Résumé très subjectif du tournoi CIFR du 26 Mai 2018, à Rambouillet.

Résumé très subjectif du tournoi CIFR du 26 Mai 2018, à Rambouillet.

C’est joli, Rambouillet. Quand tu le traverses en car, tu tombes sur une intimidante enfilade de très belles maisons bourgeoises, tout ce qu’il y a de plus cossu et élégant.

Vraiment, très beau : y’a pas à dire !

Mais toute beauté – qu’on le sache – dissimule sa petite traîtrise.

Par exemple, l’an dernier, à Rambouillet, pour ajouter à la joliesse bucolique du lieu, mon fils aîné (alors en première année de U12) et son copain premier centre ne trouvent rien de mieux avec d’exhiber leur lune à l’arrivée du car.

Manque de pot, le président du club hôte rôdait sur le parking (probablement pour épingler les cas similaires).

Résultat : suspension de nos deux U12 et défaite de la catégorie.

Ils sont malins à Rambouillet, je vous dis !

Donc bon, j’ai compris :

A l’arrivée à Rambouillet (quand on finit par y arriver, car l’accès en car s’y avère particulièrement bien dissimulé ; probablement fruit d’une autre stratégie déviante pour empocher la victoire), je me poste au fond du véhicule où officie encore et toujours mon fils aîné et le toise lui et sa clique avec cette aménité peu bénigne en vérité, par laquelle j’accueille un plaquage haut d’Axel, de Téo ou Siegfried.

Bon, à ce point, une explication géographique s’impose. Il faut comprendre qu’un déplacement en école de rugby, suit un plan de car immuable :

  • Tout à l’avant, t’as le chauffeur.
  • Juste derrière, t’as un éducateur avec son GPS qui fourvoie régulièrement ledit chauffeur ; pas que ce dernier ait demandé son chemin, notez-bien, mais bon, c’est comme ça…
  • Après, plutôt vers l’avant donc, t’as les petits. Les U6 et les U8. C’est encore timide à cet âge-là, c’est tout mignon et surtout ça a les oreilles sensibles. On te les parque là au milieu des adultes qui font comme barricade.
  • Tout au fond, gouailleurs, hâbleurs et bruyants, s’amoncellent les U12, menés cette année par mon couillon de fils aîné.
  • Et puis au milieu, t’as nos U10 ; avec en leur centre, la haute et dominante stature de Gilbert contribuant à tenir tout ça au calme.

C’est pas des gros parleurs mes U10 ! Dieu merci d’ailleurs parce qu’on aurait pas le postérieur sorti des ronces s’il fallait qu’ils viennent ajouter à la glose perpétuellement extravasée de votre serviteur, auteur de ces lignes.

Donc bref, finalement, on y arrive à Rambouillet.

Et puis – accessoirement – pour le dernier plateau de l’année – on y a joué nos deux matchs.

Matchs dont je dévoile d’emblée le dénouement :

Tournoi CIFR 26 Mai 2018

Climat : Comminatoire. Chaud. Quelques éclaircies sur la fin

Terrain : Synthétique. Un billard !

Résultats :

Rambouillet vs RCPB : 1 – 7 (0-4 à la mi-temps)

RCPB vs Ris Orangis : 1 – 1 (1-0 à la mi-temps)

Pour la première fois, nous nous déplacions sans remplaçant.

Notre Alexandre a fini sa saison pour cause de fracture du poignet. La cheville récalcitrante de Constantin le maintient sur la touche. Téo est d’anniversaire.

Nous nous présentons à 10, organisés comme suit :

1 Maël – 2 Enzo – 3 le Sieg

9 Noé – 10 Axel

11 William – 12 Elliot – 13 Hugo – 14 Jocelyn

15 Maxence

Pour une fois qu’on a pas à se racler la soupière pour les compositions et rotations !

D’ailleurs, 10, c’est un joueur de trop pour Rambouillet dont l’équipe n’en ressemble que 9, des joueurs.

En parlant de 9, à Rambouillet, il se trouve que le demie de mêlée n’est autre que le cousin germain de Constantin, venu pour l’occasion – on parle de Constantin, mais aussi du cousin d’ailleurs, quand on y pense – venu disais-je donc en famille encourager ses copains (et un peu chambrer son cousin aussi). Je vous le donne en mille, le gamin s’appelle Augustin !

Et dire que j’ai mis toute la saison à ne plus m’emmêler les pinceaux entre ces deux patronymes d’empereurs romains…

Mais bref, pour une raison assez absconse tenant apparemment à l’incertitude du climat, les gens de Rambouillet préfèrent faire passer le match à toucher à la trappe.

On rentre vite dans le vif du sujet !

Contre Rambouillet, équipe rayée blanche et vert (imaginez une version écolo du Racing) on embraye donc à 9 contre 9 et un essai planté par Elliot dès la première action.

La première mi-temps se solde par un 4-0 sans appel où, paradoxalement, les nôtres n’ont guère brillé.

Pour être honnête, suite à la production en tous points satisfaisante de la semaine précédente, je me sentais en droit d’être exigent.

Et bien j’ai été très déçu.

Nos garçons sont retombés dans leurs travers de début d’année, oubliant gaiement toutes les vertus de soutien et organisation offensive qui ont bâti leur triomphe du samedi d’avant.

Très peu de passes.

Beaucoup d’actions individuelles sans même regarder le soutien du copain proche (pour le lointain, je n’en parle même pas !), presque aucun joueur démarqué (à part William).

Hugo, Mael et probablement Axel ont salé l’addition contre une équipe adverse surtout dominée en défense, concassée aussi par un travail de sape en mode « no pasaran ! » de Jocelyn et de Maxence.

Siegfried aura tenu son rôle de perce-murailles, heureusement relayé par Noé pour faire faire circuler la gonfle, autrement j’ai peur qu’on ait assisté à un remake particulièrement désolant d’un Oyonax v Auch hivernal de ces Taupe 14 de naguère (oui, oui, Auch a connu le Top 14, messieurs dames, comme jadis Dax et Bourgoin !).

Bref, ce n’était pas bien beau, notre histoire !

D’ailleurs, en seconde mi-temps, toujours à 9 contre 9 et privés d’Eliott pour cause de douleur au genou, Rambouillet a fini par nous en planter un, faisant beaucoup bicher les supporters autochtones.

Heureusement pour les mômes, maître Paraire n’était pas là pour contempler ça ! Connaissant son tempérament plus « ébullitif » que le mien – et qui, partant s’accommode bien mieux au rôle de père fouettard (il en faut un dans chaque équipe de coach) – je n’ose imaginer les glapissements dont il aurait abreuvé nos oreilles. D’autant plus que de la friture sur la ligne s’était installée entre les liaisons Noé-Axel, nuisances susceptibles d’excéder de manière radicale l’excellent homme que toute approximation chez les demies irrite au plus haut point.

Quoiqu’il en soit, je ne vous le cache pas, sur le coup, j’ai dû exhiber ma lippe Auvergnate. (L’Auvergnat est maussade, sachez-le ! Une lippe Auvergnate tricote l’expression désabusée mais résignée du gars qui a témoigné de 8 défaites en finale mais qui continue néanmoins d’y radiner sa pomme sous le spécieux prétexte qu’il a entendu dire, qu’un jour, son village en avait gagné une).

J’ignore s’il faut y voir une relation de cause à effet – probablement pas – mais Mael finira par nous planter sa spéciale (encore un essai à 0 passes), histoire de remettre les pendules à l’heure, avant qu’Axel, constatant mon déplaisir, ne solde l’affaire en plantant deux points coup sur coup, le second plus moche encore que les autres en remontant tout le terrain sur l’aile suite à une perte de balle adverse et le premier – plus intéressant par contre – en première main, après à une mêlée sur la ligne des cinq mètres adverses, suite à un coup de pied de dégagement monumental bien pressé.

Mais bon… Rien de bien folichon

A part le score, bien sûr.

Contre Ris Orangis, par contre : changement de décor !

Déjà, Ris Orangis : méfiance ! C’est du mousse par là-bas !

En U7, au tournois du Muguet, la petite équipe débutante alors menée par Moumoute où, sur le terrain samedi, subsistaient encore Jocelyn, Axel et Noé, cette équipe donc (à comprendre la notre), après avoir vaincu le Racing, le PUC ET Massy, s’était fait piler en finale par Ris Orangis et ses gabarits hors norme.

En 2018, ils en gardaient quelques-uns des gabarits avantageux, en U10, Ris ; surtout leur entraîneur d’ailleurs, mais globalement, c’était certes du balaise, mais pas du niveau de Bagneux.

Une équipe à notre portée donc !

On a pris la marée en première mi-temps pendant un bonne demie douzaine de minutes, sans céder, surtout grâce à l’abnégation défensive de Jocelyn, Siegfried, Enzo et Eliot (qui se sera fait mal au genou pour le compte). Et puis finalement, une fois les barbelés bien plantés et l’orage commençant à se calmer, nos garçons rassurés, ont refait surface.

On peut dire ce qu’on veut de mes U10, mais ils font preuve d’une sorte de confiance en eux rigide, revêche je dirais même, qui ne cesse de m’impressionner.

Alors, prenant la bête à bras le corps, avec leurs limites du jour, les voici qui lancent le Sieg et Mael en plein fer, s’empalant rugueusement dans la défense bien fixée pour le compte jusqu’à ce que Noé en relance une couche avec Enzo, puis Maxence venu flairer les joyeusetés, histoire de… Une fois l’essaim bien regroupé, notre 9 cherchait les flèches, Axel ou Hugo pour voir s’il n’y avait pas moyen de…

Au début non !

Notre ouvreur a bien réussi à embrouiller deux défenseurs avant de gâcher ses louables efforts par une passe en pleine tête à son ailier.

Et puis finalement si !

Un essai superbe d’Hugo (on jugera la performance individuelle pour l’occasion vu que, décidément samedi, l’expression collective était au niveau proche du U6) qui au terme d’un incisif slalom dans les lignes défensives, finira par nous donner l’avantage.

Cela aurait mérité de (et dû suffire à) remporter ce match.

Surtout qu’en seconde mi-temps, avec le retour d’un Eliot franchement diminué par son genou, Ris s’est finalement montré guère dangereux et nous assistions – un peu désolés il faut le dire – à une sorte de bataille de chiffonniers où s’enchaînaient mêlées, rucks et mauls, le tout bien stérilement localisé au milieu du terrain ; façon lousinage en règle dans la pure tradition des Brive v Clermont des années 60 !

Clairement, d’un point de vue de l’esthétisme rugbystique, tu briguais pas un oscar ; pas même le césar pour ce que ça vaut.

Un match taillé pour Téo, quoi ! Sauf que Téo, justement, il n’était pas sur le terrain.

Pas dit non plus qu’il ait débloqué la situation, tant Mael, Enzo, Siegfried, Maxence et Jocelyn ont montré de l’appétence pour les tâches dites obscures sur cette mi-temps. Jusqu’à notre petit William qui s’est allègrement chauffé les épaules à ces rudoyantes embrassades. (Dire que j espérais le voir rééditer l’essai magnifique marqué à l’entraînement du mercredi précédent !). Hugo nous aura soulevé un nombre incalculable de ballons, aussitôt libérés, aussitôt recoffrés….

En gros : tout le contraire du rugby qu’on essaye de leur faire mettre en place depuis fin Août.

Au bout du compte, sur la dernière action, on se prend un essai d’égalisation, malgré la louable intention de Raphaël (le papa du Sieg) de le faire invalider pour aplatissement non conforme.

Mes garçons impliqués sur l’action sont formels : l’un d’eux a tapé dans le ballon au moment où le 9 adverse allait plonger. Il est vrai qu’au jugé, il m’a bien semblé que le rebond de la gonfle prenait une courbe particulièrement excentrique pour une marque ; mais ma foi… Qui n’a pas pris une mauvaise décision arbitrale lui lance la première pierre !

En l’occurrence, je ferai preuve d’un étourdissant silence.

Car l’essai, finalement, il a été validé.

Égalité 1-1, donc, et accessoirement grosse déception de l’éducateur.

Mais consolons-nous avec le très bon accueil final de Rambouillet (ils offraient la bière pour les entraîneurs) et cette journée sans défaite dans un jour clairement sans.

Plus que deux tournois cette saison, dont notre Briard.

D’ici là, nous aurons retrouvé Constantin et Téo. Eliot sera requinqué et – prions un peu – personne ne se blessera entre temps.

Pour ma part, je continuerai de rêver à mon préchi précha de passes avant contact sur défenseurs fixés, avec prises d’intervalles lancés, soutien intérieur du joueur en retard, famille des joueurs en avance démarqués qui ont senti le coup et sans oublier les deux gars qui restent dans l’axe, l’un pour déblayer, l’autre pour distribuer, le tout en mouvement, avec la balle qui chante d’une main à l’autre, tout ça au rythme enlevé d’une symphonie type… Type…. Je sais pas, une symphonie quoi… Comme dans les pubs!

Mais là clairement, je suis dans la science fiction.

Frank Herbert : sors de cette tête !

Reviens sur terre !, demain la finale : c’est Montpellier v Castres.

J.

Résumé très subjectif du tournoi CIFR du 12 Mai 2018, à Villecresne.

Résumé très subjectif du tournoi CIFR du 12 Mai 2018, à Villecresne.

Entre Paris et Londres, le trajet de l’Eurostar dure exactement 2 heure 19 minutes.

Alors, bon, tu enlèves 5 minutes par ici, et 5 par là, juste histoire de causer avec ton voisin / ta voisine (un peu plus dans le second cas, davantage encore si elle est jolie), tu rajoutes les retards inhérents au mode de transport ferroviaire, combien même celui-ci n’est pas géré par la SNCF, et tu te retrouves, bon an mal an, avec deux heures de libre.

C’est le temps qu’il me faut pour boucler ces comptes-rendus.

Beaucoup moins si ma jolie voisine est en sus dotée de conversation ; moins encore si elle professe une certaine tendance à l’alcoolisme social ; mais ces cas s’avèrent hélas rarissimes.

Bref, mes Eurostars à moi, sont peuplés des rudoyantes cavalcades des U10 du RCPB, un peu comme ces vieilles maisons de vacances gardent entre leurs murs lézardés l’emprunte de joyeux goûters de gosses, l’écho des coups de cane du grand père ponctuant la chute de ses blagues ou bien celui des bruyantes réunions de familles où, à l’image de la mer, le ton montait puis redescendait aussitôt la vieille prune débouchée ; et même… Et même, un peu de cette chaleur à la fois douillette et exaltante d’étés désormais engloutis.

On y trouve pêle-mêle, dans mon Eurostar, les coups de têtes rageur du Sieg quand il cherche à faire avancer les mauls, des percées pleine goule de Mael, les stridences tonitruantes d’Hugo, des tampons rageurs de Téo ou les anxieux “de quel côté je joue ” de William. Mais y transitent aussi, dans ces trains décidément singuliers, des tentatives de passes après contact encore non répertoriées d’Enzo, des coups de pieds fantasques d’Axel et les retours intérieurs de Constantin chassés avec un précision métronomique par les hurlements d’écharpé de maître Paraire. Pour peu qu’on tende l’oreille, on percevrait aussi ce gros “BLAM” sourd par lequel Jocelyn s’en est allé bugner le centre adverse en plein milieu du terrain, trop lassé qu’il était d’attendre la ballon sur son aile. L’esprit imaginatif y trouvera aussi les remontée de ballon plein d’allant de Maxence, tant pressé de retourner vers l’avant là où ça s’amuse, vite-vite, avant que Gilbert ne le sermonne de se replacer en fond de terrain. Il y trouvera itou (on parle toujours de l’esprit imaginatif) l’enthousiasme volontaire d’Alexandre et les crochets courts et tranchants d’Elliot se libérant le chemin de l’essai. Et liant tout cela – toutes ces brumes qui peuplent mon voyage – alors que dehors défilent le Kent, le tunnel puis se déploie la campagne Picarde, vous aurez la présence silencieuse mais efficace de Noé, distribuant son ballon qui de droite, qui de gauche, de préférence sur son ouvreur pour peu que ce dernier ne rêvasse pas trop.

Vous tomberez sur la Dolle aussi, immobile et sourcillant, qui ponctuera le jeu de l’équipe par une instruction forte et incisive – un mot, voire deux, pas plus – une fois par minute de jeu, tu peux chronométrer.

Ouaip : ya tout ça dans mon train!

 

Très bien, mais le compte-rendu me direz-vous.

A oui, le compte rendu.

Alors : écoutez-moi (oui, encore).

Samedi 12, Maître Paraire, La Dolle, Gilbert et moi-même avons connu une sorte d’Epiphanie (c’est le moment où les rois mages arrivent pour consacrer l’enfant Jésus, faites un peu de place dans l’étable syouplaît, on est trois plus les bagages !)

Pas que les rois mages soient descendus nous voir jouer à Villecresne, bien sûr ! Pas non plus que j’ai dans l’idée de comparer notre petite équipe de U10 au messie des écritures, comprenez-bien !

Mais il s’est passé quelque chose dans l’idée, en forçant le trait bien sûr.

Il y a de ces moments où tout se goupille magnifiquement bien, trop bien même ! Tout s’imbrique parfaitement et libère un énorme quadrilatère au tétris.

Ce samedi, nous autres, éducateurs, sous nos yeux circonspects, fiers et un peu étonnés – avouons-le – nous avons connu une de ces consécration.

Jugez plutôt :

 

Tournoi CIFR 12 Mai 2018

Climat : Gris mais chaud, petite averse avant de commencer, rien de bien méchant avant la fin du match des U12

Terrain : Pironi (pas de besoin d’en rajouter plus ; Pironi, c’est un poème en lui-même. Pour qualifier cette typologie de terrain à engloutissement aléatoire, il convient d’utiliser le néologisme “pironien”. Terrain Pironien, donc.

Résultats :

Matchs à toucher (1/2 terrain à 5 contre 5 ou 6 contre 6)

RCPB 1ieres année (William, Elliot, Siegfried, Mael, Téo, Hugo) vs Ballancourt A : 3-1

RCPB 2iemes (Noé, Enzo, Axel, Maxence, Alexandre, Jocelyn) vs Ballancourt B : 5-0

RCPB 1ières vs Athis Mons A : 3-2

RCPB 2ièmes vs Athis Mons B : 3-0

 

Matchs à plaquer 10 contre 10 (terrain complet 56 x 30)

RCPB vs Ballancourt : 10 – 1 (6-0 à la mi-temps)

RCPB vs Athis-Mons : 4 – 0 (2-0 à la mi-temps)

Que dire de plus, vraiment (outre le fait que pour la plupart, vous étiez tous présents) ?

Si :cela ! Il convient de mâtiner ces excellents résultats – et surtout la manière convaincante avec laquelle ils ont été arrachés – par la faiblesse assez criante cet après-midi de l’opposition. Ça ne plaquait guère en face, les garçons s’en sont donné à cœur joie.

On a vu des soutiens superbes, notamment sur l’essai de Mael sur une offrande d’Hugo, en toute fin de première mi-temps contre Ballancourt. Les garçons ont toujours joué ensemble partant avec leur copain porteur de balle, lui-même ouvrant les yeux, cherchant les options de jeu et où envoyer la balle.

Jocelyn aura marqué un doublé, deux essais menés par toute l’équipe jusqu’au bout de la ligne. Enzo en aura marqué un aussi, de doublé. La même chose pour Hugo (en plus de son offrande à Mael), excellent samedi. Placé en premier centre en l’absence de Constantin dont on espère le retour avec impatience, Elliot a probablement lui aussi inscrit sa tripotée, dont l’un sur tchick-tchack, suite à une passe après contact de son ouvreur. Siegfried aura œuvré dans les mauls, dans les rucks et dans les mêlées, récupérant un nombre incalculable de ballons mais surtout, remettant son équipe perpétuellement dans l’avancée quand ça coinçait un brin. Maël nous aura fait du Maël, mais avec des soutiens en plus, pour venir étoffer son volume de jeu déjà conséquant. En l’absence d’Alexandre, William restait notre seul débutant. Un match vaillant et discipliné, comme toujours, où il se sera frotté les épaules contre ses vis-à-vis quels qu’ils soient, sans que ni les uns ni les autres ne déverrouillent son aile. On passera sur le fait qu’il ne l’ait pas dévérouillée non plus. Tout vient à point pour qui sait attendre, disait la pub Guinness. Et moi, j’aime la Guinness!

Maxence aura beaucoup touché de ballon, tranchant fréquemment les défenses adverses pour permettre aux copains de se remettre dans l’avancée.

Dans ces conditions, la charnière, emmenée par un Noé gestionnaire – véritable usine de triage samedi dernier – aura joué à sa main, comme dans un fauteuil. Peu gênés, Noé et son ouvreur se sont efforcés de faire jouer (et bien jouer) autour d’eux. Axel aura régulièrement cherché la passe après contact pour fixer son adversaire (ciblant celui qui ne lui ferait pas trop mal au passage, pas bête!), histoire de ne pas dégoupiller le ballon au choc.

Clairement quand ces deux-là sont concentrés, contre un adversaire trop lent et pas assez agressif dans ses montées défensives, ça enchaîne trop vite. Tout du moins pour ces adversaires ci, ce jour là.

 

Comme au tétris, je vous dis !

On a vu aussi…

Tout ce qu’on voulait voir.

Et pour ça, messieurs : chapeau !

Mais attention de ne pas nous endormir sur nos lauriers : Ça encore beaucoup joué en essaim. On a râté des essais tout fait. On a pris un essai (même si de l’avis d’Elliot, après visionnage de la vidéo, la raison tactique en est simplissime : “J’étais pas sur le terrain !” Qu’il te soutient).

Nous saurons vraiment à quoi nous entretenir contre une opposition plus relevée et surtout apprêtée à des vélléités plus aptes au “ferraillage”.

Samedi prochain, dernier tournoi CIFR à Rambouillet ; sans Constantin ni Alexandre auquel nous pensons très fort, suite à sa fracture du poignet au dernier entraînement…

Allez : courage !

D’ailleurs, j’arrive à Paris.

(Pas de belle voisine aujourd’hui, mais un wagon retentissant de petits fantômes jouant au ballon oval.)

Je crois que j’ai gagné au change.

 

J.

Résumé très subjectif du Tournoi du Muguet.

 

Samedi 28 Avril 2018

 

Matchs de Poule (Matin)

Vincennes 1 – RCPB : 2-0

VGA – RCPB : 1-1

BVB – RCPB : 0-2

Yerres – RCPB (8 v 8) : 6-0

 

Matchs de Classement (poule Basse)

VGA-RCPB :1-0

Vincennes 2 – RCPB : 2-3

Choisy (dits « les p’tis bateaux ») + Téo et Hugo  – RCPB : 2-4

BVB – RCPB : 2 – 4 au planchot.

 

BILAN : 3 Défaites ; 4 Victoires ; 1 Nul. / 16 essais encaissés ; 15 essais marqués.

Classement final : ventre mou (plutôt sixième que cinquième).

 

Grosse modo, on a fait un bide.

 

Que dire de plus ?

A si !

Terrain synthétique (trop petit le matin, rectifié l’après-midi ; pas que ça nous ait désavantagé, notez bien)

Temps pas pluvieux. Parfait pour jouer au rugby.

 

Pour le reste, ma foi, vous y étiez presque tous d’où utilité très relative d’un tel résumé.

Mais enfin, on va s’y coller quand même parce que :

  • J’ai du temps dans l’Eurostar, d’une part.
  • Ça fait plaisir à notre directeur du rugby de l’autre. Vu qu’il nous quitte bientôt, il me chagrinerait de sursoir à ses habitudes.

 

Donc, bon, 12 petiots pour le tournois du Muguet, fiché un peu n’importe comment en fin de vacances scolaires. Si vous me demandez mon avis, c’est plutôt le calendrier scolaire qui est mal bricolé, mais nous n’entrerons pas dans ces considérations ; il est possible qu’une institutrice lise ces lignes et en prenne ombrage.

Mael, bloqué en Thaïlande d’où il nous envoie en vidéo ses encouragements (au moins un qui comprend le concept du mot « vacances ») et Ange sont les seuls absents que nous déplorions.

Une équipe complète, donc.

Circonstance aggravante….

 

Bref, du grand classique dans les compos. Enzo, Téo, Siegfried et Alexandre se retrouvent logés en première ligne. Noé et Axel occupent la charnière, avec Hugo essayé au poste de 9. Elliot et Constantin tiennent le milieu de terrain, poste qu’ils ont aussi partagé avec Maxence (dont l’œil avide lorgne toujours désespérément vers les trois postes du devant). Enfin, William, Hugo et Jocelyn se retrouvent à l’aile. Maxence le couteau suisse garde à l’arrière, suppléé par Jocelyn quand le premier nommé sera monté en 13.

D’ailleurs, notez que les postes, chez nous, souvent chamboulés par nos fréquentes rotations commencent à tenir d’une sorte d’automatisme figé chez les enfants ; automatisme qui, d’ailleurs, commence à m’inquiéter…

Par exemple : en cours de match, faites rentrer Alexandre à l’aile, 9 fois sur dix, vous le retrouverez deux minutes plus tard à pousser la mêlée suivante.

Axel, remisé brièvement en 15, négocie subrepticement avec Noé et Constantin un translation discrète pour récupérer son rôle de 10 sur une phase défensive et ne plus le lâcher ensuite.

Un seul souci travaillera William : savoir à quelle aile on le fige et sur quelle ligne de touche il doit s’accrocher ; un peu comme le matelot au cordage du bastingage. Il n’en bougera guère !

Eliot ne connaît qu’une unique boussole : Constantin.

Quoi qu’il arrive, il se loge derrière, prêt à en découdre ou à lancer le chevaux.

La problématique Siegfried et Téo ne se pose pas ! Vous ne les trouverez jamais qu’au cœur du jeu, là où ça bastonne et ça lousine. Il en va de tels caractères rudoyants, un peu comme ce joueur des années 60 (un pilier biterrois je crois) qui tenait jalousement le ballon de match pour l’entrée sur le terrain et qui, avant de le remettre à Monsieurlarbitre, l’embrassait religieusement en lui susurrant un « à la semaine prochaine » enamouré.

Jusqu’à Noé qui, quoi qu’il arrive, une fois l’ogive sortie des pieds des avants l’enverra systématiquement à Axel (et personne d’autre) !

Vous aviez bien Enzo, esprit un peu plus aventureux ou rebelle que les autres qui, par à-coups, confessait une dilection à naviguer au jugé dans la ligne d’attaque, ratissant au passage les passes qui ne lui étaient pas foncièrement destinées. Mais, houspillé par notre maître Paraire en chef, il a corrigé cette tendance farfelue pour venir se ranger bien sagement derrière son 10 – en soutien axial s’il vous plaît ! – histoire d’aller déblayer derrière son ouvreur quand – systématiquement là encore – celui-ci après dix-huit crochets et un seul défenseur battu (seize fois d’affilée) se retrouvera empalé dans la muraille adverse.

 

Mais revenons-en à nos moutons.

Samedi, tombés dans la poule haute, nous avons d’emblée été surpris par l’équipe première de Vincennes, probablement par excès de confiance de nos garçons qui se rappelaient avoir mis une pilule mémorable à leur équipe seconde plus tôt dans la saison. Clairement, Vincennes 1 évoluait un tantinet au-dessus de nous samedi et le score reflète le match où nous avons pourtant eu des occasions – rares, certes – mais qu’un manque de maturité nous a empêché de convertir.

Le tir a été corrigé contre la VGA ensuite (1-1) qui avait sorti sa grosse artillerie, puis contre le BVB.

Contre Yerres, déjà qualifié, et largement supérieurs sur ce que nous avons pu voir, les garçons ont lâché l’affaire. Leur éducateur insistant qu’on joue à 8 v 8 pour cause d’exigüité du terrain et pour éviter le « BOUM-BOUM » rugby. Pas bête comme idée, vraiment. Sauf que les gamins arriveront toujours à te pourraver les plans subtilement bâtis des adultes ! Et que du « BOUM-BOUM » rugby non désiré, nous sommes passés à un « VITE-VITE » rugby où les individualités adverses (meilleures que les nôtres, il faut le répéter) se faisaient la malle dès le coup d’envoi pour marquer des essais sans aucune passe. D’autant plus que réduits à bricoler une équipe à huit, Philippe, Gilbert, la Dolle et moi nous étions efforcés à faire jouer tout le monde et faire tourner le plus souvent possible. La débâcle au planchot (6-0) reflète le match, lâché par les gamins qui avaient compris (ou pas) l’importance toute relative que nous lui accordions.

Les trois seuls essais marqués sur cette matinée auront été l’œuvre d’Eliot, qui a clairement surnagé samedi matin.

 

Pour l’après midi : malgré une défaite initiale contre la VGA, les garçons se sont bien rattrapés. Ils marquent 12 essais pour en concéder deux fois moins, enfilant trois victoires d’affilée pour conclure.

Hugo est sorti de sa boîte préprandiale pour nous marquer un joli essai d’ailier et clore le spectacle par un bel essai plein d’opportunisme en s’allongeant sur la balle dégueulée d’un ruck, roulade en bonus. Alexandre a manqué de justesse d’ouvrir son compteur pour la saison, mais une faute illégale aura endigué sa tentative, débouchant néanmoins sur une pénalité qui elle-même mènera à un essai. Bravo pour sa persévérance ! Il le méritait celui-ci.

Noé aura fait des misères aux défenses adverses, agressant sa ligne, histoire de prouver qu’il n’y a pas que Constantin et notre ouvreur qui sachent mettre le feu entre les lignes, mais surtout : recyclant rapidement ses ballons et trouvant avec une facilité déconcertante son numéro 10. Ce dernier aura retrouvé son ratio habituel pour aider à faire gonfler les scores.

Siegfried aura percuté. Et quand Siegfried percute, Siegfried avance ; euphémisme pour concasser.

Téo aura percuté (aussi) ; non seulement l’adversaire, mais aussi son grand-frère. Pour moi dont le fils cadet joue le souffre-douleur de l’aîné, la chose m’a rempli d’une grande admiration. Pas que j’en manquais pour cet enfant accrocheur, mais bon… Quand même !

Constantin aura crocheté, repiqué intérieur, mais pas que, trouvant Eliot avec autant de facilité que Noé trouve son 10. Belle prestation d’Enzo, vaillant dans l’engagement samedi. Vaillant, William l’aura été aussi, mais il n’aura touché que peu de ballons sur son aile. Du terrain gagné toutefois à chaque fois qu’il en a eu l’occasion. Jocelyn s’est encore illustré en défense, notamment contre les deux Vincennes et la VGA où son apport nous aura sauvé au moins un essai.

A noter les très bonnes prestations de Téo et d’Hugo quand ils auront joué contre nous pour Choisy (les fameux « petits bateaux » d’Eliot, surnom donné à cause de leur maillot blanc rayé bleu, façon marinière). Comme je ne voulais pas réitérer l’expérience du jeu à 8 contre 8, j’ai décidé de leur prêter deux joueurs en forme. Si vous voulez mon avis : ils ont tenu la baraque et ne sont pas étrangers à l’âpre bataille que leurs copains durent livrer pour remporter le match.

L’expérience a été réitérée avec Eliot, Constantin et Axel qui ont – si je ne m’abuse – chacun marqué pour leur équipe de circonstance.

Maxence aura fait du Maxence. Solide sous les ballons haut où il n’aura échappé qu’une seule balle, impliqué en défense et présent dans le combat. Clairement sa présence derrière rassure ses copains. Pas le plus bruyant, ni le plus agité, mais prudence ! Ce sont ces caractères que l’on pourrait croire à tort discrets voire effacés qui s’avèrent les plus essentiels à l’âme d’une équipe.

 

Finalement : on finit en milieu de classement.

Philippe et moi restons persuadés que nous pouvons prétendre à mieux.

Peut-être pas samedi dernier où, clairement, Yerres nous dominait largement, mais dans un proche futur, va savoir…

Pour le moment, toujours tributaires de la longue privation de matchs de l’hiver, nous n’avons pas su étalonner proprement notre équipe et en déterminer les besoins et les manques.

Conséquence : elle joue un peu au rebours de sa nature profonde. Nature que nous qualifierons de… Comment mettre ça ?… Belliqueuse. (J’aime bien l’adjectif batailleuse aussi, voire pourquoi pas ferrailleuse et tous ceux qui se terminent par « yeuses » en général, comme les arbres…)

 

Désormais disciplinée, ré-forgée dans des exigences de jeu déployé qui ne correspondent pas foncièrement aux qualités premières de la plupart de ses éléments, cette équipe a perdu un peu de cette pugnacité qui constituait sa force la saison dernière.

En cela, l’absence de Mael, élément perforateur, nous a été préjudiciable Samedi dernier.

Il faut aussi que notre petite charnière, baromètre désormais trop criant de l’équipe, apprenne à diversifier son jeu.

Noé ! : même s’il ne demande que ça, n’envoie pas perpétuellement Axel dans les murs chercher à se faufiler dans d’éventuelles lézardes qu’il est le seul à voir.

Balances-y tes gros : Téo, Mael, Enzo et le Sieg, tous à même d’aller te les créer, ces brèches ; plein fer, fixant la défense pour libérer les espaces aux autres chiens fous dont les semelles ignées mais bridées piétinent impatiemment la pelouse, reniflant la ligne, là-bas, si loin, mais visible quand même !

 

Donc nous verrons cela dès samedi, à Arpajon.

 

Pour finir : un énorme remerciement aux parents, grands frères, grandes sœurs, tantes et grands-parents pour le repas passé ensemble durant la pause.

Merci à vous de venir si nombreux et si fidèles tous les samedis !

 

Le rugby, sans vous, se serait quand même bien fade.

 

 

 

J.

Résumé très subjectif du tournoi CIFR du 5 Mai 2018, à Arpajon.

 

Quelqu’un quelque part doit lire ces chroniques.

Et ce quelqu’un – où qu’il soit – a bel et bien noté mes giries guère subtiles vis-à-vis de ces rendez-vous de match qui te bousillent 50% de tes déjeuners familiaux hebdomadaires.

 

Ce quelqu’un, samedi, il s’est surpassé : Rendez-vous à 11 :45 !

 

En plein cagna, tes gamins affamés t’arrivent en mastiquant le sandwich. On fait l’appel fissa et hop ! : on te colle tout ça – gamin et sandwich à l’intérieur du gamin – dans le car, et vogue la galère jusqu’à Arpajon !

 

Arpajon, c’est le stade où le parking est inaccessible aux bus. Tu te gares vaille que vaille devant le super-marché d’en face. Tu prends les raccourcis à travers les lotissements pour l’atteindre, leur stade ; au point que sans Carlos et Moumoute, en vérité, jamais tu le trouvais leur terrain !

Et là : BAM, déclaré forfait, Arpajon vainqueur !

Mais nous, comme on a Carlos et Moumoute, du coup, on les connaît Arpajon et on y arrive à leur stade, tout caché derrière son Carrefour et enfoui dans ses lotissements soit-il !

 

Conclusion :

Je peux rédiger ce résumé et fièrement déclamer les points suivants :

 

Samedi 5 mai – Tournoi CIFR no. 2 à Arpajon.

Terrain : dur et sec.

Temps : trop chaud.

Équipes : Arpajon (rouge et blanc) ; St Quentin en Yvelines (bleu turquoise et blanc) ; RCPB (Bleu et blanc)

Effectif : 12 joueurs (manquaient Hugo et Ange).

Résultats :

Jeu à Effectif réduits (6 contre 6) à toucher – 6 minutes par match

Arpajon 1 v RCPB2 : 0-6

Arpajon 2 v RCPB1 : 1-3

RCPB1 v St Quentin 1 : 2-0

RCPB2 v St Quentin 2 : 2-1

Jeu à Effectif Complet (à plaquer) – 10 minutes par mi-temps

Arpajon v RCPB : 0-5 (0-1 à la mi-temps)

RCPB v St Quentin en Yvelines : 1-0 (1-0 à la mi-temps)

 

Vous l’aurez compris, en terme de résultats, une bonne journée pour les U10 du RCPB qui abordent la troisième journée CIFR avec un bilan positif de 3 victoires en 4 matchs (et une grosse tôle, lors de la fameuse collision contre Bagneux).

 

Comme d’habitude, pour les rencontres à effectif réduits nous avions essayé de faire deux équipes équilibrées ; le RCPB2 regroupant les secondes années Jocelyn, Noé et Axel avec Alexandre, Enzo et Maxence.

Pour le RCPB1 : Constantin, Eliott, William, Siegfried, Téo et Maël.

Clairement, nos joueurs étaient plus mobiles que leurs deux adversaires du jour, peut-être aussi un peu plus agiles de leurs mains, comme quoi le travail martelé par coach Paraire et ses deux acolytes du Mercredi et mes sempiternelles répétitions d’exercices sur la passe commencent à rentrer. Et surtout grâce à l’entraînement probablement phénoménal de Gilbert et La Dolle – les deux acolytes en question – laissés seuls en charge le mercredi d’avant (d’ailleurs, je n’ai pas fini d’en entendre parler de celui-ci!).

 

Mais revenons en à nos moutons.

Ce fut plus compliqué pour le jeu à 10, d’autant plus que Constantin, l’un des arguments offensifs les plus décisifs de l’équipe, a eu la très mauvaise idée de se tordre la cheville quelques secondes à peine après le coup d’envoi.

Out pour le reste de l’après-midi.

Redistribution des cartes : Eliot est passé premier centre, Maxence a vécu la joie de remonter d’un cran (en 13), laissant le 15 à Jocelyn. Nos deux débutants Alexandre et Will ont occupés les ailes.

Pour le reste : du grand classique. Une première ligne constituée d’Enzo au talon et de l’alternance à la pile de Maël, Téo et du Sieg. Puis une charnière habituelle avec Noé et Axel.

 

Deux première mi-temps difficiles où le jeu a peiné à se mettre en place, le temps que l’équipe s’habitue à jouer sans son deuxième accélérateur de particules, mais heureusement sauvée par ses avants qui ont tenu la baraque pendant que les lignes arrières cherchaient leurs repères.

Comme souvent dans ces cas là, ça se conclue par le spéciale de Maël. Jerelèveleballonjechargetoutdroittoutdroittoutdroit – « Maël cherche ! Regarde ! » Qu’on lui

Braille du bord du terrain – Ouiouijevoisl’essaijevoisl’essai.

Bref, il marque l’essai.

Elliot a dû planter le second point des premières mi-temps, une fois que les lignes arrières ont enfin réussi à mettre de l’huile dans les rouage. Je dis « a dû » car parti chercher une bombe à froid pour Constantin, je l’ai manqué. Mais d’ordinaire, quand tu n’es pas sûr, les essais, tu les attribues à Eliot ou à Constantin, caractères d’un naturel plutôt discrets et t’as 95% d’être dans le vrai. Quand il s’agit des autres, tu auras comme une sorte de clameur rageuse, de plongeon voire de petite danse qui te fera d’ordinaire noter l’identité de l’énergumène à qui tu dois ton point (n’est-ce pas, monsieur Pomel Jr ?)

Mais je parlais d’huile dans les rouages de nos lignes arrière ; à noter sur ce point une progression intéressante dans la communication des gamins. Un peu comme Di Caprio dans Inception, je te leur mentionne l’idée d’un leurre dans le car (en rugby on appèlerait ça une « combinaison », mais moi qui suis plus branché sémantique que rugby je préfère enrichir leur vocabulaire général ; tout du moins dans le car) bref, ils leur ont servi trois fois le « leurre » en question, variant les côtés et tout !

Impressionnant !

Bon, c’est vrai que j’avais peut-être omis de leur préciser qu’une attaque de première main de la sorte aboutissait rarement de tes propres 22, d’où le timing guère pertinent de leurs tentatives, mais quand même, à envoyer Axel courir sans ballon d’un côté pour faire une sautée sur le premier centre qui se fait la valise de l’autre, ça leur a toujours fait gagner du terrain. Et surtout : ça ne s’est jamais soldé en désastre ; résultat assez fréquent quand tu tentes pour la première foi un truc pareil en live.

 

Pour les secondes mi-temps, profitant d’une certaine démotivation d’Arpajon qui venait de prendre assez cher contre Saint Quentin, ils ont mis l’équipe locale à l’amende. Avec, entre autres, un essai brutal de Téo parti dans une chevauchée dantesque de nos dix mètres, copier collé de celui de Maël, mais avec combat pour le ballon en plus.

Il tentera d’ailleurs de réitérer l’exploit avec tout autant de succès – tout du moins au début – sans toutefois pouvoir marquer, se faisant coffrer contre la ligne de touche et oubliant un magnifique 3 contre 2 au passage ; son 10 ET son 9 partis en soutien et réclamant le ballon dans son sillage.

Ça encore, on a beau le leur répéter : c’est pas acquis ! N’est pas encore Hugo Bonneval qui veut (témoin son offrande pour le 101ième essai en Top 14 de Vincent Clerc ce week-end).

Jocelyn placé en 15 a ouvert son compteur avec un très bel essai porté pour toute l’équipe après un pilonnage en règle de Téo, Enzo et de Siegfried sur la ligne adverse.

Axel a salé l’addition : 5-0 au final.

 

Les choses se sont corsées en seconde mi-temps contre Saint Quentin, remis en selle par la victoire contre Arpajon et finalement résolus à ne pas perdre un match dans lequel ils n’étaient menés que d’un essai. Ça a été chaud, très chaud même, entre deux premières lignes gaillardes. Maël a été exclu pour un coup de coude peu évident et surtout totalement involontaire, prenant surtout pour Axel auteur d’un sauvetage kamikaze à mi-chemin entre la corde à linge Tongienne, le plaquage au corps irlandais et la toile d’araignée de Spiderman, geste peu orthodoxe s’il en est qui aurait mérité quelques minutes sur le banc.

Alexandre, très méritant samedi, est passé à deux centimètres de marquer son premier essai, poussé en touche au dernière moment alors qu’il essayait d’aller aplatir dans l’angle – tandis que la ligne hurlait son nom à moins d’un mètre de ses mains. Mais que voulez-vous, certains enfants sont immunisés aux chants des sirènes, d’autres cultivent un penchant pour la complication ; certains même, subissent les deux en même temps !

Excellent match de Maxence, Enzo et Siegfried, vaillants sur les impacts et intransigeants dans les duels où ils ont toujours eu le dernier mot.

Enfin, bref malgré ça, on ne marquait pas. Maël nous avait pourtant refait le coup de la percée fantastique, mais cette fois-ci avec un coup de pied magistral qui a renvoyé l’adversaire dans ses dix mètres, récoltant une touche au passage ; un geste superbe, en plein mouvement et qui ne doit rien à personne, vu qu’on ne le lui a pas enseigné, celui-ci !

Encore un bon match de William qui a étoffé drastiquement sa participation au jeu samedi, notamment quand il a été placé en 13.

La dernière action du match s’est soldé par une attaque en hourra rugby de Saint-Quentin, résolus à aller chercher coûte que coûte leur match nul. Ils nous ont acculé jusqu’à notre ligne, ligne qu’ils ont franchi d’ailleurs…

Mais non, vu qu’un tampon bien assené a non seulement bouté le joueur en touche avant d’aplatir, mais en plus lui a fait lâcher le ballon au contact.

Comme cette ultime action se passait du côté de Maël et de Siegfried, je soupçonne l’un des deux d’en être l’auteur. Axel m’assure qu’il s’agissait d’Eliot.

Vous savez quoi ? Je ne suis même pas surpris !

 

Voilà !

 

En dehors de l’énorme point noir de la journée avec la blessure de notre Constantin qui va beaucoup nous manquer sur les prochaines semaines, notons toutefois le très bon accueil d’Arpajon sur cet après-midi ensoleillé.

Mais surtout – et encore une fois – super moment passé avec nos irréductibles, la famille Kimmich, M. David, Christophe, Messieurs Beauvais père et fils et Elisabeth, la maman de William.

Merci à vous de votre présence, semaine après semaine.

 

Julien

Résumé très subjectif du tournoi CIFR du 7 Avril à Bagneux.

Résumé très subjectif du tournoi CIFR du 7 Avril à Bagneux.

 

Date : Samedi 7Avril

Emplacement : Bagneux

Equipes Rencontrées : RC Paris XV – RC Bagneux.

Climat : Chaud et ensoleillé

Terrain : Plutôt mou, d’une couleur verte preuve indubitable de présence d’herbe, entrecoupée ci et là – mais d’une manière parfaitement régulière – par des lignes blanches ; un terrain quoi…

 

Après 4 mois, on y arrive enfin… Non, messieurs dames, je ne parle pas du printemps, mais du match !

Une saison… Tout l’hiver que nos petiots en s’étaient pas étalonnés pour de vrai ! D’ailleurs, on ne vous le cache pas, depuis début février, la sédition s’était invitée dans le comportement de nos petits messieurs qui en avaient soupé des entraînements « pour rien » (dixit Axel).

Alors, nos lascars râlent beaucoup, c’est vrai, mais là n’est pas le problème, car je crois qu’au fond, ils nous aiment bien ! Mais quitte à se faire aboyer dessus, t’as quand même l’impression qu’ils préfèrent nettement que ce soit du bord de touche qu’à l’aplomb exact de leur épaule durant des exercices toujours plus saugrenus les uns que les autres.

Mais bref, Samedi dernier, en plus du printemps, on entamait enfin le long marathon de matchs hebdomadaires qui va nous conduire doucettement jusqu’aux grande vacances.

Alors : 12 joueurs avec nous dans le car à cet horaire redoutable de midi dont l’énoncé tendrait à transformer les regards d’ordinaire conciliants (mais lassé) de mon épouse en poignards plutôt piquants.

Notre petit Ange s’étant fait opérer de la douche et Enzo se remettant d’une gastro, pour le reste de la troupe : du classique.

  • Mael et Siegfried à la pile, suppléés par Alexandre.
  • Téo au talon.
  • Noé en 9 ; Axel en 10.
  • Constantin et Elliot au centre.
  • Maxence à l’arrière. Hugo, Jocelyn et William aux ailes.

Pour la première fois de la saison, La Dolle, Gilbert et son tee-shirt bleu de Montferrant, Philippe et votre serviteurs nous retrouvons tous les quatre pour encadrer les enfants.

Dans le car, maître Paraire te met au jus : « A Bagneux, la réputation : c’est du pénible ! Ça joue devant. Ça joue dur, avec les gros gabarits qui vont avec. »

Il sait de quoi il parle : Monsieur Paraire aïeul (venu avec madame voir Noé pour l’occasion) était président du club à une époque.

N’empêche quand on débarque, il t’en tire une tête, maître Paraire !

Entre les immeubles et la route étroite, accueillant le stade, ils t’ont collé un très joli club house avec tireuse à bière et vestiaires magnifiques qui le laissent tout pantois, dis… Pour une fois, nous autres, vieux grincheux que nous sommes, ne trouvons pas à rouscailler notre sempiternel « c’était mieux avant ».

Mais bon, pour en revenir à nos moutons : deux matchs samedi dernier de deux mi-temps de 10 minutes chacune.

Premiers à venir : Paris XV.

Alors, c’est vrai qu’à n’importe quel sport auquel vous jouiez, rien que le nom « Paris », il faut le dire : ça en pose. Inconsciemment, pour peu que vous soyez français, vous vous dites toujours que sous prétexte qu’on joue un club de la capitale, on va se frotter à plus gros, plus fort, plus important et plus puissant que soi. C’est vrai dans n’importe quel sport, quel que soit la forme du ballon. Paris, c’est Paris, quoi…

Sauf pour les nôtres ! Nos gamins à nous, entre patine d’éducation rugbystique (« lequel de Paris ? SF ou Racing ? ») et tempérament naturellement belliqueux, quand tu leur dis qu’on va se frotter à du costaud : ils se lèchent les babines : « Qu’ils y viennent ! ».

On peut dire ce qu’on veut sur nos U10 : mais ce ne sont pas des émotifs ! Alors, Paris…

Pour tout dire, l’affaire a été vite pliée !

Premier essai au bout de la deuxième action de jeu. Toutes les mêlées gagnées, au point que les arrières se mettent en escalier qu’on introduise ou non, à peu près persuadée de la capacité de sa première ligne maousse à enfoncer l’adversaire.

Alors, on ne répètera jamais assez ce poncif que pour une charnière, jouer dans l’avancée lui permettra de briller. Grâce aux efforts de Mael, Téo et du Sieg, chacune des phases arrêtées (mêlées et touches) a vu  l’équipe Parisienne perpétuellement mise sur le reculoir, laissant nos lignes arrières jouer dans un fauteuil.

Axel a ouvert le compteur, suivi presque immédiatement après par l’Empereur et sa spéciale «je-repique-intérieur-diagonale-sur-dix- mètres-je-brave-crânement-les-hurlements-de-maître-Paraire-tais-toi-coach-tu-vois-bien-que-je-marque-l’essai ». Ne voulant pas demeurer en reste, Maël nous a sorti la sienne de spéciale, «le-ballon-traîne-j’attrape -je-soulève-je-fonce-t’es-devant-tant-pis-pour-toi-tout-droit-essai-yessss ». Pour finalement, aboutir à un essai de première main parfaitement construit, sorte de Nirvana pour éducateurs de rugby, où suite à une (énième) mêlée gagnée par la poussée sourde et rageuse de nos trois acharnés de devant, Noé extrait sur Axel qui gagne la ligne d’avantage pour lancer Constantin qui lâche à son tour la balle dans le tempo pour Elliot qui fonce à dame, démarqué sans plus d’opposition, suivi tout de même – et c’est là que c’est beau – par Hugo qui, de son aile, a bien senti le coup et reste en soutien dans son couloir pour venir aider le copain au cas où…

Même si le niveau en face ne cassait pas des briques, les Parisiens ont été vaillants, ne se démotivant jamais et ne lâchant rien jusqu’au coup de sifflet final.

En seconde mi-temps, d’ailleurs, ils nous ont tenu la dragée haute, n’encaissant qu’un 2-0, sans jamais nous mettre en danger, il est vrai, mais défendant férocement leur ligne, ce que reflète le score. Pour en venir à bout, il aura finalement fallu la bonne vieille spéciale de Mael (un duplicata de celle décrite plus haut) et la filouterie de Noé, qui nous aura marqué un essai de 9, petit côté, après une pénalité aux cinq mètres, passant au ras des chevilles de son vis-à-vis qui ne regardait pas ; essai injustement qualifié par son virulent paternel de « plus moche essai de l’histoire du rugby », considération esthétique sur laquelle – une fois n’est pas coutume – je ne souscris guère avec mon excellent confrère. Marqué en Top 14, cet essai, tu le passes et repasses en boucle sur Youtube avec la mention « Noé enfume toute la défense adverse ». Alors, il est vrai que du point de vue strictement « plastique » de l’artistique rugbystique, t’es plus proche de « Fernande » par George Brassens que des « Nocturnes » de Chopin, mais bon, Victor Hugo sera le premier à vous rappeler aussi qu’il y a une beauté certaine à l’évolution oblique et féroce du crabe.

Et qui suis-je pour contredire Victor Hugo ? (parcequ’en fait, c’est quand même un essai en crabe qu’il nous a marqué Noé, tout tordu, tout bancal et bien malin pour parfaire le tout !)

Victoire 6-0 contre Paris (4-0 à la mi-temps)

 

Après, il a fallu se farcir Bagneux.

Autant maître Paraire avait probablement tort quant au jugement porté sur la qualité de l’essai de son dernier rejeton, autant ses prédictions sur l’opposition proposée par Bagneux s’est révélé exacte.

Bagneux : une équipe rayée rouge et noir, tour à tour meurtre et ténèbres ; un peu à la façon Toulon des pires époques (celle où les frère Herrero t’étripaillaient consciencieusement avant de te piétiner pour souffler, juste histoire de s’assurer que tu ne viennes pas trop la ramener quand ils commencent à se faire des passes), avec un centre monumental du style les ailiers de Montpellier (période actuelle), le tout articulé par une petit 9 teigneux et vicieux, mais – soyons juste – très talentueux, un dix adroit de ses pieds et le reste plutôt mobile. Pour protéger tout ça, devant : un attelage de trois joueurs tous plus grand que la Dolle, ou tant soit peu…

Alors, oui, Gilbert : j’anticipe ton commentaire désobligeant quant à la taille de la Dolle, mais n’empêche à 10 ans, les gamins s’ils sont probablement capables de nous faire une Zidane sur Materazzi 2006TM , mais ne devraient en aucun cas pouvoir coller des coups de boules en mesure d’écraser la truffe d’un adulte se tenant debout.

Ben, le 3 devant de Bagneux, si !

On ne vas pas se cacher, Bagneux : c’était pas un match pour les mamans ! (ni pour les papas trop sensibles, d’ailleurs).

Et pourtant – on les remercie encore – elles étaient venues en nombre samedi !

Tout compte fait, ça ne s’est pas si mal passé que ça.

Après s’être pris l’autobus (première mi-temps perdue : 5-0), tous nos petiots – les 12 !- nous reviennent en pleurs. Entre raffuts hauts, mise sur le cul systématique et autres essuyages de crampons sur joueurs proprement enterrés par les charges du No.3 adverse (le plus grand), ils auront pour tout dire goûté, la posologie qu’ils infligent d’habitude à l’adversaire (raffuts dans la tronche et essuyages de crampons exceptés).

A leur crédit et à ma grande fierté, ce dégonflage de boulard en bonne et due forme nous les a remis à l’endroit pour la seconde période.

D’accord, ils ont encore repris 3-0 (Défaite contre Bagneux 8-0), non sans tenir le score pendant de longues minutes contre un adversaire véritablement au-dessus physiquement. Ils auront pris la marée constamment sans rien lâcher, notamment grâce et Elliot et Téo, dantesques en défense samedi. Pour tout avouer, en seconde mi-temps, la défaite nous incombe pour beaucoup à nous autres éducateurs. Nos garçons, sevrés de ballons, ont réussi à endiguer la déferlante adverse, mais n’ont pas su gérer le peu de munitions qu’ils ont eu à négocier. Ils n’avaient pas les cartes en mains pour ce genre de match – et nous non plus d’ailleurs – pour la simple et bonne raison que jamais, n’avaient-ils été confrontés à une telle opposition menée par des gabarits si outrageusement dominants.

Ces choses-là, on peut en parler à l’entraînement : si tu ne l’as pas vécu, ça veut rien dire !

Bon, ben maintenant, ils savent ! Quand tu n’auras que 5 ballons à jouer sur tout le match, il faut en faire quelque chose de propre et pas tenter des coups de pieds paniqués n’importe comment, construire patiemment son attaque et chercher de l’avancée peu à peu, pour aller décaler lentement les rapides…

Apprentissage nécessaire, si vous voulez mon avis. De cette défaite logique – où nous avons constaté un indéniable sursaut de fierté – il ressortira quelque chose positif (outre le dégonflage du boulard mentionné précédemment).

Un bel après-midi en sommes.

Matchs très aboutis pour Téo et Elliott, capitaines courage, et guerriers nécessaires autour desquels s’arcboute notre équipe quand le bateau tangue.

Pour une fois, Mael et Siegfried ont trouvé à qui parler. Ni l’un ni l’autre n’ont démérité, même si comparé à d’habitude, ils ont fait preuve d’un peu de timidité par rapport à l’abatage dont on les sait capables. Constat à tempérer tout de même pour Mael, auteur de deux essais cités plus haut contre Paris.

Match volontaire de Hugo, qui n’a jamais hésité à se proposer en attaque aussi bien pour gratter les ballons que pour foncer dans le tas. Un non essai spectaculaire contre Paris, qu’il envoie en ballon mort alors que la balle traînait dans l’en-but. Action qui mériterait de repasser sur Youtube en boucle pour que l’on puisse décortiquer exactement la biomécanique miraculeuse par laquelle il a réussi à ne pas aplatir. C’est d’autant plus dommage que sa pré-action était parfaite.

La volonté, Alexandre n’en a jamais fait défaut, même si son éducateur l’a délibérément préservé sur une large plage de la seconde mi-temps contre les molosses de Bagneux. L’apprentissage rentre, patiemment et dans la bonne humeur de ce joyeux petit garçon toujours porté à bien faire.

Faisant probablement contre mauvaise fortune bon cœur, Maxence apprivoise le poste d’arrière. Et Dieu sait s’il lui en a fallu du cœur, Samedi ! Une implication pertinente contre Paris où il a contribué à l’avancée générale de l’équipe par de belles interventions dans la ligne de trois-quarts. Ne s’est jamais défilé contre Bagneux, même après avoir mordu la pelouse plusieurs fois, signe d’une opiniâtreté louable. Pas un supporter de Montferrand pour rien, celui-ci, encore !

La charnière a bien joué sa partition contre Paris, agressant perpétuellement la ligne d’avantage. Pendant la trêve hivernale, Noé a gagné en vitesse d’exécution pour aller chercher les ballons entre les pieds de ses avants. Axel quant à lui a bien orienté ses arrières sur les attaques placées. Jeu au pied encore trop aléatoire, mais avec tout de même un beau coup de tatane de déplacement notamment où il dégage les copains des dix mètres pour aller tamponner l’ailier adverse dans les dix mètres opposés et provoquer une touche judicieuse. Ils auront tous deux marqué leur essai, signe aussi d’une influence équilibrante sur le jeu de cette équipe qui peu à peu se dégage de sa gangue « costaude » pour s’étirer lentement mais sûrement sur les largeurs. Contre Bagneux, d’ailleurs, privés de ballons (forme de jeu où toute l’équipe doit désormais s’améliorer drastiquement), ces deux joueurs n’ont pas su s’exprimer ce qui explique entre autres la mission « damage limitation » générale.

Des comportements intéressants toutefois, dans l’affirmation du caractère. Par l’essai de Noé d’une part, mais aussi contre Bagneux où Axel et le demie de mêlée adverse se sont chauffés à l’ancienne, Le teigneux d’en face traitant son vis-à-vis de mocheté, l’autre rétorquant par « tronche de cake », le tout se concluant en deux temps par un splendide raffut dans la goule encaissé par notre numéro 10 ; qui s’est soldé plus tard par une magnifique cartouche ; 1 partout balle au centre. Va savoir si entre ses deux-là, on n’a pas assisté à l’entame d’une grande et longue amitié !

Si Constantin était dans le viseur de notre râleur en chef (généralement, il patrouille le terrain de droite à gauche, tandis que je le parcoure de gauche à droite – nous échangeos nos impressions à chaque passage, toutes les 90 secondes à peu-près, au niveau de Gilbert l’indélogeable qui, pour sa part, reste en place), si Constantin se fait houspiller, disais-je, c’est qu’il tente beaucoup. Ses crochets le poussent peut-être un peu trop systématiquement sur l’intérieur, mais l’incertitude qu’il crée dans la ligne adverse n’est JAMAIS à négliger. N’empêche que quand il aura joué plus simple, sa passe aura trouvé Elliott pour cet essai enchanteur dont j’ai parlé plus haut. Aura joué en 12 puis en 10, avant de retourner en 12, principalement à cause du bouillonnement intempestif dont m’accablait mon excellent confrère qui me laisse d’ordinaire gérer les remplacements.

Jocelyn nous a fait du Jocelyn. C’est-à-dire qu’il affirme sa plus-value surtout quand ça barde, vu que son attention naturellement volatile aurait tendance à s’éparpiller encore au doux chant (au chant et au concept aussi) de la gonfle volant allègrement d’une main à l’autre. Donc un après-midi rugueux de sa part où sa présence en seconde mi-temps contre Bagneux aura été bénéfique, le score en atteste.

Pour William qui nous revenait de longue blessure : matchs compliqués à l’aile où le ballon est rarement venu lui rendre visite. Ce qui ne l’a pas empêché de verrouiller son couloir en défense et de se proposer dans l’avancée en attaque. S’est désormais dégagé de son profil de débutant pour s’intégrer de plein pied dans le jeu proposé par l’équipe, même si le match contre Bagneux l’a beaucoup intimidé.

En dépit des salutaires vidéos de la Dolle (qui encore une fois me sauve la mise sur l’affaire), il manque irrémédiablement au souvenir figé de cet après-midi, l’épisode mémorable de la tête médusée de William voyant arriver un copain vers le banc après un gros choc. La décomposition irrémédiable des linéaments de son expression quand ce joueur nous revient la lèvre en sang après s’être pris l’arrière de la tête de Siegfried dans les dents !

Mon petit William, atterré, terrifié presque, blanc comme un linge en tous cas, qui me contemple envoyer de l’eau dans la face de son copain pour lui nettoyer la bouche.

Et puis surtout le coup où pour se rincer, le joueur en question, recrache sans faire exprès sang et eau sur les pieds de William.

Les deux petits garçons se regardent tout aussi étonnés l’un que l’autre.

Et puis ils éclatent de rire immédiatement, à pleines dents, un rayon de soleil accroché au pétillement de leurs deux prunelles enfantines.

C’est beau le rugby quand même !

 

Merci à tous pour être venu nous encourager (et puis à ceux qui ont eu la patience de lire jusqu’ici).

 

Bonne vacances à tous et au 28 pour le Tournoi du Muguet!

 

J.

 

Julien Pomel

CR du tournoi bouclier briard U10

Episode 12

Résumé très subjectif du Bouclier Briard, 17 juin 2017

Poule Haute, tête basse

 Cette fois ça y est! : le dernier match de la saison. Sous le cagna, en pleine canicule, à la maison…

 Le Bouclier Briard, mon préféré…

 C’est samedi, c’est rugby! Bienvenue au RCPB.

 

Le Briard, c’est l’apothéose et le point d’orgue brutal de ta saison. Elle monte et monte avec les mois plus chaud, pour atteindre son acmé, là, samedi dernier (le 17), où elle explose et BIM!

Basta ! Grosses bises à tous et à Septembre!

 

Sérieux, même sous le déluge comme l’an dernier, avec pas assez de gamins pour former une équipe complète, le Briard, c’est un miel!

Surtout pour les U10 et les U8, il faut reconnaître! Pour une fois, tu échappes à Pironi l’englouti ou aux crottes canines de Bréguet et t’as droit au billard de Vandar… Un miel que je vous dis!

Pour la peine, j’amène un vieux Bourgogne du père Pomel, histoire de fêter ma certification. Car je vous le dis franchement, je sais bien qu’il faut s’occuper des gamins et qu’il y a un tournoi à jouer et tout ça, mais perso: le Bouclier Briard, pour Bibi : c’est un peu comme Noël.

Un Noël estival. Tu regardes tes mômes jouer, tu picoles avec les copains, tu causes rugby, bref : c’est la fête.

Bon, mais dans tout ça, il y a quand même des matchs à jouer.

Comme dirait Herrero, les deux mi-temps du match, c’est un peu la partie pénible du rugby. Certains caractères, dont votre serviteur, s’accommoderaient aisément de la seule troisième, mais passons.

Pour le Briard, j’ai plusieurs absents.

Nous semblons avoir égaré Tatane quelque part. Yannis nous fait, malheureusement faux bond, Noé s’en va répéter à la chorales sur les premières heures du matin (« la chorale, sérieux? » questionne-je M. Paraire Senior; ce à quoi il me répond par cette mimique universelle et propre à tout mari qui subit la loi d’une autorité supérieure, impavide et implacable et qui – la mimique s’entend – signifierait « Cherche pas… »; expression que les anglo-saxons – oui, eux aussi connaissent ces dilemmes – ont traduits par « don’t ask! », preuve s’il en est de l’universalité de l’asservissement résigné des époux aux lubies inamovibles de leurs épouses.)

Nathan nous arrive un peu patraque, occurrence excessivement rare chez ce garçon où les dehors calmes attendent ordinairement l’exutoire du pré pour pleinement s’exprimer

Nous aurons donc des premières lignes consistant en Maxime, Luka et Andreas pour les piliers. Ruben et Allan pour les talonneurs.

Auguste et Noé, l’enfant de cœur du lot, pour les 9. L’ombre de Nathan et Axel pour les 10, les deux J – Jocelyn et Julien – pour les ailiers (les « jailiers », en fait).

Les centres seront tenus par Gurwan, Valentin et Clément.

L’arrière reste la chasse gardée d’Alexandre.

15 gamins, moins Nathan, Julien et Noé sur le début. C’est pas trop mal ! Mais d’un naturel auvergnat (euphémisme entre autres pour « méfiant ») je demeure circonspect. A Sucy, on avait commencé à 14, on avait fini à 10!

Alors, ce qu’il faut savoir du Briard, c’est qu’il se déroule le matin en deux poules de brassage. Les équipes qui récoltent le plus de points sur les matchs qu’elles ont jouées se retrouvent en poule haute, où elles s’affronteront pour les premières places.

Jusque là, que du grand classique, mais la spécificité du Briard, c’est que les équipes moins bien classées le matin et qui se trouvent reversées dans la poule basse l’après-midi, se voient conviées à jouer une coupe elles aussi, par l’obtention de la troisième place, en cas de victoire.

Ainsi, cela donne à toute équipe la possibilité de se racheter et d’attraper la carotte à la fin.

C’est entre autres pour ça que j’aime autant le bouclier Briard.

Et parce qu’il y a de la bière fraîche aussi.

 

Pour en revenir à nos moutons : le matin,  nous nous retrouvons dans une poule où nous évoluerons contre:-

·         Maison Alfort

·         Combs la Ville

·         Savigny

·         Le Scuf

Rien d’insurmontable, mais tu te dis que ça va être serré quand même.

Honneur à l’hôte : on étrenne la journée. Bien sûr, il faut qu’on commence contre Maison Alfort. Pour mémoire, Olivier leur entraîneur était de ma promotion de certification cette saison et puis – l’an dernier, au Briard, justement nous avions dû bricoler une entente avec Maison Alfort qui, eux-aussi manquaient de joueurs. Cette saison, nos trois matchs s’étaient soldés par un résultat nul (4 – 4 en tout). Entre Maison et nous, il y a un passif positif.

Alors – histoire de faire jouer le ressort psychologique, cette fameuse « ressource mentale » chère à mon éducateur es formation fédérale, je réunis mes gamins autour de moi, très serrés. Surtout qu’avec Nathan résolument pas dans son assiette et montrant peu d’appétence à jouer, ils seront privés de leur arme offensive (et défensive) numéro 1.

« Bon, les gars – que je leur dis – Hey, pas de blague! Aidez-moi, là! Vous allez jouer contre l’équipe d’Olivier! Si vous perdez : il va me chambrer jusqu’à plus soif (et ça : ça prend longtemps) que je ne vais jamais en entendre la fin! C’est pas possible! Il faut que vous le gagniez pour moi celui-ci, autrement, je vais prendre trop cher! »

Il va sans dire je leur monte un char complet. Plus sport qu’Olivier : tu trouveras pas! Mais c’est crédule, encore à cet âge-là! Crédule et conciliant. Et puis gentils aussi, surtout mes U10 ! Là, tu les vois se serrer les épaules, bien attentifs à ma requête, dans le genre : « Mince, le pauvre, on peut pas le laisser comme ça! »

C’est donc avec application qu’ils s’y collent, bien emmenés par un Maxime métamorphosé depuis le tournoi de Sucy, parti sur le mode bulldozer en attaque et celui muraille de Chine en défense. Alors, c’est vrai que c’est pas toujours très mobile comme affaire. Ça connait surtout la marche avant et la direction tout droit, mais la vache : ça décape!

Collé à ses basques, Luka déblaye ou reprend le ballon (protégé et offert, s’il vous plaît) pour embrayer sur une autre couche en pénétration. Lui aussi décidé à percer du mur.

En gros ça cartonne beaucoup.

Auguste essaye bien d’écarter tout ça, mais quand cela arrive dans les mains de la Petite Flamme, c’est souvent pour repiquer inté, histoire d’envoyer un ou deux crochets gourmands, sans trop regarder derrière la disponibilité piaffante de Gurwan et de Valentin.

Les ailiers, je n’en parle même pas : en attaque chez nous, c’est un peu le poste potiche. Le ballon transite rarement vers ces horizons bornés et surtout lointain, raison aussi pour laquelle on retrouve régulièrement mon Jocelyn emplafonner l’adversaire en défense en plein centre, parce que non, il n’y a pas de raison que ce soient toujours les autres qui s’amusent!

Maison Alfort et nous-mêmes faisons jeu égal et pour tout dire, il n’y a pas grand-chose entre les deux formations, si ce n’est peut-être, un peu plus d’agressivité de notre part, notamment sur les déblayages où sur ce match, Andreas, Luka et Ruben ont excellé, nous garantissant la conservation de balle.

Au final, malgré les belles intentions d’un Alexandre coureur et de Maxime, on s’achemine sur un match nul jusqu’à ce que Gurwan flaire enfin la ligne d’en-but et qu’il décide, bon là, c’est bon, yen a marre : et m’enfonce tout ça sur l’une des dernières actions du match.

 

RCPB vs Maison Alfort : 1-0.

 

Mes gamins me reviennent avec un beau sourire satisfait de veaux en luzerne : « Dis, t’as vu ça ! Monsieur est servi ! il va pas te chambrer après ça, hein! » qu’ils me fanfaronnent.

Je vous jure que je les aime, ces mômes-là!

 

Les choses se corsent pour le second match, contre Combs la Ville.

Encore une fois, nous faisons jeu égal, mais en moins bien. Moins bien qu’au premier match tout d’abord et moins bien que Combs, surtout.

Nos déblayages ne sont plus aussi efficaces, Axel s’entête à forcer la décision par le défi permanent de son vis-à-vis, cherchant la solution tout seul, se coupant de ses soutiens sur ses premiers crochets tout aussi déroutants pour l’adversaire que pour ses coéquipiers.

Noé nous arrive sur ses entrefaites, je l’échauffe rapidement et le lance dans le bain, à l’aile. Malgré la défense efficace de Clément, de Jocelyn, de Gurwan et d’Alexandre, nous prenons deux essais.

 

RCPB vs Comb : 0-2.

 

Pressentant le match à leur portée, je constate Coach Riou qui trépigne sur le bord de touche. A sa mine rougeaude et aux brusques rejets de vapeurs qui sortent de ses oreilles, tu sens qu’ils vont avoir droit à une fameuse Philippique. Animé de ma vaillance légendaire, je m’éclipse opportunément alors qu’il leur remonte les pendules. Et c’est en auditeur avisé (donc éloigné) que je me délecte à distance de ses expressions fleuries qui tonitruent à travers tout le terrain, que tu peux les entendre de la route, malgré les deux ou trois-cent gamins qui peuplent Vandar.

 

Troisième match contre le SCUF.

Entre temps, M.Hus s’en est allé parler à Nathan, qui du coup, va beaucoup mieux. Il est un peu thaumaturge, M. Hus. On dirait pas comme ça, vu qu’à première vue t’as plus l’impression qu’il serait plus enclin à t’écraser la mouille, mais avec les petiots, non: il te les requinque fissa. Un tour de Christophe et tout le monde repart !

Contre SCUF, Nathan récupère le numéro 10, faisant glisser Axel en 13 et Valentin à l’aile.

Nos gros font le boulot et gênent considérablement le SCUF. Alan et Andreas s’y frottent avec ardeur. Auguste se rend intraitable en s’engluant souvent dans des plaquages d’où Ruben vient nous sortir le ballon. Noé, jouant ailier, subit la même malédiction de pénurie de ballons en attaque et – comme de droit – s’en vient repiquer à l’intérieur où sa bonne entente avec Axel, patiemment polie depuis les U7 sous Moumoute, perturbe l’adversaire.

A ce jeu, nous tenons le terrain.

Finalement, c’est sur une attaque à deux rondement lancée par Auguste, que Nathan arrive à s’échapper avec la petite Flamme en position d’ailier sur son extérieur. Happant deux défenseurs, notre ouvreur transmet dans le bon tempo, geste qui nous prouve si besoin en était qu’il est pile poil prêt pour les U12. Profitant de l’offrande, l’autre met les cannes pour aplatir en coin, et se faire rétamer par la défense adverse qui vient l’enterrer pour la peine.

Grosse douleur de mon petit garçon écrasé par l’ailier et le centre adverse par-dessus et perforé par le ballon aplatit en-dessous. C’est un peu comme être pris entre le marteau et l’enclume, mais que voulez-vous : il faut bien que jeunesse se forge ! Du coup, nous le sortons pour les dernières actions, histoire qu’il sèche ses larmes.

 

RCPB vs SCUF : 1-0.

 

Dernier match de la matinée : nous affrontons Chilly Mazarin.

Là tout de suite tu sais que ça va être chaud. On les a vu donner la leçon à Maison, avec des passes à tire larigot et des essais d’ailiers.

Malgré la présence de la charnière titulaire, Auguste et Nathan, en dépit de l’acharnement de nos deuxièmes années Clément, Alexandre, Max et Luka (Julien n’arrivera que l’après-midi), malgré même un match sérieux d’Alan, nous encaissons deux essais sans pouvoir en marquer un seul, arrêtés devant la ligne plusieurs fois sans la franchir.

 

RCPB vs Chilly Mararin : 0-2.

 

Deux victoires, pour deux défaites.

Ça ne s’est pas joué à grand-chose sur nos deux revers, il faut le dire.

On lâche notamment un ballon dans l’en-but adverse contre Combs, mais en gros, Coach Riou, M. Hus et moi-même (le Bon, la Brute et le Truand, en vérité, dans cet ordre) tombons d’accord : On ne peut rien leur reprocher et on a vu des trucs pas mal dans le jeu.

 

Pour couronner, le tout : on jouera en poule haute.

Grognement dubitatif de ma part.

Suis pas sûr que ce soit une bonne nouvelle, ça!

 

Bon, on verra cet après-midi. Entre temps, ya le Bourgogne à siffler!

 

Les crampons de Valentin ayant rendu l’âme s’arrogent une impressionnante imitation des grôles de Charly Chaplin. Favorablement impressionnés, son Papa et moi nous lançons dans une ambitieuse opération de cordonnerie consistant à réparer les dites chaussures avec du scotch.

L’entreprise ne se révèlera un franc succès qu’une fois M. Voillot Père employant les grands moyens et ramenant le scotch de chantier.

D’ailleurs, le scotch en question – gros rouleau orange – a été laissé au bord de terrain. Si vous le trouvez…

Bref, il fallait bien ça ! C’est que le rejeton Voillot, avec cette déroutante tendance à changer de direction toutes les deux foulées, aura au final autant épuisé ses chaussures que les défenseurs adverses !

Si ça : c’est pas du résultat….

 

Pour l’après-midi, en poule haute, nous retrouvons :

 

·         Combs la Ville

·         Chilly Mazarin

·         RCC 78 (la Celle Saint Cloud)

·         EGG 15 (c’est Gonesse / Goussainville)

 

Je grogne.

La Celle, saint Cloud, il nous avaient battu cette saison. Ça ne s’était pas joué à beaucoup… Mais bon, ils avaient gagné quand même.

 

On commence contre Combs.

Match à peu près similaire à la matinée, mais où montrant un peu plus d’application et aidés aussi par le retour de notre ouvreur titulaire et l’arrivée de Julien, nous nous dépatouillons mieux.

Le soleil cogne. Les momaques commencent à fatiguer. Les changements s’enchaînent.

Combs ferraille mais se montre guère dangereux, s’engluant contre Alan, Auguste, Ruben et Luka. Julien, Clément et Alex essayent bien d’aller coller leur museau vers la ligne d’essai adverse mais les rideaux défensifs de Combs demeurent aussi hermétique que le nôtre.

 

RCPB vs Combs la Ville : 0-0

 

Nous retrouvons assez rapidement Chilly Mazarin.

Là, contre ce futur vainqueur qui n’allait pas perdre un seul match de la journée nous nous retrouvons confronté aux même maux. Mots différents d’avant match. Cette fois-ci on insiste sur la confiance, après notre nul prometteur contre Combs. On va chercher à lancer Gurwan et à jouer moins arrêtés.

Vœu pieu : même solde.

 

RCPB vs Chilly Mazarin : 0-2

 

Ensuite nous nous retrouvons confrontés à l’EGG 15. Il s’agit de Gonesse Goussainville. Là encore, si on t’explique pas : pas moyen de le savoir ! C’est comme l’élusif Plateau Briard ou le fameux Val de Bièvre, ça !

Le microcosme du rugby a cela de marrant qu’il s’invente sa géographie propre, entre termes géologiques et acronymes divagants, l’amateur navigue là-dedans au gré de sa curiosité (parfois), son ignorance (le plus souvent) ou même de son imagination.

C’est rafraîchissant en tous cas !

 

Pour ce qui est du match contre l’EGG 15 : c’est RCPB vs Chilly Mazarin no. 2.

Un peu comme les suites des dents de la Mer. Tout pareil, même nombre de gars qui se font bouffer à la fin, mais d’abord la fille (ou parfois la bande d’adolescents) pour se faire bouloter la jambe. Et puis à la fin c’est le gros poiscaille qui crève.

Sauf qu’à chaque fois, le requin il est plus maousse que dans le film d’avant.

Bon ben là c’est pareil :

 

RCPB vs EGG 15 : 0-2

 

Sauf qu’en guise de plus gros poiscaille que dans les opus précédents : tu tombes sur la maxi tuile. Notre Nathan se fait la main !

Je le vois sortir de chez les secouristes avec un bandage gros comme sa tête entourant sa mimine. C’est le bandage qui entoure la mimine, pas la tête. Vous m’aurez compris.

 

Il reste un match contre la Celle Saint Cloud.

LE DERNIER MATCH.

Le dernier match de la saison.

Mais aussi le dernier match de cette équipe de U10 dont 12 des 17 éléments vont grimper en U12 l’an prochain…

Leur dernier match avec Coach Riou, M. Huss et Bibi.

 

On se réunit tous au bord de la touche, épaules contre épaules.

 

Je les regarde mes lascars, je les épie à m’en graver la prunelle.

Alexandre, Max et Alan ont commencé le rugby avec moi, l’an dernier. Cette année Valentin, Gurwan, Ruben et Yannis, débutants eux-aussi qui s’y sont greffés.

Pour ma seconde année d’éducateur, j’aurais eu ces 7 rugbymen tout frais qui m’ont tant fait rager, mais tant rire aussi ! Avec les plus anciens, qui se connaissent depuis les lutins : Julien, Clément, Luka, Nathan et Auguste et puis les premières années Noé, Andreas, Axel, Jocelyn et Tatane, les seuls qui me restent la saison prochaine.

Deux ans qui sont passés !

Déjà !

Pour en arriver ici, à notre dernier match ! Sous un soleil de plomb du Plateau Briard, avec Nathan HS.

Alors, bien sûr : je dégoise !

Probablement à tort et à travers – ce qui ne change pas de l’habitude – je déblatère sur le dernier match ensemble. Ceux qui vont partir la saison prochaine jouer leur rugby sous d’autres cieux : mon Allan à Poitier et Yannis à Avignon.

Serré au milieu de cette petite tribu turbulente et joyeuse je m’extravase dans une harangue peut-être un peu trop émotive et peu judicieuse mais qu’ils écoutent appliqués, mirettes grandes ouvertes.

Peu judicieuse, sûrement, mais c’est notre façon aussi de leur dire qu’ils vont nous manquer et qu’on a été fiers – oh très fiers – de les avoir accompagnés sur ces deux saisons et d’avoir partagé avec eux ces samedis et ces mercredis soirs.

Tous ces voyages en cars, ces entraînement sous la pluie, ces glissades dans la boue et toutes ces passes envoyées n’importe où, dont mêmes certaines qui t’atterrissent à travers le pif (hein, Max ?)…

Et puis à certains moments : quand t’y crois plus, que tu soupires, tu te dis, non, vraiment, on est trop nuls ! On n’y arrive pas… La perle d’un essai, surgit de nulle part, suite à un contre-ruck, avec quatre passes, prise de profondeur, vitesse à réception et soutien pertinent de la famille extérieure des joueurs en avance…

Et Coach Riou, M. Hus et moi – le Bon, la Brute et le Truand – qui nous regardons incrédules et épatés, ne sachant plus s’il faut rire ou pleurer.

Alors, on rigole. Parce qu’on est contents et qu’un essai bien mené, quand la gonfle chante d’une main amie à une autre, pour s’envoler à nouveau, suspendue à son propre épatement, avant d’être aplatie derrière la ligne, avec le sourire béant des enfants pour couronner le tout. Leur fierté et leur joie sans fard, sans anicroche ni crainte, pure et simple : c’est beau.

 

Pour tout ça, messieurs : merci et merci encore.

 

 PS :

Bon, d’accord. Le dernier match, discours ou pas : on l’a perdu.

Tout le monde est entré sur le terrain.

Tout le monde a joué.

Et on prenait 2-0 jusqu’à l’ultime action du match.

Une mêlée sur nos 5 mètres, introduction Auguste.

Elle est bonne à jouer, cette mêlé, s’enthousiasmerait Fabien Galthié sur France 2, dès qu’il constate qu’elle est vaguement équidistante des deux lignes de touche.

Pour le coup, elle n’est pas spécialement bonne à jouer, celle-ci, mais les mêlées n’étant pas poussées sur ce tournoi, on est certain de récupérer la possession.

De derrière la ligne de ballon mort, j’avise Axel, replacé en 10 à la place de Nathan, indisponible.

« Tu la joues ! » que je lui dis.

Le gamin regarde devant lui. C’est rare !

Il regarde derrière lui. C’est plus rare encore.

Gurwan se décale, sur notre ligne d’essai, pour donner plus de profondeur et se donner davantage d’élan.

Le ballon est éjecté par Auguste, la Petite Flamme se lance, Gurwan se lance et derrière Gurwan, Valentin, Julien et Alexandre.

Passe à Gurwan !

Non, en fait, c’était une feinte de passe !

Toute la défense s’y est fait prendre. Gurwan aussi, apparemment, car il sursaute.

Axel pour qui le concept de jouer dans les espaces libres signifie se faufiler dans les interstices des monceaux encombrés, s’insère entre les adversaires et s’engouffre derrière le rideau défensif.

Et on le voit, libre comme un goéland rageur partir talons aux fesses, remonter tout le terrain. Après une dernière frayeur du retour de l’ailier adverse, qu’il égare par un dernier changement d’appuis, il s’en va sans plus d’opposition s’écrouler dans l’en-but adverse.

Un essai façon bout du monde, sur la dernière action de notre dernier match avec notre équipe.

Un essai d’un première année, comme un symbole.

 

Sur la touche les parents et éducateurs exultent !

Certaines défaites vous laissent parfois une saveur délicate, presque victorieuse, dans la bouche.

Un essai pour finir.

Car c’est fini !

BIM. Comme ça !

Grosses bises et à la saison prochaine.

  Pour les photos :

 https://www.dropbox.com/sh/sv8cag3tceecfxd/AAAjIaLkdeWdvhs1EAlKUCQza?dl=0

 

 Julien Pomel

Tournoi du 3 juin 2017 à Sucy U10

Episode 11

Résumé très subjectif du tournoi du 3 juin 2017 à Sucy.

Un drôle de week-end.

Mine de rien, sans trop prévenir, nous sommes presque en été.

A peine a-t-on enfin réussi à s’habituer à ne plus marquer 2016 sur le haut de ton fichier excel ou sur le talon des quelques chèques qu’il t’arrive encore de signer (généralement à un organe administratif ou tout comme), qu’on réalise que 2017 est déjà à moitié grignotée.

Tu t’affoles un peu. Tu regardes autour de toi :

Les demies finales sont passées !

T’en es déjà au week-end de finale pour le Brennus (qui se jouera pour une fois un dimanche). Du coup, tu t’inquiètes, vu que – c’est forcé : t’as raté un épisode…

Alors tu comptes sur tes doigts, histoire d’y faire bien coïncider une remembrance ou pas, d’ailleurs ; quelque chose qui te prouverait que t’as bel et bien été absorbé par un trou noir ou subit un coma assez long, coma dont tu ne te souviendrais pas; même si tu supposes que la cause, quoi qu’il arrive ne peut qu’être éthylique.

· Donc, janvier: il a fait mauvais : terrains impraticables.

· Février : On a joué à Arpajon.

· Mars : On a joué à Montigny et battu Chelles à la maison.

· Avril : Pas de matchs, puis de toutes façons, il pleuvait.

· Mai : C’était le tournoi du Muguet où on a pris cher.

· Et Juin donc : nous voici au tournoi de Sucy.

Non, en fait : tout y est !

Clermont est finale, comme d’habitude…

Tu peux te rassurer, tu n’as pas fait un saut temporel à la façon Marty Mac Fly qui t’aurait privé de la première moitié de 2017. Et tout du moins, si tu as trop abusé de la dive muse de Rabelais – le fait est coutumier – tu ne l’as pas lutiné au point d’en perdre plusieurs mois au passage.

Bon, alors nous y sommes, au tournoi de Sucy.

Je vous le dis d’emblée : je m’en méfie de celui-ci !

Déjà, à cause de nos derniers résultats déplorables (se référer aux deux derniers épisodes de cette chronique) ! Mais surtout, la raison d’une telle défiance tient à ce que, la dernière fois, à Sucy, notre tournoi s’était soldé par une avalanche de blessés. La Machine à tamponner y avait laissé une main, Kylian une clavicule et Jean s’y était luxé l’épaule. A croire qu’il rôde sur ces terrains comme une malédiction qui nous serait particulièrement défavorable.

C’est donc assez circonspect que je me pointe – pas trop en avance, avouons-le.

On ne se refait pas !

Et puis à Sucy, aussi, leurs U10 sont entraînés par Erwan, jeune éducateur dynamique et confrère de promo de certification, dont justement je connais les qualités.

Non, en fait – et en vérité – suis pas méfiant : je suis carrément dubitatif !

Pourtant, nous disposons d’un bel effectif.

Certes, il nous manque nos deux piliers basques Tatane et Andreas, constitutifs de la première ligne briviste si chère à coach Riou. Notre ailier, Julien manquera aussi, ainsi qu’Auguste, notre 9 titulaire. Alan quant à lui n’assistera qu’à la séance matinale… Mais bon: 13 gamins quand même!

Treize, quand tu joues à 10, c’est presque le nombre idéal ! T’es sûr que tout le monde va jouer ; et en plus tu n’as pas trop à te racler la soupière pour les changements.

Mais comme je suis méfiant – et puis Auvergnat, aussi – je m’attarde surtout sur la moitié vide du verre. Va savoir si ce nombre, 13, justement, il ne nous portera pas malheur, encore !

Pour bien commencer la matinée – après un entraînement plutôt calamiteux qui a suscité l’intervention additionnelle de M. Paraire père – nous tombons justement sur l’hôte du jour.

On va devoir se coltiner les U10 d’Erwan.

Je vous le dis, je le sens de plus en plus mal, ce tournoi…

Vu qu’Alan se refuse à m’effectuer une seule passe correcte de tout l’échauffement, par dépit – et puisque je suis Auvergnat aussi, il subsiste toujours un petit fond de méchanceté dans ces bêtes-là – je lui refuse sa position de prédilection au talon. Il sera pilier et pis c’est comme ça !

Nous aurons une première ligne avec Ruben en 2 ; Luka et Max en 1, Alan commencera sur le banc. En 9 on pose Noé, en 10 Nathan. Coach Riou décide de commencer avec une paire de centre constituée de Valentin l’acrobate et de Gurwan le perce murailles. Sur les ailes nous aurons Axel la p’tite flamme, Clément le taiseux, Yannis le discipliné et Jocelyn le vaillant. Alex s’occupera du 15 puisqu’il a pris ses repères au poste.

Le tournoi présentant un nombre resserré d’équipes, nous jouerons nos matchs sur deux mi-temps de huit minutes chacune.

Premier match contre Sucy, donc.

Au bout de quatre actions, Coach Riou, M. Paraire Senior, Messieurs. Bisetti & Dollet pères et moi-même nous entre-regardons, chagrinés.

« Dieu que c’est laid ! » dirai-je.

Coach Riou, adepte d’un parler que l’on qualifiera de plus « enluminé » que le mien, leur tient de la touche un tout autre langage que je ne saurais retranscrire ici.

Erwan, arpente le bord du terrain d’une ligne d’en-but à l’autre, assez mécontent lui aussi.

« Vous faîtes que des rucks ! » m’accuse-t-il.

Ce à quoi, parce que je suis fataliste – et Auvergnat aussi – je rétorque en haussant les épaules, argumentation en trois points, comme à l’école (ça tombe bien, il passe son bac, Erwan) :

« Déjà, on fait ce qu’on peut… Ensuite, on prend pas d’essais, et ça : c’est déjà une fin en soi… Et puis enfin, les rucks, c’est comme le tango : ils se génèrent pas tout seuls. Il faut être deux ! »

Arrive donc ce qu’il arrive souvent quand ça lousine de la sorte.

A un m’ment donné, du gros tas grouillant où s’engluent tous les mômes, avec les rares non participants leurs yeux rivés sur le ballon qu’ils cherchent envers et contre tout à distinguer quelque part dans l’enfouissement général, au lieu de regarder l’adversaire (ça aussi, on ne le répètera jamais assez), bref à un moment, le ballon risque de sortir pour nous, d’ordinaire suite à l’activité de Luka et d’atterrir dans les mains de Nathan qui, lui, scrutait bel et bien le reste du terrain.

De là, notre 10 contourne la fixation générale puis s’en va courir là où il n’y a personne pour remonter le terrain et ouvrir le score.

Piqué par cet essai encaissé, Sucy va mettre les bouchées doubles sur tout le reste de la mi-temps pour revenir. Ils égalisent sur l’une des dernières actions avant la pause.

Passés à la moulinette de l’horloger en chef à l’entracte (il est fort mécontent de cet essai encaissé), nos petiots reviennent avec d’autres intentions.

Plus déliés et entreprenants dans leur jeu, mieux appliqués aux déblayages, aussi, nous leur plantons 3 essais par Alex, Axel et Nathan encore, dont l’un suite à une très jolie chistera en tombant de notre ouvreur à son arrière.

Il y fallait bien cela ! Car ne voulant être en reste, Sucy nous en colle 2, vexés d’être menés au score à défaut de l’être dans le jeu.

Match équilibré, entre deux équipes qui – sur le jour – se valaient mais où nous avons su nous montrer plus opportunistes.

Nous remportons ce premier match 4-3

SUCY vs RCPB : 3-4

Le second (et dernier) match de la matinée nous oppose à Ligny.

Hélas, Ligny n’a réussi à ramener que 7 joueurs. Après quelques débats assez fastidieux entre les organisateurs de droite, ceux de gauche, l’arbitre et les éducateurs, nous finissons par adopter la décision de jouer à 10 contre 10 en leur prêtant Luka, Jocelyn et Yannis.

Bien sûr, et comme d’habitude, me direz-vous, il faut que nos trois lascars prêtés nous sortent le match de la saison.

Ainsi, contre leurs copains, Coach Riou et moi assistons à la démonstration d’un Yannis intraitable sur les plaquages, à celle d’un Luka pugnace qui a soudainement assimilé la règle du hors-jeu (comme ça !) et à celle d’un Jocelyn qui porte enfin la balle pour aller défier la ligne d’avantage.

Coach Riou et moi, on en reste comme deux ronds de flanc, dis !

« Ils nous font à chaque fois le coup, dis ! A chaque fois ! » qu’il me martèle. « Dés qu’ils jouent contre leur copains, ils se réveillent ! A chaque fois la même chose ! »

A force de se mettre des buches aux entraînements, aussi !

A ce jeu-là, Ligny nous mène de deux essais à la mi-temps.

Mais du coup, cette rébellion salutaire de leurs copains, réveillent les ardeurs de nos titulaires – et notamment celles d’Axel, justement scruté par les yeux de son grand-père et de son oncle.

Se découvrant tout d’un coup un débord d’agressivité salutaire, la petite flamme se met en mode emplafonnage systématique option corde à linge tongienne. Il s’en va découper tout ce qui ose avancer davantage que de deux mètres.

Cet excès d’enthousiasme accouche de plaquages un tantinet au-dessus de la ceinture, quoi que peu dangereux en eux-mêmes, mais qui nous valent d’être pénalisés plusieurs fois – et à raison – pour plaquage hauts. Plus grave, il trouve le moyen d’infliger une laide cravate à la gargante à l’ailier adverse qui filait à l’essai. Celle-ci aurait mérité le carton rouge.

Il s’en tire avec une nouvelle pénalité de l’arbitre (très permissif sur le coup) et une épique engueulade de Coach Riou. On l’aurait bien sortit, mais le règlement stipule qu’il eut aussi fallu sortir aussi un joueur adverse, vu qu’avec nos prêts à l’adversaire, nous n’étions plus qu’à 10…

La mi-temps propice arrive sur ces entrefaites, permettant à Coach Riou de reprendre son souffle et d’en remettre une belle couche sur la flammèche, assez vergogneuse il est vrai, mais bougonnant pas mal contre ces adultes qui, décidément, ne sont jamais contents, à vous enguirlander quand vous ne plaquez pas et vous pourrir d’avantage encore quand vous le faites mal.

Menés à la mi-temps d’un essai. Je sens que mes troupes peuvent gagner celui-ci. Alors laissant mon horloger agonir un Axel de toute façon survolté, M. Paraire et moi haranguons le reste des troupes, assez convaincus que pour une fois, ils ont trouvé la bonne carburation.

Les déblayages s’effectuent correctement entre Alan, Ruben et Max. Noé distribue le jeu avec vivacité. Gurwan joue debout en attaque et érige les barbelés en défense, Nathan fait du Nathan. Alex a planté un nouvel essai et les ailiers Clément et Valentin cherchent à relancer.

Sur la seconde mi-temps, nous parvenons à renverser la vapeur, profitant probablement de la fatigue de l’adversaire ayant bénéficié de moins de rotations sur leur premier match.

Finalement, nous plions cette seconde mi-temps grâce à trois nouveaux essais de nos pourvoyeurs habituels, Nathan, Axel et probablement Clément.

Le match se clôture sur la blessure au genou d’un joueur adverse encore une fois pris trop haut.

En plein milieu du terrain Axel lève les mains bien haut, en signe universel d’innocence (ou du malappris, chopé la main dans le sac mais qui se rend devant la menace des fusils adverses) : « Celui-ci, c’est pas moi ! » se disculpe-t-il.

Coach Riou secoue la tête, geste polyglotte avec lequel il exprime à la fois sa lassitude, sa colère, sa mansuétude et même un certain amusement…

« Tu vas voir qu’un jour, avec celui-ci, ça va partir en générale ! »

Il n’est pas avéré qu’une certaine gourmandise n’ait point mâtiné ce propos.

En tout état de cause : LIGNY vs RCPB : 3-4

La pause du midi nous trouve sur ce constat assez étonnant pour nous de deux victoires en deux matchs !

Nous jouons la victoire au tournoi, dis !

Alors, d’accord : on est encore loin des exploits des U8 de Moumout, Olivier et Carlos qui ont planté 34 essais en deux matchs (!!!) au compte-rendu desquels j’inviterai le lecteur plus avant sur ce site.

Nonobstant, pour une fois, nous ne sommes plus le vilain petit canard du lot.

Les pauvres U12 sont encalminés sur ce tournoi par un manque rageant d’effectif ; avarie rédhibitoire d’autant plus plombée par l’abandon irrémissible de leur no. 15, suite à un épique caprice dont il a hélas le secret, né de je ne sais quelle décision d’arbitrage sensément injuste, mais qui lui valut (le caprice, pas la décision arbitrale, s’entend) une engueulade en règle de son éducateur, puis de sa mère, puis de son paternel et enfin de son grand-père, tant cette famille était venue en force à Sucy !

N’est-ce pas Tristan P ?

Quoi qu’il en soit, fidèles à notre réputation, nous arrosons la pause à la manière RCPBienne sous le soleil de Sucy. Après tout, il fait chaud, et en ces pays du Nord de la Loire, il faut savoir tirer parti de toute situation climatique favorable. C’est un bougnat Londonien qui vous l’affirme. Lui aussi est confronté à des soucis similaires.

Comme convenu, notre Alan nous quitte à la pause.

D’ailleurs, la reprise sera longue.

Tout d’abord, Ligny doit jouer contre le RCCC.

Comme ils sont en infériorité numérique depuis la défection de leur joueur découpé par l’un des nôtres (Axel réitère que non, non, il n’y est pour rien !) et qu’elle qu’en soit le coupable, nous sommes bien embêtés tout de mêmes, nous leur prêtons nos joueurs.

Et puis tiens : Puisque tu les as tant aimé : Axel, tu t’y colles !

Ce douteux cadeau fait beaucoup sourire l’éducateur de Ligny. D’autant plus que nous lui prêtons aussi Luka et Maxime, tous deux très batailleurs ce samedi.

Ils s’en portent bien, Ligny, de nos prêts ! Vu que Luka et Maxime, suivant en cela cet adage bien établi que tout U10 du RCPB jouera toujours mieux sous prêt que pour sa propre équipe – à notre grand dam ! avouons-le – Luka et Maxime disais-je ont sorti un match exemplaire, où ils ont ferraillé, porté le ballon, progressé avec rage et mis leur équipe dans l’avancée constante.

C’est ainsi que sous nos yeux ravis – ne boudons pas notre plaisir – nous avons vu ces deux-là porter une vaillante équipe de Ligny vaincre le RCCC (à comprendre Créteil / Choisy)

Notre tour d’affronter Créteil / Choisy arrive.

Faisant souffler Axel, Max et Luka, nous replaçons Gurwan le batailleur et Clément à l’avant pour entourer Ruben. Valentin reprend le centre, Yannis et Jocelyn occupent les ailes.

De ce match, je ne verrai guère que les premiers essais marqués par Choisy où Nathan sort rapidement sur bobo certes douloureux, mais sans gravité.

Clément suit la mouvance en restant au sol suite à un regroupement. Comme il se plaint du genou, les secours arrivent.

La secouriste ayant de beaux yeux, et l’éducateur-narrateur tenant du macho peu futé, je me dévoue pour transbahuter mon lascar sous la tente ! « Pensez, ma p’tite dame, pas besoin de brancard ! Je peux l’porter ! »

Tu parles !

Il pèse comme les pierres, cet enfant ! C’est pas le fils d’un pilier pour rien, le Clément.

Après une pause salutaire pour mes bras (et mon ego) à quelques mètres à peine de la tente, je m’engouffre chez les secouristes pour constater qu’il n’y a pas que chez le RCPB que la malédiction du tournoi de Sucy déploie ses sournoises menées.

Heureusement, plus de peur que de mal pour Clément. Un peu de glace et pis ça s’arrange.

Bref, pris que je suis sous la tente, je ne constaterai donc pas l’égalisation de notre équipe bien emmenée par Maxime, Noé et Luka et par des essais d’Alex et d’Axel.

Le temps que Clément et moi revenions, notre match se termine.

RC Choisy Créteil vs RCPB : 4-3

Première défaite de la journée.

Un peu frustrés par ce revers, un beau contingent de nos U10 se dévoue pour gonfler les rangs de Ligny qui s’en va affronter la VGA, toujours invaincue.

Max, Valentin, Yannis, Luka et la petite flamme en veulent encore.

Bon, allez !

Ça ferraille encore avec nos joueurs complémentant tant bien que mal les rangs de Ligny. Max qui a résolument oublié son frein à main à la maison fait des ravages. Axel a enfin retrouvé l’usage de ses genoux pour se baisser avant les plaquages. Yannis et Luka continuent leurs prestations sérieuses.

Et c’est une belle opposition qui est proposée à la VGA de Saint-Maur sur ce match.

Par contre, la VGA tournait vraiment au-dessus cet après-midi.

Ça ferraille vaillamment, ça meurt les armes à la main, mais ça perd néanmoins. Pour l’épisode croquignol, la Petite Flamme a pris la succession d’Alan, dont il est vrai, les frasques nous manquent. Alors, sur sa ligne d’en-but, il chaparde un ballon au porteur de balle, et le voici qui, d’un crochet, remonte toute le terrain le long de la ligne de touche pour marquer sans plus d’opposition. Evidemment, il gratifie la galerie d’un beau plongeon à la fidjienne qui fait hurler de rire Coach Riou : « Je te jure qu’il va nous la faire finir en générale, un jour ! »

Et là, au ton : y a pas de doute ! Il s’en délecte d’avance, mon coach Riou.

Le grand-père grognonne quelque chose sur l’humilité ou, en l’occurrence, son manque. Mais c’est normal. Il est Auvergnat, le grand-père. C’est pas démonstratifs, ces engins-là !

Quoi qu’il en soit, nous dépêchons Noé aux éducateurs de Ligny pour qu’il supplée son compère.

Sur la suite de ce match, l’après-midi avançant, le cruel diktat présidant au tournoi de Sucy reprend ses droits.

Valentin reçoit un coup derrière la tête, sans gravité, mais quand même, nous préférons l’arrêter pour le restant de joyeusetés.

C’est donc privés des élégantes arabesques de notre centre / ailier et de Nathan que nous devons affronter la VGA pour une sorte de finale.

Déjà que d’ordinaire, la VGA, c’est du velu, mais sans Nathan et en fin de journée, ça devient un peu mission impossible, vous savez avec le générique qui fait TIN TIN TINTINTIN, doudoudouuuuuu, doudoudouuuu…. Et Tom Cruise qui saute de l’immeuble.

Mais bref.

M. Huss débarquant sur ces entrefaites, Clément se remet illico de sa blessure au genou. Hop : sur la pelouse, au centre !

Avec une charnière Noé-Axel. Un Alexandre à l’arrière, des centres Clément – Gurwan, des ailiers Yannis – Jocelyn dont la maman arrive aussi. Et puis devant : les rugueux Ruben Max et Luka.

Comme dans le poème, dis : Nous partîmes à 13 ! Nous ne sommes plus que dix…

Depuis l’début que je vous dis qu’il faut s’en méfier des terrains de Sucy !

Contre la VGA, nous bataillons avec vaillance.

Malgré un Gurwan intraitable au centre, très vite suppléé par un Jocelyn kamikaze et solidaire des assauts incessants de cette belle équipe de Saint-Maur, nous reculons et reculons. A force, nous en prenons deux !

En témoignage de ces joutes rudoyantes, un joueur de Saint-Maur écope d’un carton rouge pour un plaquage haut.

Au milieu du terrain, Axel lève les bras : « C’est pas moi ! »

Comme la VGA, eux-aussi, n’ont plus que dix joueurs, nous faisons ressortir Clément.

Il ne tarde pas à rentrer à nouveau vu que sur l’action suivante, c’est au tour de Jocelyn de se faire maraver le bras.

La mi-temps est sifflée là-dessus, pendant que je m’en vais apporter mon petit ailier en larmes – les premières de la saison, malgré quelques tampons mémorables – jusqu’à sa maman pour qu’elle l’achemine à cette maudite tente enfantropophage, là-bas, qui préside au centre des terrains.

A la mi-temps nous faisons cercles épaules contre épaules.

Allez, les gars : faut pas lâcher ! C’est la dernière mi-temps ! On y croit !

Seconde mi-temps, à 9 contre 9 : même punition. 2-0 encore.

Mais à noter la fierté des garçons qui n’ont pas lâché l’affaire, ni baissé la tête contre une équipe qui évoluait un ton au-dessus.

VGA vs RCPB : 4-0

Très belle prestation encore de notre première ligne, Ruben, Luka et Maxime, bien supportés encore dans le combat par notre Gurwan, dont l’activité rugbystique s’effectue au rebours diamétral de l’agitation de sa langue. Le discours, de ce gaillard-là, s’effectue sur le pré, et uniquement sur le pré.

Privé d’avancée claire (contre la VGA), Noé a fait au mieux pour trier les ballons. De bons matchs à mettre à son crédit.

Alan – spolié de son poste préféré – n’aura pas démérité sur le matin ; beaucoup plus appliqué dans les matchs qu’aux entraînements !

Alexandre nous a gratifiés de son écot d’essais habituels suites à de belles accélérations du fond du terrain. De très bons matchs de sa part, et notamment en défense. Il s’est approprié le poste d’arrière après une très belle progression cette année. Il est prêt pour les U12 !

Collé à la ligne de front, comme toujours, Nathan nous a sauvé plusieurs situations chaudes et nous a marqué les essais qui ont permis ses copains de se mettre sur les bons rails. Comme toujours ! Nathan, c’est une sorte de Bayard moderne : sans peur et sans reproche + la playstation.

Axel aura été assez mentionné plus haut pour nous attarder davantage sur son cas.

Placés à l’aile et souvent bichonnés par l’adversaire dès qu’ils recevaient la balle, Yannis, Valentin et Clément auront fait avec les moyens du bord. Volontaires, ils n’ont pas abdiqués et n’ont jamais vomi les ballons au contact, assurant la conservation.

La même chose pour Jocelyn, avec une petite étoile « acharnement défensif » en plus. Il s’en sort avec une contusion du coude qui – touchons du bois – ne devrait pas le priver du tournoi du Plateau Briard samedi prochain.

Si – contrairement aux matchs précédents – nous avons avancés pendant ce tournoi, on le doit beaucoup à nos ailiers qui ont su monopoliser les défenses pour libérer les espaces à leur ouvreur, leur arrière et leur second centre qui ont fait fructifier la feuille de match.

Dur de trancher entre Maxime et Luka pour la mascotte.

Nous arrivons seconds sur ce tournoi.

A la faveur des victoires du matin, surtout, mais ne boudons pas notre plaisir ! Quand je vous disais que le travail (et la foi) finissait par payer !

Bravo aux garçons !

La récompense est méritée, même si par l’une de ces manœuvres étonnantes dont Coach Riou et moi détenons le redoutable secret, Carlos, M. Dollet et votre serviteur nous sommes retrouvés sans gamins pour recevoir le trophée !

Un drôle de week-end, vous titrai-je.

Nous gagnons une coupe, ce qui au su de notre piètre prestation du tournoi du Muguet s’avère carrément inespéré.

Et puis, au soir…

Rentré chez toi, t’apprend que deux ou trois retardés mal conçus dans leur camionnette s’en vont écraser les gens sur London Bridge puis poursuivre le massacre au couteau à Bourough Market, entre Brindisa et la Southwark Tavern, ton pub local ; à l’endroit même où tu prenais le café avec ton beau-frère, avant d’aller au boulot.

A deux pas de ton ancien bureau… Pas très loin des nouveaux, d’ailleurs. Que tu passes par ce chemin presque tous les jours…

Et tu te dis que toi, aussi, aux samedis de chaleur, tu as cherché, une pinte à la main, la fraîcheur de la rivière en flânant le long des ponts, Southwark, Millenium, Charing Cross, London Bridge ou Westminster…

Tu y as été, toi aussi, là, au milieu de ce pont, peinard avec ton reste de bière, insouciant et naïf, à rigoler avec les potes ou à galocher ta copine. Les pieds sur le tarmac jeté au-dessus de l’eau noire, ni sur cette rive, ni sur l’autre, car un pont, c’est un endroit entre parenthèses, suspendu entre deux mondes, avec l’eau en-dessous et le ciel au-dessus. Un pont, c’est un lieu de recueillement entre le bord que tu quittes et la berge que tu rejoins. Ils devraient être privilégiés, les moments que tu passes sur les ponts, car avancer dessus, c’est toujours faire acte de confiance. Quand tu avances sur le pont, tu marches sur un lieu à part avec la certitude chevillée à l’âme qu’il ne va pas s’écrouler. Tu fais confiance à ceux qui l’ont battis, mais aussi aux milliers d’hommes et de femmes qui avant toi et autour de toi, le traversent, tous aussi insouciants que toi… Certains mêmes te sourient avec leur reste de bière, une jolie fille au-bras.

Jusqu’à ce que ces gros débiles viennent pulvériser tout ça, en faisant de ce lien de partage, un trait de carnage….

Drôle d’époque que nous vivons, vraiment !

Et puis, car nous sommes décidément de drôles d’animaux, le lendemain, anxieux et toujours naïf, tu regardes quand même la finale de Clermont à la télé.

Pas que tu espères grand-chose, vraiment. C’est une finale habituelle, avec Clermont dedans, alors… Clermont qui joue à la Clermont pendant 20 minutes, les temps de mener 13-0, et puis se met à jouer à la Toulonnaise pour les soixante restantes où elle voit les centres-bulldozers adverses renverser ses piliers et mettre KO ses deuxième lignes…

Drôle de rugby !

Et drôle de finale.

Car Clermont gagne.

(…)

J’en reste sans voix, dis.

Oui : même moi !

Bravo (et merci) à ceux qui ont tenu jusqu’au bout !

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Julien Pomel

U10 Episode 9

Episode 9

Résumé très subjectif du Tournoi du Muguet – 29 Avril à Limeil Brévanne.

Orages ! Ode aux espoirs ! IÔ jeunesse ennemie !

 Samedi : c’était le tournoi du Muguet.

Le premier gros tournoi de l’année !

Bon…. Comment qu’on va vous la faire, celle-là…. Comment dire… Et surtout par où commencer ?

Par la fin !

C’est plus court, quand tu commences par la fin. Miles Davis, dans son autobiographie conclut d’ailleurs sur le constat qu’il a toujours attaqué un morceau sur le premier temps. C’est ça, sa conclusion !

Une sorte de mise en abime d’ourobouros (l’ourobouros, c’est le serpent qui se mord la queue) par laquelle il conclut sur la manière dont il commence.

So What !? (pour ceux qui s’y connaissent en jazz, c’était un jeu de mot).

N’en déplaise à Miles, pour ma pomme : je commence par là où ça s’est fini samedi dernier.

Derniers, justement.

18ième sur 18 !

Voilà.

En vérité, on devrait s’arrêter là, car il n’y point grand-chose d’autre à dire.

Mais bon, comme il s’agit de moi écrivant ce compte-rendu, vous vous doutez bien qu’un tel souci de concision ne sera jamais mon fort et il en ira probablement de ce résumé comme des autres, c’est-à-dire que sa longueur souffrira du nombre de places subies au classement général. A comprendre que moins bien nous sommes classés, plus le résumé sera long. Je me distinguerai en cela de mon excellent confrère des U8, Carlos qui, ayant manqué d’un petit cheveu de remporter le tournoi de samedi dernier nous aura pondu un compte-rendu de 12 phrases en tout ; salutations et remerciements inclus.

Résumé que j’inviterai tout le monde à lire un peu plus bas sur ce site.

D’ailleurs, il aurait eu tort de trop se racler la soupière, le père Carlos. Tout son résumé quant à l’attitude de ses petits tiendrait en un seul mot : EXCELLENTS !

Une fois l’adjectif lâché : pas trop grand choses à gloser de plus, il est vrai. Bon, pour nous ce fut une toute autre affaire ! Ils sont seconds, on termine dix-huitième, j’ai neuf fois plus à dire. Ça se tient…

Donc, pour nous disais-je, ce fut une autre affaire. Sportivement tout du moins. Parceque pour le côté social de la chose : non, vraiment… Parfait ! Un tournoi digne de nos évènements habituels, avec le beau-temps en prime et les boutanches à foison pour le repas ; le café pour faire passer tout ça et le pousse-café pour te dissoudre l’ensemble !

Une super ambiance avec beaucoup de parents venus nous soutenir ; et certains grands-parents par-dessus le marché !

Non, vraiment parfait : rien à dire !

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Alors, indéniablement pour le côté sportif…

Coincés entre les U8 qui arrivent deuxième et les U10 qui se font sortir en quarts de finale (en demie d’après Tristan) : on fait carrément tâche. Pour parler crûment. A tout vous avouer, rien ne laissait présager à telle débâcle.

15 gamins sur les 17 de notre effectif : Allan, d’ordinaire préposé au talon en visite à Poitier et puis notre Auguste – no. 9, dont la pugnacité, surtout, il est vrai nous fit défaut. Un bel effectif donc pour un tournoi qui s’annonçait magnifique. Généralement, pour le tournoi du Muguet, nous nous tapons un temps pourri. Pas samedi dernier !

Bien au contraire, un climat magnifique ; trop chaud, d’aucun dirons, probablement handicapant pour Luka, à la rigueur. Mais de là à chipoter pour excuser les quatre défaites (sur quatre matchs) du matin…

Non c’était pas le jour, quoi !

Alors, pour la matinée, la grille des résultats :

 RCC vs RCPB : 2-0

Vincennes 1 vs RCPB : 2-0

Vitry vs RCPB : 7-0

RCVB (Val de Bièvre) vs RCPB : 5-1

16 essais encaissés pour un seul marqué, dis !

C’est bien simple, je ne me souviens pas passer dans les 10 mètres adverses de toute la matinée. Sauf pour l’essai de Nathan contre le Val de Bièvre, où suivant en cela les conseils avisés de M. Hus, notre ouvreur a joué son renvoi rapidement et après une merveille de renvoi s’en est allé marquer son essai tout seul. Petit exploit individuel, il est vrai, magnifiquement exécuté, j’en atteste, mais pour la prestation collective : on repassera. Au terme du premier match, perdu contre le RCC, un Coach Riou sensiblement énervé me refile le planchot où il annote ses observations.

Pas de plaquage

Jeu en tas

Pas de déblayage

Pas de marquage

Joueurs arrêtés et statiques.

Repiquent toujours dans le tas

Vous aurez à peu près compris le problème. Clairement on est à des années lumières de nos dernières productions face à Chelles, voire même celles des semaines précédentes contre Versailles (ou le Chesnay, point toujours non élucidé). Pas que nos joueurs semblent afficher une quelconque reluctance à jouer ou même à s’entraîner, notez-bien. Mais une fois sur le terrain : plus rien. Pas grand-chose en défense où l’on avait l’impression de voir les adversaires slalomer entre des piquets et puis le néant à peu près total en attaque. Alors, en toute objectivité, il s’agit surtout des deux premiers matchs qui s’avérèrent catastrophiques ; le premier surtout, qui donna – hélas – le ton pour toute la journée à venir.

Le RCC était largement à notre portée.

Et pourtant, malgré un effectif apparemment motivé, nous avons totalement déjoué, prenant deux essais logiques ; dominés, certes, mais avec cette rageante impression que l’équipe n’a pas encore enclenché la seconde. Ensuite, Vincennes 1 qui allait se retrouver en finale était à ce moment là encore prenable. Nous prenons encore 2-0, mais cette fois-ci, avec la diffuse conviction qu’ils nous étaient probablement supérieurs. Ensuite, au vu de la prestation impressionnante entre Vitry et le RCVB, M. Huss et moi avons tout de suite compris que le reste serait compliqué. « On joue la poule basse, hein… » qu’il me dit quand on constate que Vitry te colle des essais à l’aile avec toute la ligne d’arrière qui touche le ballon. « On va pas trop avoir le choix, si tu veux mon avis… ». Manque de chance, le troisième match c’était bien contre Vitry.

Outre deux ou trois gabarits culminant deux ou trois têtes au-dessus de nos petiots, Vitry, ils ajoutent une belle volonté de faire vivre le ballon jusqu’en bout de ligne sans jamais s’arrêter au sol. L’honnêteté pousse aussi à confesser que confrontés l’arrivée de leurs mastodontes lancés, les nôtres – Axel en tête, momentanément replacé à l’ouverture – n’avaient guère d’appétence à aller s’éclater la frimousse dans les genoux adverses. Ceux de Vitry qui n’en demandaient pas tant ont donc eu tout le loisir de nous mettre une belle trempe. 7 essais à 0.

Commentaire sur le planchot de Coach Riou :

De la Merde !

Formule lapidaire que je ne me gênerai pas de répéter mot pour mot à mes protégés dans le speech d’après-match. Après tout, regardons-nous en face, le rugby demeure un de ces derniers domaines un peu sauvage où le langage renâcle encore férocement au « politiquement correct ».Suit un match un tantinet plus équilibré contre le RCVB entraîné par Maximilien (il fait partie de notre promotion de formation fédérale). Mais là encore, le mal est fait ; entre une équipe sur une dynamique ascendante et la nôtre, démoralisée par sa défaite précédente, nous récoltons une défaite méritée, malgré un sursaut salutaire à 3-0 avec l’essai de Nathan mentionné plus haut.

Malgré cette étincelle, le RCVB, belle équipe bien équilibrée qui allie beaux gabarits et joueurs rapides, nous est supérieur cette saison. Le match finit sur un 5-1 mérité. L’heure du repas met un terme salutaire à nos exploits.

Pour consoler un Coach Riou particulièrement dépité, j’ouvre un Bourgogne 2010 ramené par les soins du Père Pomel. Peine perdu ! Le résultat tombe pendant la dégustation goulayante. On est dernier. « Jamais vécu quequ’chose pareille ! » se décourage mon compère. Pour éviter de lui répondre, j’assèche mon verre. Et puis, tiens ! du temps que j’y suis, armé d’une bouteille, je m’applique d’aller remplir tous les gobelets de tous les adultes dont je croise le chemin, histoire de me donner une excuse à remplir le mien. Il est peu probable que cela nous fasse mieux jouer l’après-midi, mais au moins, ça occupe l’esprit ! Messieurs Dollet et Bisetti pères m’assistent dans cette salutaire mission, mais en compagnie seulement pour M. Dollet père, se refusant à goûter des nectars pour la spécieuse raison de mal se remettre de l’entraînement de la veille.Après une pause assez longue passée sous un cagnard vindicatif, nous pouvons reprendre les débats. Hélas, contrairement aux années précédentes, nous n’avons même pas le droit à la poule basse. Nous disputerons trois mi-temps de classement contre l’équipe 2 de Vincennes pour l’avant dernière place. Devant l’air excessivement désabusé de notre Coach Riou, M. Hus et moi tentons une téméraire relance. Chacun y va de son speech devant une équipe de garçons s’endormant au fil des minutes ; sauf pendant la harangue de M. Hus, bien sûr. Mais je défie quiconque de se laisser plomber par l’envie de ronquer devant les yeux riboulants et l’air furibard de M. Hus quand il vous explique qu’il vous sort le premier qui manque un plaquage !

Dans mon style moins abrasif, je leur explique ce qu’on attend : Noé toujours en soutien du Porteur de balle, Nathan place les joueurs derrière toi, chacun reste démarqué tant que le joueur placé avant lui n’a pas encore le ballon. On prend de la profondeur. On reste en escalier….

Bref, rien de bien folichon ; ça fait juste 20 moins qu’on les répète et les fait pratiquer pour les seconde années.

Trois mi-temps de 7 minutes chacune contre Vincennes 2, donc.

21 minutes pour échapper à cette infamante 18ième place.

Le début de la première mi-temps nous rassure.

Nathan, Axel et Alexandre nous marquent un essai chacun. 3-0 au bout de 3 minutes.

Trois essais, avouons-le bien menés avec des passes, dont deux qui aboutissent jusqu’à l’aile.

Coach Riou retrouve momentanément son entrain.

« Dis, c’est la première fois qu’on pousse aussi loin ! » me lance-t-il sur la touche au niveau de dix mètres adverses alors que nous suivons leurs évolutions.

Mais prudence !

Le soufflet tombe aussitôt.

Nous prenons deux essais coups sur coup en retombant dans nos travers défensifs.

Victoire 3-2.

Le second match enchaîne rapidement.

La pente douteuse se confirme.

2-2.

Nous tentons de les réveiller à nouveau pour le dernier match.

Hélas, nous perdons 2-1 ; probablement un peu cruellement d’ailleurs car les deux essais accordés par le jeune arbitre me semblent entachés d’une faute technique ; ce qui n’enlève rien à la vaillance des garçons de Vincennes qui n’en avaient pas moins traversé notre défense avant que Clément et Axel ne se jettent (il me semble tout du moins) entre le ballon et le sol sur le premier essai accordé ; et que leur joueur ne lâche le ballon avant de l’aplatir (mais là encore l’action n’est pas claire) sur leur second. Egalité 6-6 sur ces trois mi-temps ; largement à notre portée, là encore. Nous récoltons donc cette infamante dernière place à la faveur d’un meilleur classement en poule de notre adversaire postprandial.

En Conclusion.

Personne n’a joué à son niveau samedi.

Telle est la première évidence.

Nous accolerons une petite nuance pour Nathan qui a fait son travail, comme toujours, maintenant l’équipe à flots en défense, marquant deux essais ; clairement notre fer de lance. Noé poursuit sa formation au poste de « prémaledilection » familial (à comprendre à la mêlée). Il aura marqué un essai lors du second match de l’après-midi. Malgré les mauvais résultats, on ne pourra pas lui reprocher de s’être mal débrouillé, l’équipe n’ayant que très peu touché le ballon. La même chose pour les ailiers et arrières, Julien, Jocelyn, Clément et Alexandre. Axel a été trimballé à tous les postes du 9 au 14. Il aura finalement marqué en position d’ailier un bel essai construit par les copains et bien fini sur un joli sprint le long de la ligne de touche. A son débit : un coup de pied de dégagement ne trouvant pas la touche, droit dans les bras adverses favorisant la relance puis l’essai encaissé. Gurwan, au centre, a bataillé comme à son habitude, faisant œuvre de vaillance et de gaillardise ; du Gurwan quoi… Un autre qui aura bataillé est Maxime que j’ai vu plusieurs fois attaquer la ligne plein fer – hélas toujours dans notre camp. Luka s’est mis au diapason de son pote inséparable, jouant debout aussi, se méfiant probablement de ce terrain trop sec à son goût. Mais poussant, poussant et poussant. Un qui a plaqué, par contre, c’est Yanis et ceci malgré son retour de douleur à la cuisse en fin d’après-midi. Lui non plus – placé à l’aile – n’aura guère touché de ballons d’attaque. Il en aura d’autant moins touché que, enfant discipliné, il n’accomplit guère cette tendance des ailiers made in RCPB qui est d’aller se frotter la couenne dans le tas quand on commence à en avoir marre d’attendre la balle. N’est-ce pas Julien et Jocelyn ? On espère en tous cas qu’il se remettra vite.

Pour ce qui est de notre première ligne Briviste Tatane-Ruben-Andreas, ils ont surtout paru frustrés que les mêlées soient simulées. Ils s’en sont d’ailleurs beaucoup insurgé lors de mon briefing d’après match. « No Scrum, no Win » m’expliquent régulièrement mes copains anglais. Certes, mais nulle part est-il écrit que la défaite doive obligatoirement solder les matchs à mêlées simulées.Quoi qu’il en soit, j’aurai la candeur de vouloir croire que sans l’apport pénible et usant de notre première ligne sur l’adversaire, c’est toute notre équipe qui fut finalement pénalisée par ce manque à gagner. Messieurs Hus et Riou ne me contrediront pas quand j’avance que rien de tel qu’une bonne mêlée pour entrer dans un match. Et nous justement, c’est dans tout le tournoi où nous avons failli à entrer.

On trouve des excuses là où l’on peut !

D’ailleurs, du temps que j’y suis et pour continuer dans mes illusoires justifications, le farfelu d’Alan et la mobilité extrême d’Auguste nous auront probablement manqué samedi ; le premier nommé ne gâchant jamais une occasion réveiller ses copains et le second de fluidifier leur jeu. Enfin, Valentin au lui aussi été essayé au centre, à l’aile, à l’arrière et même à l’ouverture ! Sans que ces changements de poste n’amènent beaucoup plus de ballons touchés. De toute façon, nous avons passé notre temps à reculer. Il n’aura donc pas pu développer les arabesques de ses crochets habituels, ce qui s’avère excessivement dommage vu que ses grands-parents avaient fait l’effort de se déplacer. D’ailleurs je ne serai sans remarquer que pour la seconde fois que la famille Voillot au presque grand complet vient nous regarder, nous jouons comme des pieds !

La chose est rageante et les réputations se bâtissent pour moins que ça !

Finalement : la mascotte reviendra aux parents pour leur aide précieuse lors du déjeuner, leur présence et leur longanime gentillesse ; avec une mention spéciale pour Audrey qui nous a fait les courses.

Une dernière remarque.

En relisant mes comptes rendus des matchs précédents, je subsume que notre équipe montée d’un moteur diesel semble peut-être mal outillée pour ce format de matchs de tournois (7 minutes) où il faut se donner à fond tout de suite. Généralement, nous avons besoin d’une mi-temps au moins pour prendre la mesure de notre adversaire et redécouvrir notre jeu. Ce luxe, lors des tournois à venir nous est évidemment interdit et il va falloir se remettre au travail sérieusement pour les motiver à se donner à fond immédiatement. Alors, on va baisser la tête et s’y filer sur les semaines qui arrivent.

Le tournoi de Sucy arrive vite. Et moi, j’en ai marre d’avoir l’air d’un guignol devant mes copains de promo.

 

Résumé du tournoi du 24 Mars U10

Episode 8

Résumé très subjectif du tournoi du 25 Mars à Pironi

Où Nathan assassine par deux fois l’adversaire, où Axel marche sur l’eau, où les éducateurs découvrent que Max était gaucher et où Luka marque un essai. Déjà, quand t’apprends que Coach Riou sera pas là, tu te dis : « Attends-toi à tout ! ».

Parce que, voyez-vous, un match de rugby U10 du RCPB sans coach Riou qui fulmine le long de la ligne de touche, c’est un peu comme un chat sans poils. Cette mignonne expression est signée par notre ailier Jocelyn. J’en aurais d’autres, des expressions illustrant ce propos, certaines impliquant des chats, ou des poils aussi, mais bon, elles ne seraient ni aussi mignonnes, et probablement ni aussi judicieuses. Donc nous nous retrouvons tous les deux, M. Huss et moi, orphelins de Coach Riou pour ainsi dire, mais néanmoins assistés des messieurs Bisetti et Dollet pères.

Pour ceux qui l’auront oublié, samedi dernier : soleil radieux et chaleur printanière au programme.

Bienvenue au RCPB ! On joue à la maison, on est en bleus !

Samedi c’est rugby !

Ce ne sera que la seconde fois qu’on joue à domicile cette année, nous avons foule :

Dom rode avec son bloc note le long des lignes de touches, croisant par à-coups notre président qui glisse par ici lui aussi, mais dans l’autre sens, l’un grognant, l’autre débonnaire. De notre côté, messieurs Bisetti et Dollet pères, s’appliquent avec un talent certain à ne jamais croiser les évolutions crépitantes du Dom qui, faute d’autre cible, s’en prend donc à mon arbitrage dont – il est vrai – le côté un peu rocambolesque se porte volontiers à de tels orages. Rémi des U12, dans son compte rendu, aura qualifié le terrain de « souple ». C’est surtout le terrain des U12 qui était souple, pour tout dire. Nous autres, en U10, nous avions récolté l’obvers de la médaille pironnienne : c’est-à-dire, le côté boueux ; avec les deux grosses flaques vers le milieu. Un seul match, samedi, contre Chelles, vu que Vincennes nous fait faux bond.

Etant préposé à l’arbitrage tout l’après-midi (encore merci la fameuse formation !) M. Huss – libéré pour ainsi dire – nous concocte la composition d’équipe, ses rotations et ses speachs d’entre match. Vu qu’il a l’air en pleine forme, t’en frémis d’avance pour les gamins.

Nous ne souffrons que de deux défections, Yannis, toujours en délicatesse avec sa cuisse et Valentin.

Les premières lignes classiques : Tatane, Andreas, Ruben, Luka, Maxime et Allan.

Les charnières classiques aussi : Auguste / Noé pour les neuf ; Nathan / Axel pour les 10.

Gurwan prend le numéro 12 ; Axel et Clément le numéro 13 ; les ailiers seront Jocelyn, Julien, Noé et Clément. Les 15 sera Alexandre, assez souvent supplée aussi par Clément que l’on peut vous coller un peu à toutes les sauces des lignes arrières (et probablement des lignes avant ; mais ça c’est une autre histoire).

Très scolaire : je donne trois directives à ma marmaille pour le match de l’après-midi (3 mi-temps de 10 minutes chacune).

1)      Du plaquage

2)      Défense individuelle (chacun regarde son vis-à-vis et se poste en face ; ainsi, si l’équipe a un peu plus de rugby que nous : et ben, en fait, quand leurs attaquants se sortent de la grappe, ta défense fait de même et s’étire ! C’est malin, sauf que ça suppose que ton adversaire ait plus de rugby que toi. Dans les faits, eh ben… Chelles sont tout aussi entassés que nos petiots, donc du coup, tout le monde reste en gros tas bien pourrave au milieu… Rien ne change, me direz-vous ? Si : la consigne d’avant match, justement.

3)      Troisième consigne, en attaque, cette fois : je ne veux plus qu’on s’arrête de jouer quand un copain part seul avec le ballon. Je veux toujours un ou deux joueurs immédiatement en soutien avec lui.

Je sais, ça ne fait pas beaucoup, trois consignes ! Ça paraîtrait basique, même, mais pour tout dire, je redoute mon excès d’ambition avec cette diversité ; car si vous vous rappelez bien des consignes d’avant match édictées par Coach Riou la semaine d’avant :

1)      Du plaquage.

2)      Du Plaquage.

3)      Et en trois : du Plaquage.

Chelles dispose d’un beau petit groupe assez gaillard et dotés de gabarits généralement plus étoffés que les nôtres, mais d’une manière générale moins mobiles.

La première mi-temps se solde par une bataille de tranchées digne du centenaire de la grande guerre à la différence près qu’aucun des combattants n’est poilu.

Heureux de se frotter à du charnu, nos premières lignes s’en donnent à cœur joie droit devant, plein fer et tu pousses. Auguste n’arrivant pas à sortir la gonfle de là s’y met à son tour et ça lousine à qui mieux mieux ; à l’ancienne quoi !

Et dire qu’il fait beau…

A ce jeu de grands poètes, on concède un essai.

Par la seule envolée valable de la première mi-temps, Auguste arrive à sortir la gonfle d’une grosse mêlée où sont allé s’embourber les premières lignes, transmet à Nathan qui a vu Alex venir sur son extérieur. Passe vers la ligne. Essai.

Un essai d’ailier, dis ! Et de première main, qui plus est !

Alors, Dom ira me chipoter après qu’il a vu M. Bisetti fils plonger dans l’en-but les pieds en avant et toucher la zone de ballon mort avant d’aplatir.

Il a de meilleurs yeux que moi, Dom.

En tout état de cause, je l’avais déjà accordé, moi l’essai.

Un à Un pour la première mi-temps.

On souffle un peu vu que ces joyeusetés ont quand même entamées les organismes et on y retourne ; cette fois-ci avec le soleil dans le dos. A la consternation générale, Tatane se plaint de douleurs à la tête et cède sa place pour le reste de l’après-midi.

Au temps pour moi qui le croyait indestructible, cet enfant !

Luka qui a enfin remarqué la flaque, cette irrésistible friandise qui orne tout un pan de terrain, s’en vient le suppléer avec un regain d’enthousiasme qui me fait dire que, non, les grandes envolées rugbystiques, ce ne sera encore pas pour aujourd’hui.

Heureusement, on se fait cueillir un peu à froid dès le début de la seconde période par un essai tout en puissance de Chelles.

Vexé, Nathan s’en va jouer la mise-en-jeu rapidement, profitant de la lenteur de replacement adverse et surtout qu’ils aient le dos tourné.

Coup de pied superbe, qu’il s’en va récupérer lui-même puis aplatir à la grande stupéfaction Chelloises.

Vu que j’accorde (à raison, cette fois-ci) l’essai, il me faut encore me dépatouiller des hauts cris d’écharpés des parents adverses qui ne trouvent pas cette façon de faire « éducative ».

Ce à quoi, M. Huss avec sa bonne gouaille belliciste de première ligne qui jamais ne répugna à aller se frotter un peu le couenne à la rudoyante, là, pour voir… Ce à quoi M. Huss, disais-je, rétorque que pour l’aspect éducatif, déjà, il faudrait en premier lieu expliquer à leurs enfants de ne jamais tourner le dos au ballon !

L’incident clôt, nous reprenons donc le match.

Nous en sommes à 2 – 2.

Mais voilà, les petiots de Chelles, plus lourds que nous commencent à fatiguer un peu. Ils y mettent toutefois de l’ardeur, repoussant toute l’équipe jusqu’à notre ligne d’essai. Mais voilà, Andreas arrive à chaparder le ballon des bras d’un adversaire, Gurwan s’en empare à son tour pour le donner à Nathan revenu dans notre en-but.

Mais là, au lieu de taper, Nathan, qui a bien vu le trou, contourne tout l’entassement jusqu’à la ligne de touche et là met les cannes sur les 50 mètres pour remonter tout le terrain. On lui donnera un 10 sur 10 pour la note artistique du plongeon en marquant, pas foncièrement nécessaire, il est vrai, mais quand même, très gracieux. Surtout la roulade de réception sur la fin… Alors, heureusement que Coach Riou n’était pas là, vu que j’entends d’ici la soufflante qui aurait recoiffé notre ouvreur pour cette fantaisie peu compatible avec les règles de la sécurité en général. Quoiqu’il en soit, cet essai assassin – en plus de tuer proprement le courage chancelant de petits Chellois – a eu pour effet immédiate de décanter le match. Axel la P’tite Flamme, très envieuse du plongeon magnifique concocté par Nathan se met en tête d’en commettre un lui aussi, de plongeon ! Dieu nous garde !

Le voilà qui sort de sa boîte (on parle de la P’tite Flamme, pas de Dieu, vous m’aurez compris !). Alors, tout d’un coup beaucoup plus appliqué, il se souvient brutalement des consignes d’avant match et lors de l’action suivante, prend correctement l’extérieur de Julien venu relever le ballon pour se faire servir au cordeau, déborder un défenseur le long de la ligne de touche et aller marquer son essai à son tour : deuxième plongeon (note artistique non divulguée).

4 à 2 pour nous.

Chelles commence à lâcher prise, heureusement bien remis en route par leur éducateur.

Ils nous en marquent un autre. Mais, nous, ça y est ! Nos arrières ont enfin découvert où était caché le frein à main et du coup, le débloquent. Nous les punissons une fois encore sur un mouvement assez léché et encore initié par une phase de fixation de nos avants, une sortie de balle rapide de Noé et puis un pilonnage en règle de Clément qui d’une manière ou d’une autre, finit par enfoncer les barbelés désormais friables de Chelles.

Fin de seconde mi-temps.

  1. Dollet Père tient le score (et le chrono) : 5 – 3 pour nous.

Je vais voir si Chelles en veut encore, car pour les nôtres : c’est oui !

Ça tombe bien, Chelles se sentent plutôt d’y retourner.

Le jeu reprend, débridé.

1 essai partout au bout de deux minutes. Mes petiots ont compris que l’opération porte ouverte est lancée chez l’adversaire, du coup ils en oublient la consigne la plus chère à coach Riou ; sauf Ruben bien sûr, car c’est un enfant très discipliné, notre Ruben.

Mais voilà, c’est quand même un jeu, le rugby, où à la fin, celui qui gagne est celui qui a en le plus marqué. Donc, un peu à leur façon désordonnée, mes petiots s’y collent, les mêmes recettes donnant peu ou prou les mêmes brouets.

Chez nous, c’est souvent un peu la même chose :

Noé et Axel envoient.

Allan et Gurwan chargent.

Andreas et Luka poussent.

Julien et Jocelyn ramassent.

Ruben ronchonne.

Et ainsi de suite.

A chaque occasion, Nathan arrose le camp adverse des grandes quilles. Où que tu pointes ton œil sur le terrain, tu y trouveras Auguste en train de courir. En fait, Auguste, c’est un peu comme le Nighcrawler des X-men (sans la queue et les oreilles en pointes) : il joue en bleu et il se téléporte. Très en jambes Alexandre, Clément, Julien et Gurwan nous assurent la domination territoriale. La gonfle circule à peu près sur la largeur et malgré un en-avant grotesque d’Axel qui échappe le ballon de ses mimines sur une passe pourtant parfaite de Nathan et nous viande un essai autrement tout fait, nous plantons 3 fois dans les minutes qui suivent. Chelles perdent pied, peu aidés par la grosse colère piquée par leur leader de jeu. Là-dessus, Axel se rachète par un pittoresque numéro de funambule le long de la ligne où après une passe d’Auguste, il enchaîne une toupie pour se débarrasser de son vis-à-vis, suivi d’une grosse accélération qui laisse tout le monde sur place (dont l’arbitre) et – plus fort encore ! – coupe court à l’engueulade que me passait Dom sur le fait que trop de joueurs jouaient sur quatre appuis dans les rucks.

10-4 pour nous. L’addition se corse pour les visiteurs.

Malgré tout, ils sont vaillants et ne lâchent pas le morceau. C’est des coriaces, à Chelles ! On ne peut pas leur enlever ça.

Les voilà qui reviennent nous enfoncer jusque sur notre ligne où un effort conjugué de Gurwan, Andreas, Luka et Allan s’arcboute. Tant et plus, en fait qu’ils chipent la balle. Va trop savoir comment, nous en héritons, et elle trouve les mains de mon énergumène en chef, qui maintenant qu’il est lancé, se prend pour superman ; ou tout du moins pour Parisse (en Italie, c’est la même chose. Mais au passage, c’est là que tu te rends compte que depuis Jules César & Spartacus, les superman italiens, c’est quand même des super héros au rabais…).

Nonobstant et pour en revenir à nos moutons, voilà donc Axel qui se retrouve dans son en-but avec le ballon dans les mains et la marée qui lui arrive dessus.

En fait, pour tout dire, il en va  un peu de cet enfant comme dans James Bond quand tu commences à entendre la petite musique de guitare. Vous savez, le Tin dindin Din, tin dindin Din, TA DA, dada DA ! Et là, le spectateur, il se dit : qu’est-ce qu’il va encore faire, cette fois-ci ?

Bon, ben avec Axel, c’est un peu pareil, sauf que contrairement à James Bond qui n’échoue jamais, là, une fois qu’il a la balle, Axel, t’as quand même la très désagréable suspicion d’une catastrophe imminente.

Pour le coup, il décide de taper.

Mais alors, entendons-nous : on parle d’une sorte de dégagement à la Poitrenaud, aux semblances bien foireuses, avec le ballon qui ne monte même pas haut, bien parallèle au sol, tout juste s’il ne t’éborgne pas quelqu’un. Et là, d’une manière ou d’une autre, le cuir te retombe à l’autre bout du terrain, et puis roule et roule bien droit jusque dans l’en-but adverse où il s’immobilise devant la ligne de touche.

Sauf que lui, Axel qui ne doute de rien – à croire qu’il l’a vraiment fait exprès son coup de pied- il te l’a suivi en courant son ballon avec un adversaire qui lui colle aux basques et que les deux sont lancés dans un sprint pour savoir qui aplatira le premier.

Mais à ce jeu, c’était le RCPB qui samedi disposait des joueurs les plus rapides.

11 – 4 pour nous.

Chelles vient de prendre un 6-0 en cinq minutes.

Là, j’arrête les débats et propose de mélanger les équipes.

La manœuvre semble donner du baume au cœur de petits Chellois et le match reprend sur une nouvelle bataille aux ardeurs ravivées où nous arrêtons le décompte des points.

En conclusion de cela : Luka – évènement que j’attendais depuis deux ans – m’enfonce toute la défense adverse, propulsé par le double turbo diesel Maxime-Allan collé à ses reins. Il aplatit dans l’en-but, le gaillard !

Sauf que non, en fait. Il avait le pied en ballon mort.

Gros soupir déçu de ma part.

Grand soupir résigné de la sienne.

Dommage quand même ! Pour une fois qu’il décidait qu’il avait le droit d’attaquer, lui aussi, il faut qu’il m’éventre le terrain jusqu’à la main courante…

Pour finir :

  • Un super après-midi avec des enfants très motivés pour jouer et finalement très heureux de leur match.
  • Nos garçons montrent une progression intéressant depuis le retour des vacances de février. Nous commençons petit à petit à combler le retard pris lors de la grande dépression de Janvier où nous n’avions pas pu nous entraîner.
  • Le prochain chantier assigné par Dom : sortir du jeu frontal constant. Arriver à sortir la balle une fois arrêté plutôt que de s’entêter dans l’avancée pénible (et bourrine).
  • Un grand merci à monsieur Bisetti père pour sa présence avec nous samedi.
  • Beau boulot de monsieur Dollet père qui m’a pris le chrono et les scores tout en gardant son calme face aux récriminations guère discrètes émanant de derrière la main courante.
  • M. Huss n’a pas manqué de remarquer que nos petiots étaient sortis de ce match largement moins lessivés que les adversaires. Dans un sourire matois, le voici qui m’aborde pour me faire remarquer que finalement, ça payait bien, hein les petits exercices physiques auxquels il les soumet ? Ah, cette bonne vieille faconde urticante des premières lignes juste avant l’engagement ! Décidément, les piliers, s’ils existaient pas, même pas t’arriverait à les inventer ! Ça moufte pas un mot pendant toute une semaine, ces affaires-là ! Taiseux comme pas possible. Et puis à peine que ça desserre les dents, c’est pour te piquer. Et la seconde d’après, il t’écrabouille !

En parlant de piliers, c’est en arbitrant les mêlées que j’ai enfin noté que Maxime prenait constamment son appui sur le mauvais pied. « Mais je suis gaucher, moi ! », « T’aurais pas pu le leur dire, avant ! ». Bon, la mêlée, vous l’aurez bien compris, c’est la chasse gardée de mes deux compères. Du coup, j’y touche le moins possible à cette bête-là. Et pour tout dire, je ne m’en porte pas plus mal. Mais voilà, messieurs, pour rappel : Max c’est uniquement en numéro 1 !

  • On refilera la mascotte à Axel, le seul joueur qui aura quand même réussi à se faire plaquer dans la fameuse flaque.
  • Finalement, sans les aboiements de coach Riou qui te scande le match par ses « Aux Jambes, Aux Jambes », on a quand même vécu un après-midi étrange qui te laisse cette diffuse impression d’avoir été projeté dans une dimension parallèle.

Déjà, ya pas coach Riou. Ensuite, on gagne avec un score très (probablement trop) flatteur, en plantant des essais venus d’ailleurs. Sur ce bel après-midi se clôt donc le second trimestre et la phase – nous dirons studieuse – de la saison. Les choses plus joyeuses commencent après Pâques avec les tournois, les phases finales, le printemps et (peut-être) les beaux jours. On espère justement que cette mise-en-bouche sera révélatrice de prestations tout aussi abouties dans un futur proche. Après tout, quitte à t’extraire d’une dimension parallèle, autant continuer à rêver, non ?

Bonnes vacances à tous et à très bientôt !

Julien Pomel

 

Tournoi du 11 Mars à Montigny le Bretonneux

Episodes 5,6 et 7

Résumé très subjectif du tournoi du 11 Mars à Montigny le Bretonneux

Où l’éducateur à éclipse reprend ses soliloques.

Educateurs sous formation fédérale, Carlos et moi subissons à peu près un samedi sur trois, un formateur qui nous assène sempiternellement les mêmes mots assortis de la même idée sous-jacente : « La vidéo, la vidéo, la vidéo, la vidéo ! »

Ce leitmotiv, il t’en matraque la soupière avec le même entrain rageur que Coach Riou met à mitrailler son fameux : « Aux jambes ! Aux jambes !! Mais, aux jambes !!! » pendant les matchs de nos ouailles.

Du coup, samedi dernier – revenant de formation (oui encore !) pile pour le match, j’intercède enfin aux exigences rigides dudit formateur en m’arrangeant avec Audrey et José pour qu’ils me filment les débats.

Bien sûr, dès lundi, je visionne cela et, au-delà des images, qu’est-ce qui me frappe ?

L’aboiement exaspéré de mon Coach Riou, traversant la vidéo en lame de fond, fond sonore, sonorité stridentes : « Aux jambes, aux jambes, Mais aux jambes… »

Bienvenue au RCPB, le samedi : c’est rugby !

D’ailleurs, soit dit en passant, le rugby pendant les matchs des six nations – autant prévenir, je conçois des idées très arrêtées sur ce point – : c’est sacrilège !

Pas qu’on se réjouisse toujours à voir jouer le XV de France, ces derniers temps, mais bon. C’est un peu comme la messe, quand t’étais gamin. T’y vas et pis c’est tout ! Au reste : tais-toi et tiens-toi sage !

Dieu merci, mes marmots manifestent davantage d’enthousiasme pour nos matchs que je n’en mettais naguère à me rendre à l’église.

La preuve, nous disposions samedi dernier d’une équipe quasi complète.

Ne manquait à l’appel que Maxime !

16 joueurs, ladies and gentlemen, moins Yannis qui, revenant juste de blessure à la cuisse se retrouvait encore empégué par une béquille subie en cours de récréation l’avant-veille (si j’ai bien compris) ; ce qui – brave garçon – ne l’a pas empêché de venir voir jouer les copains et de faire le voyage avec nous.

Et le voyage n’était pas court.

Nous nous déplacions dans les Yvelines à Montigny le Bretonneux pour y jouer – outre l’équipe locale jouant en vert foncé – une autre équipe qui, selon l’email était la Celle Saint-Cloud, le Chesnay selon Rémi et Versailles d’après les autochtones. D’où qu’ils viennent : ils jouaient en bleu nuit, dotés d’un maillot guère dissimilaire à celui de Montigny, détail qui n’était pas pour dissiper le flou artistique qui préside à ma mémoire des couleurs en général.

Mais bref.

Nous profitons de disposer du vestiaire pour nous tous seuls pour effectuer une grosse mise au point avec notre équipe.

« Aujourd’hui (samedi dernier s’entend ; le aujourd’hui, c’est un effet de style, histoire de vous immerger dans le conteste) : on va pas vous demander grand-chose de compliqué. C’est simple, on veut du plaquage ! On veut de la ténacité. Pas comme il y a deux semaines. On veut voir de l’implication dans la défense. »

Ce que Coach Riou l’horloger nous résume avec son légendaire et lapidaire sens de la formule : « Trois choses importantes aujourd’hui : Du plaquage, du plaquage et du plaquage ! »

Et puis, trouvant probablement cette consigne un peu trop réductrice, M.Huss te la complète par un petit cours éclair sur l’art de la touche.

Il te colle nos deux deuxièmes lignes sur deux colonnes et te leur montre comment faire ! Et qu’ça saute ! Et que je vous jure, déjà monté dans les tours comme il y grimpe, le M. Huss, tout le monde écoute et personne ne moufte !

Bon, je vois bien à ce point qu’il me faut revenir en arrière et mettre un tantinet en parenthèse ce récit.

Au cinéma, on appelle ça, un flashback.

Généralement, le réalisateur fait un gros plan sur le visage d’un protagoniste, puis il zoome dans les yeux ou sur un détail anodin un peu plus haut, ou bien à côté ; souvent tu te retrouves devant un ciel bleu et puis il y a une petite légende en bas à droite qui dit : deux semaines plus tôt (c’est notre cas) et le spectateur se retrouve plongé dans l’antériorité du récit précédent.

D’ordinaire, le spectateur comprend par lui-même l’effet recherché par le réalisateur.

Attention, ici, la chose va être un peu plus compliquée, parce que je vais vous tenter une double mise en abîme. Oui, oui, soyons ambitieux, tant il est vrai que j’avais pris du retard sur ces chroniques.

Donc Deux semaines plus tôt (petite légende en bas à droite), un vestiaire – mais cette fois-ci à Arpajon.

Pour ceux qui n’ont pas compris, il s’agit de mon compte-rendu du match du 25 Février.

Nous avions rencontré deux équipes (cette fois-ci les maillots étaient assez dissemblables) ; les rouges et blanc d’Arpajon et les bleu clair de Saint Quentin en Yvelines. En match d’ouverture, Saint Quentin avait martyrisé Arpajon par un 8-0 sur deux mi-temps. Pour notre premier match contre Saint-Quentin, une équipe pas foncièrement beaucoup mieux organisée que la notre, mais un peu plus quand même et disposant de quelques individualités intéressantes. Nous perdons 2-1, puis 3-0, si je me rappelle correctement ; faute à encaisser 5 fois le même essai : le rapide d’en face récupère le ballon après un coup de pied (parfois l’engagement) et défile tranquilou devant toute la défense si, par malheur Nathan ou Auguste ont raté leur plaquage. Parfois, on trouve une variante plus réjouissante. Nathan plaque le porteur de balle, le ballon sort pour un joueur lui-même plaqué par Auguste, puis le ballon ressort pour le troisième rapide qui lui met les cannes (attention, rien de trop fulgurant non plus) pour faire un petit coucou à tout le monde et nous mettre la misère tandis qui retentissent les « Aux jambes, mais aux jambes ! » de l’horloger, mes « Oh, vous allez vous y filer !!! » et autres gracieusetés abreuvées in petto par M. Huss.

Second match contre Arpajon, équipe plus à notre portée, mais où nous affichons une motivation à la défense guère plus ardente. Manque de pot, Arpajon manquant de joueurs, ils récoltent les rapides de Saint Quentin, ce qui donne au final un match équilibré. Nous prenons l’avantage en première mi-temps par un essai d’Alex. Mais sur l’une dernière action, retombant dans nos travers, encaissant le même essai que d’habitude, la bonne vieille course en travers du rapide adverse qui contourne la grappe pour facilement filer à l’endroit où l’on mugissait à notre ailier de revenir ; et puis de là passer en revue tout le reste de la défense, guère encline – soyons franc – à aller se jeter dans des guiboles si tricoteuses.

1-1   au final et grosse déception des 3 coachs.

Retour dans le vestiaire de Montigny le Bretonneux où coach Riou répète : « Du plaquage, du plaquage, du plaquage ! »

Pour ma part, comme souvent, me direz-vous, je laisse ma caboche vagabonder à un jour où le temps s’avérait assez similaire et où nous nous retrouvâmes dans un vestiaire plus ou moins semblable (notez l’utilisation du passé simple pour marquer un temps révolu et effectuer le glissement vers une préexistence au récit principal).

En gros : RESUMÉ DU SAMEDI 3 NOVEMBRE (2016) CONTRE VIRY CHATILLON.

Là, par contre, nous avions eu droit à un beau match de nos U10 avec quelques actions ambitieuses régulièrement conclues par des essais de Nathan, Clément et Alex, nos pourvoyeurs habituels.

A noter : un essai superbe de Valentin suite à une charge de Lucas au centre du terrain, arrêté par un beau plaquage adverse. Noé se présente ramasse le ballon, effectue une merveille de passe dans le mouvement – passe au cordeau – juste dans le chemin de son premier centre (Valentin pour le coup) qui, lancé, file tout droit marquer l’essai. Connaissant Valentin, il a bien dû agrémenter l’arabesque de quelques crochets, histoire d’ornementer tout ça, parce que, comprenez, une course rectiligne, c’est quand même moins classe qu’un zigwigwi qui chaloupe à droite, tangue à gauche et se crochète soi-même.

Bref, nous perdons ce match équilibré contre Vitry Chatillon (4 mi-temps) par un score de 9 – 6  ou bien 8 – 5, cédant contre une équipe généralement plus physique que nous et surtout nettement plus agressive. A noter les blessures de Ruben, châtié à la cuisse en début de première mi-temps, puis – beaucoup plus grave – de notre Valentin qui s’est fait tordre le genou par un geste assez peu orthodoxe s’apparentant davantage à une prise de lutte qu’au déblayage de rugby. Ceci d’après ce que m’en a raconté Axel, placé à côté de l’action, coach Riou et moi-même n’ayons point vu la chose.

Le match s’arrêta donc là, le joueur étant sanctionné par son entraîneur et arbitre des rencontres.

Beaucoup plus de peur que de mal pour Valentin évacué aux urgences par les bons soins de Christophe B., souffrant au final d’une petite entorse au genou, et qui ne nous sera revenu qu’à la nouvelle année.

Il était là, d’ailleurs Valentin, le 11 Mars (retour au récit principal), dans le vestiaire, à subir la philippique marteleuse vouée à leur forer le crâne avec cette nécessité incontournable, implacable, lassante à force, certes, mais vitale : au rugby, plaquer ce n’est pas seulement un droit. C’est aussi un devoir.

Nous envoyons donc nos coucous ainsi remontés sur le pré.

J’innove : j’envoie Nathan le capitaine leur faire effectuer l’échauffement. Il me regarde les yeux ronds, comme un hibou. « Je fais quoi ? » « L’entraînement du capitaine, mon grand ! Comme t’as montré M. Huss. Je veux voir des mains qui bougent, des pompes, du gainage, des nuques qui tournent, des épaules qui moulinent, des pieds qui piétinent ! Allez, t’as trois minutes. Quand je reviens je veux que tout le monde soit chaud ! »

Quand je reviens, en effet, Nathan a bel et bien pris les choses en mains, sa petite voix pépiant les consignes, tous les copains sagement agglutinés autour, l’imitant scrupuleusement. Diffusément, ils subsument probablement que l’heure doit s’avérer grave pour que leur éducateur bisounours lui-même les abandonne ainsi à leur sort.

Pour faire mon fayot, j’enchaîne sur un entraînement vite sabrenassé où je leur inflige, vous l’aurez deviné, du plaquage.

Médusés, j’imagine plus que je ne distingue mes deux compères qui, derrière, se rengorgent : « Dis, c’est peut-être pas si mal cette formation, qu’il nous suit là ! »

Et puis à leur grand soulagement, toujours sous le fallacieux prétexte de la fameuse formation, je me retrouve à arbitrer nos futurs adversaires.

  1. Huss, en tous cas,  est conquis ! Elle a vraiment du bon la formation.

Deux mi-temps de 8 minutes chacune.

Clairement, un match équilibré en première mi-temps contre deux équipes pugnaces qui s’y filent et contre lesquelles – pour me trouver en plein de dedans – je pressens que les choses seront compliquées. Les visiteurs (Versailles ou le Chesnay) disposent de quelques joueurs plus techniques qui finissent par emporter la décision. Sur la fin, Montigny lâche pied, encaissant un 5-0 en seconde mi-temps, juste au moment où je vais leur imposer d’échanger les équipes (c’est le règlement qui veut ça).

Je m’imagine que nous allons prendre cher contre les vainqueurs et que le match contre l’équipe locale devrait par contre être dans nos cordes.

Enfin, c’était le scenario que le résultat précédent me laissait présager.

Mais demandez à l’Angleterre promise au dépeçage en règle de l’Italien sur ses terres de Twickenham ! Le rugby est un sport où, si l’intelligence joue un rôle souhaitable, la logique s’affranchit souvent de ses cheminements habituels.

Alors au lieu de la rouste à laquelle je nous pressentais promis contre les bleus foncés, nous avons fait bonne figure. 0-0 à la mi-temps.

Notre équipe était composé comme suit :-

1 Tatane ou Alan – 2 Ruben ou Luka – 3 Andreas – 9 Auguste ou Noé – 10 Nathan ou Axel – 11 Clément ou Valentin – 12 Gurwan ou Clément – 13 Axel ou Valentin  – 14 Julien ou Jocelyn – 15 Alexandre ou Clément.

Alors bon, je ne vais pas vous prétendre qu’on a vu des progrès flagrants dans l’organisation défensive, ni dans le respect des couloirs d’attaques, mais ce n’était pas le sujet du jour. On voulait du plaquage, de l’implication défensive. Ces petits messieurs nous ont servi tout ça sur un plateau.

Ça a joué encore beaucoup en grappe, mais cette fois, dès qu’un adversaire avait le malheur d’en sortir, de la grappe, c’était pour se faire alpaguer par Tatane, Andreas, Auguste ou Clément.

0-0   à la mi-temps, Versailles (ou la Celle Saint-Cloud) sûrs de leur fait reviennent sur la pelouse ave une forte envie d’en découdre.

Dès la reprise, ils nous acculent dans notre camp où notre première ligne mastoc a mis les barbelés. Auguste arrive à sortir la gonfle pour l’envoyer à Nathan qui a correctement identifié le lancement de jeu adapté vu que la défense adverse – bien replacée – lui oppose l’horizon bouché d’un mur.

Alors il tape au pied.

Sur la vidéo (j’enregistrais à ce moment) on doit m’entendre proférer ma grosse bourdasse habituelle : « bien Joué, Nathan ».

Sauf que non, super mal joué ! C’était l’intention que je jugeais, non pas son exécution. Le ballon ne trouve pas la touche, mais plein centre, les bras de l’arrière qui met les cannes, contourne l’essaim et va planter le premier essai de la partie malgré le retour d’Axel et de Gurwan.

Bon, ça, c’est le mien ! Mea Culpa. Il va falloir le travailler. C’est pas de sa faute, à Nathan, si on lui apprend pas…

1 à 0. Nous peinons sur les prochaines actions où les rucks s’enchaînent aux mauls. Peu d’actions au large, mais beaucoup de combat de proximité. Peu d’avancée dans la continuité de part et d’autres, mais de belles « attitudes aux luttes et aux contacts » pour reprendre la terminologie fédérale.

Nous encaissons coup sur coup deux essais.

Contrairement à Montigny, par contre, nous ne lâchons pas l’affaire. Les garçons y retournent pour l’honneur, malgré les changements.

Finalement, au terme d’une action collective assez rondement menée, suite à une enième touche gagnée par notre improbable ligne de sauteurs menée par Tatane et Andreas, Auguste, Valentin et Nathan finissent par identifier le sens du jeu et envoyer Nathan déborder la défense jusqu’à l’essai.

Les papas Versaillais saluent cette pugnacité louable.

« Hé, ils ne baissent pas les bras ! »

Pour ma part, ça me fait sourire. Ils ne les connaissent pas, mes U10 ! Plus ça ferraille, plus ça besogne, plus ils bichent ! Surtout que les conditions s’y prêtent ! Un soleil magnifique, un terrain gras à souhait, mou sans être gluant, accueillant aux chutes, élastique aux chevilles, aussi goulayant qu’un grand cru de bordeaux au palais d’un œnologue.

Tout ça pour dire que Luka s’y sent dans son élément !

Le match s’arrête à 3-1, malgré la volonté affichée de Gurwan, Noé, Clément, Alex, Julien et Auguste d’aller jouer dans camp adverse.

 

Contre Montigny, là encore une bataille de rucks et de mauls.

Décidément nos deux piliers se sont mis en mode « NO PASARAN ». Ils nous font un match dantesque, gagnant toutes leurs mêlées et même remportant les touches, où Allan a réussi par un tour de passe-passe d’autant plus astucieux que je ne me l’explique toujours pas, à se mettre talonneur.

Mais quel que soit le troisième larron auquel on les associe (Luka, Allan ou Ruben), Tatane et Andreas se la jouent à la Bulldozer ; partition charmante pour les amateurs que sont coach Riou et M. Huss, rude à souhait, gaillarde, besogneuse et particulièrement pénible pour l’adversaire qui doit s’y mettre à quatre (souvent des secondes années) pour nous arrêter les charges forcenées de ces deux petits panzers.

Nous prenons finalement un essai en première mi-temps.

Nathan éprouvant la fatigue, on cale Valentin à l’ouverture. J’intervertis Axel et Gurwan au centre, tentant d’utiliser la faculté du premier à se faufiler dans la défense et à faire jouer derrière lui.

L’âpre combat reprend en seconde mi-temps, où nous cantonnons les verts foncés dans leur camp. Notre principal problème demeure cette faculté tout à fait étonnante à aller s’enfermer perpétuellement dans le petits côté embouteillé au détriment du grand large totalement libre.

Nous concédons ainsi beaucoup de touches particulièrement idiotes ; à moins – au vu de la performance de notre première ligne sur cette phase de jeu – qu’il ne ce fut agi d’une tactique consciente et non divulguée de nos joueurs pour récupérer des ballons qu’ils ne se sentaient plus de jouer dans le jeu courant….

Allez savoir avec eux !

Quoi qu’il en soit, les Bretonneux défendent férocement leur camp. Clément durcit le ton à son tour, envoyant un attaquant bouler en touche d’un coup d’épaule. Manque de pot pour lui : juste devant mes yeux, ce qui lui vaut une petit tour sur le banc pendant une minute.

Pour ces cas, nous avons notre couteau suisse : Noé, capable de jouer à tous les postes des lignes arrières. Le petit Paraire va s’y filer à son tour, à l’aise partout. Sur l’autre aile, justement, notre autre petit gabarit, Jocelyn, verrouille le couloir. On le voit plusieurs fois s’attaquer à des molosses plus puissants qui le mettent sur les fesses, avant de se prendre un à-plat à leur tour, entravés par les bras tenaces de notre ailier résolu à ne pas lâcher l’affaire.

Nous renvoyons un Nathan reposé pour aller déverrouiller le coffre ; ce qu’Alexandre ne tarde pas à accomplir après un bon relai de Valentin.

Score Final 1 -1.

Dommage, nous avons vendangé plusieurs occasions franches par manque de lucidité, faute de chercher le soutien autour de soi ou mauvais choix de sens de jeu.

 

Comme les enfants ont encore envie de jouer, je me colle à l’arbitrage d’une dernière mi-temps contre Montigny.

Nous posons Alan et Luka en première ligne, nos premières années Noé et Axel se chargent de la charnière, Julien reprend une aile, Jocelyn s’arroge l’autre. Clément et Gurwan occupent le centre et Alexandre et Valentin tournant à l’arrière.

Bis repetita placent.

Les ardeurs de part et d’autre n’étant guère étouffées par le précédent combat de chiffonniers, nous assistons à un replay pendant que sur la touche, les parents nous abreuvent (non sans soulagement) des dernières évolutions du score Italie – France.

Je refuse un essai à Clément probablement injustement, étant bien incapable de savoir s’il avait aplati devant ou derrière le pot matérialisant la ligne.

J’en accorde un aux locaux probablement tout aussi injuste quoiqu’au vu des dispositions du ballon et de la mimine de Clément parfaitement interposée entre le cuir et le sol, il est probable qu’il nous l’ait sauvé par un geste défensif ahurissant.

Mais enfin, bon… Si j’étais un arbitre de Top 14, ça se saurait ! Et dieu merci, nous ne disposons pas de la vidéo qui ne saurait que souligner plus cruellement mes bourdes.

Nous ratons encore un essai tout fait après une chevauchée solitaire de Julien, parfaite, jusqu’au dernier geste – ce fameux dernier geste qui fait choir les cheveux de l’infortuné Guy Novès ; et dieu sait que je n’ai plus ce problème ayant résolu de m’affliger de calvitie AVANT de m’occuper d’une équipe de rugby – où il s’enferme contre la touche alors qu’Axel arrivait à toute jambe sur son extérieur par une merveille de course de soutien.

Finalement et pour conclure.

  • Si ce résumé est long, c’est qu’il en contient 3.

« Qui vient à point pour qui sait attendre », aurait dit doctement ma mère ou Lafontaine (mais enfin, tant qu’à faire, je préfère ma mère). Maxime que les gens de Guinness ont d’ailleurs traduit par leur impérissable « Good things come to those who wait ! ». Car à l’époque, voyez-vous, il fallait 90 secondes pour verser une Guinness dans sa pinte ; à peu près le temps  nécessaire au barman pour y dessiner le trèfle dans la mousse.

Depuis, ils ont inventés la Guinness extra cold, et les jolies filles aux bras nus accoudées derrière le bar ont perdu l’art de graver le trèfle à quatre feuilles dans la mousse blanche.

Tout se perd, ma pauvre Lucette ! Mais ici n’est pas le sujet ! L’important c’est qu’on a les trois résumés dont le premier tardait depuis Novembre.

  • A le revoir à la vidéo : match impressionnant d’Auguste qui a plaqué à tours de bras, attaqué la ligne plus qu’à son tour, franchi, battu des défenseurs, gagné ses duels.
  • Bravo à M. Huss pour sa leçon de touche à Tatane et Andreas. Ils les auront toutes gagnées avec une agilité particulièrement louable pour le second nommé, qui en plus de son activité acharnée au près avec son compère, aura mérité la mascotte.
  • Sur la dernière mi-temps, nous avons fait jouer notre charnière première année (Noé et Axel) qui  a orienté le jeu avec une vivacité intéressante et laisse entrevoir quelques belles promesses pour l’année prochaine.
  • Bon match de Nathan, plein d’abnégation spontanée, comme à son habitude.
  • Nous avions demandé des plaquages. Allan, Luka, Gurwan, Jocelyn, Clément, Valentin, Alexandre et Julien s’y sont collé. On ne peut qu’être satisfait de cette prestation et de ce respect de nos consignes d’avant match. Clairement, nous pouvons nous appuyer sur cette implication des joueurs pour le reste de la saison.
  • Nous avons aussi été témoins d’une belle solidarité de l’équipe en général ; point parfaitement identifié par M. Huss sur l’ultime action du tournoi et qui a valu à Axel de se faire remonter les bretelles par son paternel d’arbitre.

 

  • Alors, c’est pas très beau ! Ça joue encore dans la grappe, c’est vrai. Aussi bien en défense qu’en attaque : OK. Les zones où dégager le ballon au pied ne sont pas encore identifiées, certes… Valentin a peiné une fois placé en 10, Gurwan était plus à l’aise en premier centre qu’en second, poste où Auguste excellerait aussi, d’accord. A force de mâcher son protège-dents quand Axel déboule lancé en soutien, ses copains porteurs de balles faillent à entendre qu’il les appelle (déjà qu’ils ne regardaient pas !)… J’en atteste.

Mais détails que tout ceci ! L’important est que cette équipe, après une longue période de stagnation due aux vacances puis aux intempéries, a fini par nous prouver qu’ils savaient faire preuve de corps et d’accomplir les consignes.

Car après tout – et Herrero n’arrête pas de le rappeler – le rugby : ça commence devant !

Et là, devant. Il se trouve que nous sommes armés.

Julien Pomel