Résumé du tournoi du 24 Mars U10

Episode 8

Résumé très subjectif du tournoi du 25 Mars à Pironi

Où Nathan assassine par deux fois l’adversaire, où Axel marche sur l’eau, où les éducateurs découvrent que Max était gaucher et où Luka marque un essai. Déjà, quand t’apprends que Coach Riou sera pas là, tu te dis : « Attends-toi à tout ! ».

Parce que, voyez-vous, un match de rugby U10 du RCPB sans coach Riou qui fulmine le long de la ligne de touche, c’est un peu comme un chat sans poils. Cette mignonne expression est signée par notre ailier Jocelyn. J’en aurais d’autres, des expressions illustrant ce propos, certaines impliquant des chats, ou des poils aussi, mais bon, elles ne seraient ni aussi mignonnes, et probablement ni aussi judicieuses. Donc nous nous retrouvons tous les deux, M. Huss et moi, orphelins de Coach Riou pour ainsi dire, mais néanmoins assistés des messieurs Bisetti et Dollet pères.

Pour ceux qui l’auront oublié, samedi dernier : soleil radieux et chaleur printanière au programme.

Bienvenue au RCPB ! On joue à la maison, on est en bleus !

Samedi c’est rugby !

Ce ne sera que la seconde fois qu’on joue à domicile cette année, nous avons foule :

Dom rode avec son bloc note le long des lignes de touches, croisant par à-coups notre président qui glisse par ici lui aussi, mais dans l’autre sens, l’un grognant, l’autre débonnaire. De notre côté, messieurs Bisetti et Dollet pères, s’appliquent avec un talent certain à ne jamais croiser les évolutions crépitantes du Dom qui, faute d’autre cible, s’en prend donc à mon arbitrage dont – il est vrai – le côté un peu rocambolesque se porte volontiers à de tels orages. Rémi des U12, dans son compte rendu, aura qualifié le terrain de « souple ». C’est surtout le terrain des U12 qui était souple, pour tout dire. Nous autres, en U10, nous avions récolté l’obvers de la médaille pironnienne : c’est-à-dire, le côté boueux ; avec les deux grosses flaques vers le milieu. Un seul match, samedi, contre Chelles, vu que Vincennes nous fait faux bond.

Etant préposé à l’arbitrage tout l’après-midi (encore merci la fameuse formation !) M. Huss – libéré pour ainsi dire – nous concocte la composition d’équipe, ses rotations et ses speachs d’entre match. Vu qu’il a l’air en pleine forme, t’en frémis d’avance pour les gamins.

Nous ne souffrons que de deux défections, Yannis, toujours en délicatesse avec sa cuisse et Valentin.

Les premières lignes classiques : Tatane, Andreas, Ruben, Luka, Maxime et Allan.

Les charnières classiques aussi : Auguste / Noé pour les neuf ; Nathan / Axel pour les 10.

Gurwan prend le numéro 12 ; Axel et Clément le numéro 13 ; les ailiers seront Jocelyn, Julien, Noé et Clément. Les 15 sera Alexandre, assez souvent supplée aussi par Clément que l’on peut vous coller un peu à toutes les sauces des lignes arrières (et probablement des lignes avant ; mais ça c’est une autre histoire).

Très scolaire : je donne trois directives à ma marmaille pour le match de l’après-midi (3 mi-temps de 10 minutes chacune).

1)      Du plaquage

2)      Défense individuelle (chacun regarde son vis-à-vis et se poste en face ; ainsi, si l’équipe a un peu plus de rugby que nous : et ben, en fait, quand leurs attaquants se sortent de la grappe, ta défense fait de même et s’étire ! C’est malin, sauf que ça suppose que ton adversaire ait plus de rugby que toi. Dans les faits, eh ben… Chelles sont tout aussi entassés que nos petiots, donc du coup, tout le monde reste en gros tas bien pourrave au milieu… Rien ne change, me direz-vous ? Si : la consigne d’avant match, justement.

3)      Troisième consigne, en attaque, cette fois : je ne veux plus qu’on s’arrête de jouer quand un copain part seul avec le ballon. Je veux toujours un ou deux joueurs immédiatement en soutien avec lui.

Je sais, ça ne fait pas beaucoup, trois consignes ! Ça paraîtrait basique, même, mais pour tout dire, je redoute mon excès d’ambition avec cette diversité ; car si vous vous rappelez bien des consignes d’avant match édictées par Coach Riou la semaine d’avant :

1)      Du plaquage.

2)      Du Plaquage.

3)      Et en trois : du Plaquage.

Chelles dispose d’un beau petit groupe assez gaillard et dotés de gabarits généralement plus étoffés que les nôtres, mais d’une manière générale moins mobiles.

La première mi-temps se solde par une bataille de tranchées digne du centenaire de la grande guerre à la différence près qu’aucun des combattants n’est poilu.

Heureux de se frotter à du charnu, nos premières lignes s’en donnent à cœur joie droit devant, plein fer et tu pousses. Auguste n’arrivant pas à sortir la gonfle de là s’y met à son tour et ça lousine à qui mieux mieux ; à l’ancienne quoi !

Et dire qu’il fait beau…

A ce jeu de grands poètes, on concède un essai.

Par la seule envolée valable de la première mi-temps, Auguste arrive à sortir la gonfle d’une grosse mêlée où sont allé s’embourber les premières lignes, transmet à Nathan qui a vu Alex venir sur son extérieur. Passe vers la ligne. Essai.

Un essai d’ailier, dis ! Et de première main, qui plus est !

Alors, Dom ira me chipoter après qu’il a vu M. Bisetti fils plonger dans l’en-but les pieds en avant et toucher la zone de ballon mort avant d’aplatir.

Il a de meilleurs yeux que moi, Dom.

En tout état de cause, je l’avais déjà accordé, moi l’essai.

Un à Un pour la première mi-temps.

On souffle un peu vu que ces joyeusetés ont quand même entamées les organismes et on y retourne ; cette fois-ci avec le soleil dans le dos. A la consternation générale, Tatane se plaint de douleurs à la tête et cède sa place pour le reste de l’après-midi.

Au temps pour moi qui le croyait indestructible, cet enfant !

Luka qui a enfin remarqué la flaque, cette irrésistible friandise qui orne tout un pan de terrain, s’en vient le suppléer avec un regain d’enthousiasme qui me fait dire que, non, les grandes envolées rugbystiques, ce ne sera encore pas pour aujourd’hui.

Heureusement, on se fait cueillir un peu à froid dès le début de la seconde période par un essai tout en puissance de Chelles.

Vexé, Nathan s’en va jouer la mise-en-jeu rapidement, profitant de la lenteur de replacement adverse et surtout qu’ils aient le dos tourné.

Coup de pied superbe, qu’il s’en va récupérer lui-même puis aplatir à la grande stupéfaction Chelloises.

Vu que j’accorde (à raison, cette fois-ci) l’essai, il me faut encore me dépatouiller des hauts cris d’écharpés des parents adverses qui ne trouvent pas cette façon de faire « éducative ».

Ce à quoi, M. Huss avec sa bonne gouaille belliciste de première ligne qui jamais ne répugna à aller se frotter un peu le couenne à la rudoyante, là, pour voir… Ce à quoi M. Huss, disais-je, rétorque que pour l’aspect éducatif, déjà, il faudrait en premier lieu expliquer à leurs enfants de ne jamais tourner le dos au ballon !

L’incident clôt, nous reprenons donc le match.

Nous en sommes à 2 – 2.

Mais voilà, les petiots de Chelles, plus lourds que nous commencent à fatiguer un peu. Ils y mettent toutefois de l’ardeur, repoussant toute l’équipe jusqu’à notre ligne d’essai. Mais voilà, Andreas arrive à chaparder le ballon des bras d’un adversaire, Gurwan s’en empare à son tour pour le donner à Nathan revenu dans notre en-but.

Mais là, au lieu de taper, Nathan, qui a bien vu le trou, contourne tout l’entassement jusqu’à la ligne de touche et là met les cannes sur les 50 mètres pour remonter tout le terrain. On lui donnera un 10 sur 10 pour la note artistique du plongeon en marquant, pas foncièrement nécessaire, il est vrai, mais quand même, très gracieux. Surtout la roulade de réception sur la fin… Alors, heureusement que Coach Riou n’était pas là, vu que j’entends d’ici la soufflante qui aurait recoiffé notre ouvreur pour cette fantaisie peu compatible avec les règles de la sécurité en général. Quoiqu’il en soit, cet essai assassin – en plus de tuer proprement le courage chancelant de petits Chellois – a eu pour effet immédiate de décanter le match. Axel la P’tite Flamme, très envieuse du plongeon magnifique concocté par Nathan se met en tête d’en commettre un lui aussi, de plongeon ! Dieu nous garde !

Le voilà qui sort de sa boîte (on parle de la P’tite Flamme, pas de Dieu, vous m’aurez compris !). Alors, tout d’un coup beaucoup plus appliqué, il se souvient brutalement des consignes d’avant match et lors de l’action suivante, prend correctement l’extérieur de Julien venu relever le ballon pour se faire servir au cordeau, déborder un défenseur le long de la ligne de touche et aller marquer son essai à son tour : deuxième plongeon (note artistique non divulguée).

4 à 2 pour nous.

Chelles commence à lâcher prise, heureusement bien remis en route par leur éducateur.

Ils nous en marquent un autre. Mais, nous, ça y est ! Nos arrières ont enfin découvert où était caché le frein à main et du coup, le débloquent. Nous les punissons une fois encore sur un mouvement assez léché et encore initié par une phase de fixation de nos avants, une sortie de balle rapide de Noé et puis un pilonnage en règle de Clément qui d’une manière ou d’une autre, finit par enfoncer les barbelés désormais friables de Chelles.

Fin de seconde mi-temps.

  1. Dollet Père tient le score (et le chrono) : 5 – 3 pour nous.

Je vais voir si Chelles en veut encore, car pour les nôtres : c’est oui !

Ça tombe bien, Chelles se sentent plutôt d’y retourner.

Le jeu reprend, débridé.

1 essai partout au bout de deux minutes. Mes petiots ont compris que l’opération porte ouverte est lancée chez l’adversaire, du coup ils en oublient la consigne la plus chère à coach Riou ; sauf Ruben bien sûr, car c’est un enfant très discipliné, notre Ruben.

Mais voilà, c’est quand même un jeu, le rugby, où à la fin, celui qui gagne est celui qui a en le plus marqué. Donc, un peu à leur façon désordonnée, mes petiots s’y collent, les mêmes recettes donnant peu ou prou les mêmes brouets.

Chez nous, c’est souvent un peu la même chose :

Noé et Axel envoient.

Allan et Gurwan chargent.

Andreas et Luka poussent.

Julien et Jocelyn ramassent.

Ruben ronchonne.

Et ainsi de suite.

A chaque occasion, Nathan arrose le camp adverse des grandes quilles. Où que tu pointes ton œil sur le terrain, tu y trouveras Auguste en train de courir. En fait, Auguste, c’est un peu comme le Nighcrawler des X-men (sans la queue et les oreilles en pointes) : il joue en bleu et il se téléporte. Très en jambes Alexandre, Clément, Julien et Gurwan nous assurent la domination territoriale. La gonfle circule à peu près sur la largeur et malgré un en-avant grotesque d’Axel qui échappe le ballon de ses mimines sur une passe pourtant parfaite de Nathan et nous viande un essai autrement tout fait, nous plantons 3 fois dans les minutes qui suivent. Chelles perdent pied, peu aidés par la grosse colère piquée par leur leader de jeu. Là-dessus, Axel se rachète par un pittoresque numéro de funambule le long de la ligne où après une passe d’Auguste, il enchaîne une toupie pour se débarrasser de son vis-à-vis, suivi d’une grosse accélération qui laisse tout le monde sur place (dont l’arbitre) et – plus fort encore ! – coupe court à l’engueulade que me passait Dom sur le fait que trop de joueurs jouaient sur quatre appuis dans les rucks.

10-4 pour nous. L’addition se corse pour les visiteurs.

Malgré tout, ils sont vaillants et ne lâchent pas le morceau. C’est des coriaces, à Chelles ! On ne peut pas leur enlever ça.

Les voilà qui reviennent nous enfoncer jusque sur notre ligne où un effort conjugué de Gurwan, Andreas, Luka et Allan s’arcboute. Tant et plus, en fait qu’ils chipent la balle. Va trop savoir comment, nous en héritons, et elle trouve les mains de mon énergumène en chef, qui maintenant qu’il est lancé, se prend pour superman ; ou tout du moins pour Parisse (en Italie, c’est la même chose. Mais au passage, c’est là que tu te rends compte que depuis Jules César & Spartacus, les superman italiens, c’est quand même des super héros au rabais…).

Nonobstant et pour en revenir à nos moutons, voilà donc Axel qui se retrouve dans son en-but avec le ballon dans les mains et la marée qui lui arrive dessus.

En fait, pour tout dire, il en va  un peu de cet enfant comme dans James Bond quand tu commences à entendre la petite musique de guitare. Vous savez, le Tin dindin Din, tin dindin Din, TA DA, dada DA ! Et là, le spectateur, il se dit : qu’est-ce qu’il va encore faire, cette fois-ci ?

Bon, ben avec Axel, c’est un peu pareil, sauf que contrairement à James Bond qui n’échoue jamais, là, une fois qu’il a la balle, Axel, t’as quand même la très désagréable suspicion d’une catastrophe imminente.

Pour le coup, il décide de taper.

Mais alors, entendons-nous : on parle d’une sorte de dégagement à la Poitrenaud, aux semblances bien foireuses, avec le ballon qui ne monte même pas haut, bien parallèle au sol, tout juste s’il ne t’éborgne pas quelqu’un. Et là, d’une manière ou d’une autre, le cuir te retombe à l’autre bout du terrain, et puis roule et roule bien droit jusque dans l’en-but adverse où il s’immobilise devant la ligne de touche.

Sauf que lui, Axel qui ne doute de rien – à croire qu’il l’a vraiment fait exprès son coup de pied- il te l’a suivi en courant son ballon avec un adversaire qui lui colle aux basques et que les deux sont lancés dans un sprint pour savoir qui aplatira le premier.

Mais à ce jeu, c’était le RCPB qui samedi disposait des joueurs les plus rapides.

11 – 4 pour nous.

Chelles vient de prendre un 6-0 en cinq minutes.

Là, j’arrête les débats et propose de mélanger les équipes.

La manœuvre semble donner du baume au cœur de petits Chellois et le match reprend sur une nouvelle bataille aux ardeurs ravivées où nous arrêtons le décompte des points.

En conclusion de cela : Luka – évènement que j’attendais depuis deux ans – m’enfonce toute la défense adverse, propulsé par le double turbo diesel Maxime-Allan collé à ses reins. Il aplatit dans l’en-but, le gaillard !

Sauf que non, en fait. Il avait le pied en ballon mort.

Gros soupir déçu de ma part.

Grand soupir résigné de la sienne.

Dommage quand même ! Pour une fois qu’il décidait qu’il avait le droit d’attaquer, lui aussi, il faut qu’il m’éventre le terrain jusqu’à la main courante…

Pour finir :

  • Un super après-midi avec des enfants très motivés pour jouer et finalement très heureux de leur match.
  • Nos garçons montrent une progression intéressant depuis le retour des vacances de février. Nous commençons petit à petit à combler le retard pris lors de la grande dépression de Janvier où nous n’avions pas pu nous entraîner.
  • Le prochain chantier assigné par Dom : sortir du jeu frontal constant. Arriver à sortir la balle une fois arrêté plutôt que de s’entêter dans l’avancée pénible (et bourrine).
  • Un grand merci à monsieur Bisetti père pour sa présence avec nous samedi.
  • Beau boulot de monsieur Dollet père qui m’a pris le chrono et les scores tout en gardant son calme face aux récriminations guère discrètes émanant de derrière la main courante.
  • M. Huss n’a pas manqué de remarquer que nos petiots étaient sortis de ce match largement moins lessivés que les adversaires. Dans un sourire matois, le voici qui m’aborde pour me faire remarquer que finalement, ça payait bien, hein les petits exercices physiques auxquels il les soumet ? Ah, cette bonne vieille faconde urticante des premières lignes juste avant l’engagement ! Décidément, les piliers, s’ils existaient pas, même pas t’arriverait à les inventer ! Ça moufte pas un mot pendant toute une semaine, ces affaires-là ! Taiseux comme pas possible. Et puis à peine que ça desserre les dents, c’est pour te piquer. Et la seconde d’après, il t’écrabouille !

En parlant de piliers, c’est en arbitrant les mêlées que j’ai enfin noté que Maxime prenait constamment son appui sur le mauvais pied. « Mais je suis gaucher, moi ! », « T’aurais pas pu le leur dire, avant ! ». Bon, la mêlée, vous l’aurez bien compris, c’est la chasse gardée de mes deux compères. Du coup, j’y touche le moins possible à cette bête-là. Et pour tout dire, je ne m’en porte pas plus mal. Mais voilà, messieurs, pour rappel : Max c’est uniquement en numéro 1 !

  • On refilera la mascotte à Axel, le seul joueur qui aura quand même réussi à se faire plaquer dans la fameuse flaque.
  • Finalement, sans les aboiements de coach Riou qui te scande le match par ses « Aux Jambes, Aux Jambes », on a quand même vécu un après-midi étrange qui te laisse cette diffuse impression d’avoir été projeté dans une dimension parallèle.

Déjà, ya pas coach Riou. Ensuite, on gagne avec un score très (probablement trop) flatteur, en plantant des essais venus d’ailleurs. Sur ce bel après-midi se clôt donc le second trimestre et la phase – nous dirons studieuse – de la saison. Les choses plus joyeuses commencent après Pâques avec les tournois, les phases finales, le printemps et (peut-être) les beaux jours. On espère justement que cette mise-en-bouche sera révélatrice de prestations tout aussi abouties dans un futur proche. Après tout, quitte à t’extraire d’une dimension parallèle, autant continuer à rêver, non ?

Bonnes vacances à tous et à très bientôt !

Julien Pomel

 

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