Résumé très subjectif du match du 6 Octobre 2018 contre Créteil Choisy

Alors, pour tous ceux qui nous rejoignent cette saison (et ils sont nombreux ; pour faire vite, on va les énumérer rapidos : les parents de Mady, Clément 3, Donatien, Timéo, Titouan, Axel, Lilian et Nolan, ainsi que les revenants Mathys et Lorenzo), nous rappelons que chaque match joué par le RCPB, le club de votre petit donc, fait le sujet d’un résumé de l’un des éducateurs présent au match ; histoire que vous sachiez (notez l’utilisation du subjonctif, une maîtresse d’école qui lit ces lignes appréciera) comment s’est déroulée l’après-midi de votre enfant, pour peu que vous n’eussiez pu y participer.

 

Il n’est pas superflu non plus de préciser aux parents nouveaux et peut-être néophytes un petit glossaire qui aidera à éclaircir ces lignes par trop souvent absconses.

 

On commence donc avec les définitions :-

 

RUGBY

Jeu de ballon oval auquel vous avec inscrit votre enfant, qui va vous bouffer tous vos samedis et une bonne partie des mercredis, sans parler de l’incessant harcèlement des messages whatsApp et autres emails consistant justement à organiser lesdits samedis et mercredis.

Le jeu, sommes-toutes assez simple, est compliqué par le fait qu’il se joue à l’encontre des instincts naturels de l’homme. Pour assaisonner le tout, des générations de sombres abrutis se sont échiné à le complexifier par le biais d’une palinodie de règles absurdes et la plupart du temps contradictoires ; elles-mêmes régulièrement méconnues voire incomprises de l’arbitre, qui en conséquence, les interprète à sa guise (quand il s’agit d’un bon arbitre) ou à sa fantaisie quand il s’agit de votre serviteur.

Les adeptes s’y adonnant depuis longtemps, des gens re-forgés au rebours des instincts naturels de l’humain donc, sont appelés les rugbymen.

Après un certain temps, vers 15-16 ans à peu-près, ils se déplacent en meute qui peut se révéler pénible en fin de soirée ; surtout quand ils sont originaires de îles pacifiques, mais pas que…

Les toulonnais par exemple ne donnent jamais leur part aux chiens, et attendent rarement la fin de soirée pour embêter le monde. Sans parler des Catalans ; mais eux c’est surtout sur le terrain qu’on les trouve désagréables.

C’est vers ces très sains standards que Coach Riou, Fred, La Dolle et moi-même tendons à former votre progéniture.

 

MATCH

Partie de rugby à laquelle participe vos enfants. En U12, elle dure à peu près 15 minutes par mi-temps. Les équipes sont divisées en 10 joueurs chacune pour le jeu normal, à 5 pour le jeu à toucher. D’une manière générale, les futurs rugbymen n’aiment pas jouer à toucher par ce que, déjà, ils préfèrent se mettre sur la mouille. Les éducateurs ne les découragent pas toujours.

 

ARBITRE

Le gars sur lequel tout le monde crie autour du terrain mais auquel le rugbyman n’a pas le droit d’adresser la parole. S’il vous plaît de rappeler cette règle importantissime à Nolan.

 

PIRONI

Terrain de Villecresnes. Probablement un ancien marécage. Abrite une variété rare de moustiques hargneux et voraces qui vous laissent comme des morsures d’araignée sur les jambes. En outre, le terrain s’engorge par lui-même d’une manière aléatoire, même par temps sec. D’ordinaire, son point d’engluement préféré demeure la flaque au milieu du terrain, pile à l’endroit où le botteur est sensé effectuer son drop pour l’engagement. On trouvera l’adjectif “Pironien” pour qualifier les caprices de ce pré.

 

MAILLOT

Le notre est bleu. On se fiche des autres sauf s’il vient de Clermont.

Vous pouvez en acheter un exemplaire si vous vous adresser à Jocelyne.

 

TEMPS PARFAIT

Se dit de la météo quand elle offre un climat idéal pour la pratique de ce sport. A comprendre, une petite bruine rafraîchissante qui a l’avantage d’humecter la pelouse et surtout de rendre le sol plus mou à l’impact.

Le rugby a été pensé, conçu et élaboré pour ce type de frimas.

 

Pour l’histoire, ce sport fut inventé en Angleterre de l’avant Global Warming dans la ville éponyme de Rugby qui se trouve elle-même dans les Midlands. Pour ceux qui ont lu le Seigneur des anneaux, il s’agit du modèle de la Terre du Milieu. D’ailleurs il n’est pas exclu que Sauron y habite encore. Les Midlands accomplissent tous les clichés éculés dont les gens d’eau delà la Manche ont affublé la Perfide Albion. Il y pleut la plupart du temps et on y mange particulièrement mal. Par contre, pour compenser, et comme le Seigneur n’est pas injuste, ils ont des pubs magnifiques et ses habitants sont capables de tenir les belges à la vidange systématique des pintes de bière.

Les jeunes filles n’y sont pas précisément belles et pour peu qu’elles le soient, leur accent leur interdirait d’ailleurs toute idée de charme. Par contre elles vous boiront sous la table. Je le sais je l’ai fait. Et refait. Et re-refait. Jamais gagné à ce jeu-là ! Du coup, j’ai épousé une française.

 

LITOTE

Figure littéraire que vous ne rencontrerez jamais dans ces pages.

 

JOCELYNE

Sans elle on est perdu.

Prénom plus ou moins synonyme de « divinité omnisciente et sachante » pour les éducateurs du RCPB.

 

RESUME

Appellation particulièrement relative par laquelle les éducateurs retracent les matchs de vos enfants. D’habitude, pour peu que vous les lisiez en entier, ils vous prendront plus de temps que le match lui-même. En vérité, vous feriez mieux de venir voir jouer les marmots. Ça ira plus vite.

 

Voilà.

Vous voici armés pour comprendre à peu près de quoi il retourne.

 

Donc, samedi 3 Octobre, après un entraînement commun avec le RCCC (Rugby Club Créteil Choisy, habituez-vous tout de suite à l’utilisation permanente et systématique des acronymes au rugby ou alors vous risquez de galérer toute l’année) nous décidons d’étrenner la saison par un petit match au contact à 10 contre 10.

 

Lieu : Pironi

Temps : Pas parfait. Plutôt chaud.

Terrain : Pironien, ensablé vers le milieu, mais absence de moustiques.

 

Pour imiter Choisy et comme nous sommes des gens peu contrariants, nous divisons notre petite horde en deux équipes.

L’équipe Non Profilée qui regroupe tous les débutants.

Lilian, Mady, Axel, Titouan, Nolan auxquels nous avons adjoint Matthys, Lorenzo, Julien, Ruben et Jocelyn.

Puis une équipe Profilée dans laquelle on case tous les autres.

Noé, Sofiane, Clément Shanghai, la Hussette, Axel dit Ito (pour ne pas le confondre avec l’autre Axel), Cédric, Gurwan, Maxime, Luka et Nathan.

 

Résultats :

Équipe Non profilée RCPB vs Équipe Non profilée RCCC : défaite 1 essai à 2

Équipe Profilée RCPB vs Équipe Profilée RCCC : victoire 5 essais à 0

 

Une belle mise en bouche pour nos débutants qui n’ont pas démérité malgré la défaite.

Après coup, notre Nolan – beau gabarit s’il en est – aura trouvé l’équipe adverse « rageuse » ce à quoi, guère compatissant, l’éducateur aura répondu : « bienvenue au rugby ! »

Matthys avait entamé les hostilités d’emblée par un essai à 0 passes, après arrachage de ballon, remontant tout le terrain le long de la ligne de touche avec ses grands compas qui ont laissé aussi bien se partenaires que ses adversaires sur place.

Dommage, il avait fait l’effort de regarder et de chercher du soutien, mais bon, le gaillard est rapide et les garçons n’ont pas trop encore l’habitude du jeu sans ballon.

Cela va venir, car nous avons vu des attitudes très intéressantes dans les matchs à 5, notamment d’Axel, Titouan, Lilian et Lorenzo. Nolan, Jocelyn et Julien n’ont pas démérité non plus. Le ballon a circulé, prouvant que oui, messieurs les éducateurs : le jeu au toucher est salutaire.

Ils prennent deux essais pour cause d’un petit manque d’agressivité qui les empêche de s’interposer contre l’adversaire lancé. C’est tout à fait normal pour un premier match de rugby.

Ils n’ont bénéficié de peu de munitions à jouer et se sont pourtant retrouvé à deux doigts d’égaliser après que Matthys (encore lui) récupérant le ballon sur une bonne défense de Lorenzo et Titouan, nous fasse une longue traverse pour aller lancer Mady, parfaitement démarqué et seul sur son aile. Hélas, la traverse – comme souvent – s’était soldée par un beau tampon dans les côtelettes du porteur de balle (Mathys donc) qui a dévié sa passe en-avant. En avant d’autant plus préjudiciable que Mady aux jambes de feu était lancé et sans le coup de sifflet, cela allait à dame.

Assez physique, l’équipe non profilée de Choisy a marqué son terrain avec un mordant que nos garçons découvraient. Jocelyn pour qui ces joyeusetés n’étaient pas terra incognita, se souviendra un petit moment du passage en force avec raffut à la gorge dont il a été victime. Julien a pris un plaquage haut, mais les garçons ne se sont pas démotivés et, au contraire, ont resserré les rangs.

Un premier match en guise de baptême très encourageant donc.

Tous les garçons, mis dans un groupe finalement assez homogène ont touché des ballons.

L’expérience sera à rééditer en match, avec cette fois-ci la mise en place d’une organisation de lignes et de postes que nous n’avons pas encore étudiés.

Le champ d’étude est vaste. Mais les dispositions des garçons sont particulièrement prometteuses.

 

Pour le match des profilés, je ne vous le cache pas, j’attendais un peu mieux de l’adversaire dont le sérieux de joueurs, lors des exercices m’avait fait une favorable impression.

Ce qui leur a manqué, à Choisy, peut-être, était justement ce côté farfelu et pour tout dire « chien fou » de nos joueurs profilés qui, emmenés par nos premières années déchaînés, avaient clairement des fourmis dans les jambes.

Alors nous avons assisté à un florilège systématique d’agression de la ligne d’avantage, de coups de pieds par-dessus et prolongation au pied et d’attaques à tout va.

Pour couronner le tout, les garçons de Choisy, pour le peu de ballons qu’ils avaient sont tombé sur la muraille deuxième année, plus sage, plus posée et redoutablement efficace. Clairement, Sofiane, Gurwan et Nathan avaient érigé les barbelés, non sans – j’imagine – une petite arrière pensée revancharde à l’idée de solder les comptes ouverts sur Julien et Jocelyn. Donc, histoire de marquer leur territoire Maxime et Gurwan y sont allé de leur passage en force je te mets un cul au passage, qui malgré la forte réprimande, aura eu pour principale conséquence de faire éviter à l’adversaire la zone du terrain où ces deux-là opéraient.

Il en a résulté un empalement systématique sur les barbelés Sofiane et Nathan permettant à Noé de lancer les chevaux avec Cédric, Shangaï puis la Hussette.

Et quand, par hasard, ils échappaient au mur, ralentis, peu soutenus, l’adversaire devait encore se farcir les chapardages de ballon d’Ito, geste d’ordinaire proscrit depuis la fin des U8, mais qu’il a perfectionné et raffiné au point d’en faire une spécialité, en un contre un, hop t’as le ballon dans tes bras, ben non, il y est plus, grouille Noé, on se barre, courre, courre ! Et les deux garçons de partir comme des dératés poursuivis par la patrouille s’échangeant le ballon, redoublant les passes entre eux (jamais un en avant), filant tout droit, non à droite, puis à gauche, vers la touche, te le montrant à l’adversaire ce ballon et hop l’est plus ici, l’est là bas, à non, je l’ai encore ! Et tadaaa : c’est Nathan qui a marqué !!! Hé, hé…

Merci à ces garçons de nous avoir rappelé à nous autres éducateurs, que le rugby est avant tout un jeu et qu’il faut s’y amuser, quitte à tenter le tout, ce qui entraîne parfois le n’importe quoi.

Surtout, comme quand l’a remarqué Ito : « ils sont bêtes, ils couvrent pas l’arrière ! Y’a qu’à y envoyer le ballon au pied, y’a jamais personne… » Hop : Essai ! Et pour bien faire, 2 fois le même…

 

Car non, Monsieur Bernard Laporte, si le XV de la Pintade n’est pas bon depuis des lustres, ce n’est pas parce qu’à l’école de rugby on apprend aux gamins à bugner des boucliers !

 

Les enfants – et même nos grands enfants de U12 – ils ne foncent pas de gaieté de cœur dans des tas. Au contraire, ils veulent s’amuser comme des apprentis magiciens, aller s’engouffrer dans les espaces vides avec le vent qui leur plaque les cheveux sur le crâne et filer comme des voleurs de pommes coursés par le pégu du coin, propriétaire des arbres fruitiers en question et qui vocifère, là derrière, « VINDIOU DE VINDIOU REVIENS LA QUE J’T’EN COLLE UNE ! » et qui dans un instant, va vous balancer son sabot à la tête. Mais trop tard, toi, les copains et les fameuses pommes, vous vous êtes esbignés vers la rivière et bien malin qui va vous chopper !

 

Et c’est comme ça que nos garçons ont joué samedi dernier.

Comme des joueurs de chiffon (c’est un compliment). Ce n’était pas conventionnel, certes, cela aura laissé Coach Riou dubitatif (à par les cartouches de Sofiane et de Gurwan, bien sûr). Mais au moins, à ce jeu de cache-cache géant : on s’est bien marré.

Cinq essais à zéro (Nathan, doublé d’Ito, Gurwan et Shangaï)

 

Alors, soyons clair. Ça ne se passera pas tous les samedis de la sorte.

On prendra des volées monumentales. Forcément, on se retrouvera dans le costume de Choisy de samedi dernier, peut-être même par ces mêmes Choisy.

Il va falloir structurer tout ça, évidemment.

 

Mais surtout, surtout, à nous entraîneurs, il incombe de leur préserver cette fraîcheur, cette spontanéité et cette joie du rugby pétillant, qui te fait rigoler avec les copains dans la victoire, mais aussi – et plus pertinemment peut-être – te gardera l’espoir bien au chaud dans la défaite, serre les dents, on tient, avec la certitude de jours meilleurs.

 

Samedi prochain, justement : du velu !

On va à Combs et on y retrouvera Yerres.

 

Julien Pomel

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