste de bière, insouciant et naïf, à rigoler avec les potes ou à galocher ta copine. Les pieds sur le tarmac jeté au-dessus de l’eau noire, ni sur cette rive, ni sur l’autre, car un pont, c’est un endroit entre parenthèses, suspendu entre deux mondes, avec l’eau en-dessous et le ciel au-dessus. Un pont, c’est un lieu de recueillement entre le bord que tu quittes et la berge que tu rejoins. Ils devraient être privilégiés, les moments que tu passes sur les ponts, car avancer dessus, c’est toujours faire acte de confiance. Quand tu avances sur le pont, tu marches sur un lieu à part avec la certitude chevillée à l’âme qu’il ne va pas s’écrouler. Tu fais confiance à ceux qui l’ont battis, mais aussi aux milliers d’hommes et de femmes qui avant toi et autour de toi, le traversent, tous aussi insouciants que toi… Certains mêmes te sourient avec leur reste de bière, une jolie fille au-bras.

Jusqu’à ce que ces gros débiles viennent pulvériser tout ça, en faisant de ce lien de partage, un trait de carnage….

Drôle d’époque que nous vivons, vraiment !

Et puis, car nous sommes décidément de drôles d’animaux, le lendemain, anxieux et toujours naïf, tu regardes quand même la finale de Clermont à la télé.

Pas que tu espères grand-chose, vraiment. C’est une finale habituelle, avec Clermont dedans, alors… Clermont qui joue à la Clermont pendant 20 minutes, les temps de mener 13-0, et puis se met à jouer à la Toulonnaise pour les soixante restantes où elle voit les centres-bulldozers adverses renverser ses piliers et mettre KO ses deuxième lignes…

Drôle de rugby !

Et drôle de finale.

Car Clermont gagne.

(…)

J’en reste sans voix, dis.

Oui : même moi !

Bravo (et merci) à ceux qui ont tenu jusqu’au bout !

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Julien Pomel

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