Résumé très subjectif du tournoi du 2 Juin 2018, à Champigny.

Vous avez remarqué ?

Mine de rien, on s’achemine tout doucettement vers les jours les plus longs.

Samedi : dés 8 :45, t’étais sur le pont ; la marmaille survoltée qui saute partout, ça braille, ça court et ça jongle, les ogives filent de droite et de gauche, que tu traverses tout ça comme en champ de mines ; à tes risques et péril.

A 8 :49, t’as déjà un ballons perché dans les arbres, dire que t’as pas encore pris ton premier café ! Lendemain d’un Vendredi soir, oblige : redresser les yeux te fatigue déjà… ça va être long leur histoire !

D’autant plus que, contrairement à d’habitude, il faut faire mouliner un peu les méninges. Alors, t’essayes un raccourci, parce que tu te sens pas au top, faut être franc…

« Coach Riou : comment qu’on joue à 7 déjà ? C’est quoi les positions ? »

Réponse on ne peut plus instructive : « On s’en fout ! Ça change que dalle à leur âge ! Ça galope un peu plus, c’est tout ! »

Ça risque d’être un beau foutoir, alors, si on fait comme d’habitude !

Surtout que William et Jocelyn m’entreprennent d’emblée : « On peut jouer à l’aile ? », « C’est lequel mon côté ? »

Bon alors, c’est là que tu te rappelles brièvement de la notice d’emploi du rugby à 7 vaguement ligotée il y a deux ans sur le rugbynistère, à l’occasion des jeux olympiques :

« Ben justement, au 7, yen à qu’un d’ailier… Il joue des deux côtés vu qu’il n’y a pas d’arrière. »

« Ben moi alors ? » tressaille immédiatement Maxence, habitué à prendre le 15.

Gros soupir…

Tu regardes de droite et de gauche avec cette gracieuse et placide expression de la carpe brutalement extirpée du fond vaseux de sa rivière.

Pas d’aide ni d’un côté, ni de l’autre. De toutes façons, aujourd’hui, t’es seul ! Gilbert et la Dolle jouent au fameux tournoi de la Choune ; les obligations professionnelles  de maître Paraire l’accaparent à l’ambassade du Portugal.

8 heures 51.

Ouais : Très, très, très long.

 

Bon pour obvier à tout ça, et vu que la concision n’est pas mon fort, on va tenter de vous la faire rapide.

SAMEDI 2 Juin 2018 – TOURNOI DE CHAMPIGNY – JEU A 7

Climat : Chaud, très chaud, glorieux soleil. Mais surtout chaud.

Terrain : Plutôt petit. Mais pas trop dur ; partagé entre U8 et U10, à raison de deux terrains en largeur U8 = une longueur de terrain U10.

Journée : Peu courte.

Accueil : Excellent

 

Résultats

Matin (poules de brassage / 7 minutes par match ):

Vitry Mory 2 vs RCPB : 0 – 2 (essais Elliot x 2)

VGA 2 vs RCPB : 1 – 6 (essais Hugo x 2, Elliot X 2, Siegfried, Axel)

Champigny 1 vs RCPB : 1-1 (Essais : Elliot)

 

En fait, ça se passe pas si mal que ça, notre affaire !

Comme quoi, le propre de l’authentique optimisme, demeure paradoxalement de professer un strict pessimisme que vous inscrirez rigoureusement en postulat de départ ; saine position initiale à laquelle vous ne dérogerez jamais et qui – au fil de la journée – s’effilochera à la constatation des enchaînements de mieux.

Hmmm…

Elle est bien longue, ma phrase. Et peu claire, par dessus le marché ! Ce laïus, je l’aurais mieux exprimé en moins de maux par : « Quand tu t’attends au pire, tu ne peux qu’être agréablement surpris. »

Et après, on s’étonne du caractère ductile de ma prose !

Quoi qu’il en soit, heureusement relayé par ma fidèle horde de parents, Christophe, Raphael, Stéphanie, la famille Beauvais et Elisabeth en tête, je ne me sens pas seul du tout ; et pour tout dire encore moins submergé ; et cela malgré une attention que l’on qualifiera d’assez évaporée de la marmaille.

 

Sur le terrain, par contre, malgré les victoires : du guère folichon au menu.

Privés de Noé, leur régulateur habituel, les ballons sont aller se coffrer plein pif dans les rucks, sans qu’Axel – replacé pour l’occasion en 9 – ne se soucie beaucoup de les en extirper, préférant déblayer, action qu’il accomplit avec efficacité, il est vrai, mais qui n’a guère contribué à lancer les lignes arrières.

Cette bouillie de rugby a finalement profité à Eliot qui, comme souvent quand ça coince, enfile son costume de super-héros et puis : ZOUP ! Allez, on percute, on prend l’intervalle et cavale que je te cavale jusqu’à dame. Une fois, deux fois. Merci au-revoir !

Entre ces deux fulgurances : de la lousine et de la lousine à la chaîne, où Mael, Téo, Enzo, Jocelyn, Hugo et le Sieg sont allé s’empaler joyeusement dans le tas bien regroupé de l’adversaire, lui-même bien maintenu et fixé par notre numéro 9 d’occasion, fermement résolu à réviser sa position de protection dans les rucks.

Après une interruption de plus d’une heure, on retrouve nos meilleurs ennemis de la VGA et leur seconde équipe.

Cela a débouché sur une fessée guère mémorable, en vérité, où Hugo s’est mis au diapason d’Eliot, même costume, les larges oeillères comprises. Deux essais pour sa pomme, sur des courses chaloupées, il est vrai très bien menées sur trente mètres.

Ne voulant pas demeurer en reste, le Sieg y est aussi allé du sien, d’essai, dans son style personnel et… Acharné : « j’avance, j’avance, j’avancerai quoiqu’il arrive, tu peux rester accroché, ça me dérange pas, toi aussi ? Venez y tous si vous voulez, m’enfous, moi j’avance, à, tiens c’est la ligne, tant pis pour vous, je tombe ».

Alors, je vous le concède, ça ne menacera jamais les records d’Usain Bolt, son affaire. Mais dans la fonction débardage : ça vide l’utilitaire familial avec efficacité optimale.

Eliot qui marchait sur l’eau nous en a encore planté deux. Avec un peu de chance, nous aurons peut-être même assisté à une passe sur l’un deux et non à une course solitaire suite à relevée intempestive du ballon. Axel se remémorant tout d’un coup qu’on pouvait à la rigueur faire quelque chose de cette sorte de poche à forme bizarre et aux rebonds capricieux – autre chose que de la couver hargneusement au-dessus d’un copain qui broute la pelouse s’entend – s’en est allé saler l’addition sur un débordement de l’essaim.

Pendant ce temps, Maxence, Enzo, Jocelyn, Mael et Téo – surtout Téo – rivanchaient comme lors d’un matin de Noël. Ça cognait hargneusement, bien comme ils l’aiment, la seconde équipe de la VGA, contrairement à la première, n’étant pas des masses intéressée au rugby d’évitement.

Le seul, finalement qui aura cherché à se démarquer, demeure notre petit William, assez dubitatif sur le terrain quant à l’utilité de cette version du jeu (le rugby à 7, s’entend) où l’on retire 3 des joueurs pour accroître les espaces et qui débouche sur des batailles en tout point semblables aux beaux fatras nuageux dessinés sur les grandes cases rectangulaires d’Astérix, quand tout le village s’en va baffer du romain.

Hélas, empégué par son protège-dents, notre petit ailier, parfaitement bien placé, n’aura jamais réussi à alerter les oreilles particulièrement obtuses de ses partenaires, tous occupés à l’accumulation de leur gloriole personnelle.

Dans l’affaire on a même réussi à prendre un essai. Et ceci malgré la présence d’Eliot ; détail que le côté facétieux de votre serviteur n’a pas manqué de faire remarquer au joueur en question.

 

Les choses ont commencé à se corser avec le dernier match de la matinée et l’opposition de la première équipe de notre hôte.

Mais entre-temps, requinqué par le spectacle d’une belle victoire de nos U12 et de la ripopée d’essais de mon fils aîné, je reviens avec des idées neuves. Car entre-temps disais-je, j’avais enfin retrouvé l’usage normal de ma soupière, et les rouages tournaient enfin en mode décrassé.

Exit Axel de la mêlée où il ne m’a enchaîné que des sottises, retour en 10-12 où j’espère que l’abattage naturel de sa relation avec Eliot entraîne la ribambelle des copains vers des aspirations plus collectives. Pas si borné, j’avais bien tenté plus tôt d’y essayer Hugo, le plus prompt de toute la clique à ramasser les ballons, mais la tentative se révélait moins probante encore, notre Hugo soulevant les ballons rapidement, certes, mais pour s’en aller te les enterrer aussi sec dix mètres plus loin, au terme d’une course tranchante. Donc, non en 9, contre Champigny 1, il me fallait autre chose. C’est là que je vous sors mon joker ! Sans trop faire exprès, l’honnêteté m’oblige à l’avouer…. J’avais presque oublié, voyez-vous, mais j’ai un autre deuxième année dans mon équipe, moi : j’ai Jocelyn ! Alors aussi sec : A la mêlée, Jocelyn ! De quoi ? Tu veux dire à l’aile. Non, j’ai bien dit en 9 !

Dubitatif, le Jocelyn.

N’empêche, une fois l’acceptation du poste entérinée – et après une mise en route plutôt laborieuse dans la prise d’information, notre Jocelyn nous a parfaitement – quoique lentement – extirpé ce cuir d’où tous ses petits camarades se faisaient un plaisir de l’enterrer.

Il lui aura fallu un match pour se mettre dans le bain, contre une première équipe locale de Champigny certes dangereuse, qui s’est frotté à Téo, Mael, Siegfried et consorts, muraille assez gaillarde et – pour tout dire abrasive – qui a promptement étouffé toute velléité de courses vers notre ligne. D’autant que Maxence veillait derrière, peu convaincu par mes explications positionnelles du rugby à 7 et retrouvant un poste d’arrière qui lui convient davantage.

Et puis, dans des cas comme ça: quand ça ne veut ni y aller d’un côté et que ça ne peut pas de l’autre, le super-héros sort de sa boîte. Le samedi 2 juin, le super-héros avait pris l’identité d’Eliot. Alors après une passe de sa charnière, Eliot s’en va se coffrer tout seul entre un défenseur et la ligne de touche et il avance, il avance, mais il va jusqu’où, là ? joyeusement poursuivi par l’ailier adverse auquel on n’avait probablement pas expliqué qu’au rugby – contrairement à l’athlétisme – une petite poussette s’avère cent fois plus efficace qu’une tentative de remporter le sprint.

Tout étonné, Christophe contemple son rejeton s’arracher puis aplatir cet essai synonyme de victoire.

1-0 : A la soupe !

 

Après-midi (poule haute / 7 minutes par match ):

Champigny 1 vs RCPB : 1-3 (Essais : Elliot, Hugo et Mael ou Axel, l’un des deux…)

UBM vs RCPB : 0-1 (Essais : Téo)

Finale

VGA 1 vs RCPB : 2-1 (Essai : Mael)

 

L’après-midi : on jouait la poule haute avec Champigny 1 contre les autres vainqueurs de la seconde poule du matin.

On entame justement contre Champigny 1, l’hôte du jour.

Cette fois-ci, armés d’une charnière un peu plus rodée, nous dominons notre sujet ; encaissant tout de même un essai au passage, non sans en avoir mis deux auparavant, avec cette saine conviction de l’équipe qui a déjà dominé son adversaire par le passé et qui n’entend pas changer le vieux pot pour reproduire la même confiture.

Bref : 3-1, NEXT !

Suivant : l’UBM.

Là, il faut se méfier ! Ce sont toujours des rudes affaires, avec l’UBM ! Eux, équipe des Bords de Marne (d’où l’acronyme), nous, perchés sur notre Plateau Briard, vous comprenez bien qu’il y a là antinomie géographique; un peu comme l’improbable compréhension d’un Breton du Finistère envers un Savoyard. Ça peut pas coller, ces affaires! Il y a deux ou trois ans, contre l’UBM, Carlos y avait perdu la clavicule de son fils, la machine à tamponner (c’est mon fils aîné) s’y était fait la main et notre ailier s’y était fait maraver l’épaule. Aux urgences de l’interco de Créteil où l’on avait retrouvé Carlos et Kylian, ils nous avait fait un prix de groupe !

Heureusement pour nous, la mouture 2018 des U10 de l’UBM n’est pas aussi virulente que celle de 2015. Surtout que la notre d’équipe, commence à mieux fonctionner depuis qu’elle a oublié son individualisme quelque part vers les tentes lors de la pause repas.

Téo leur colle une misère et nous emballe la chose en s’extirpant hargneusement d’un regroupement.

Dans mon souvenir, on gagne 1-0 ; Gilbert – heureusement venu nous rejoindre pendant le repas – se souviendrait plutôt d’une victoire 2-1.

En tout état de cause, on se retrouve en finale, puisque – comme la VGA 1 – vainqueurs de tous nos matchs de l’après-midi.

 

L’organisation – nous dirons, un peu dissociée – du tournoi, fait que les U10 finissent leur matchs tandis que les autres catégories d’âges reçoivent déjà leurs trophées.

Cette particularité aura pour conséquence de bénéficier autour de nous, pour la finale en somme, la presque intégralité des U14, U12 et U8, restés sur les abords pour encourager les garçons !

Contre la VGA, dis ; l’ennemi intime de cette saison !

La VGA, ils nous ont battu le premier match de la saison.

On a pris notre revanche, chez eux en Novembre.

Au tournois du Muguet, on a fait égalité le matin, puis perdu 1-0 l’après-midi.

Le matin même on avait enfoncé leur seconde équipe.

Pour tout vous dire, avec la VGA, on se tient.

 

Et on s’est tenu tout le match !

Une belle affaire où les garçons ont produit leur meilleur rugby de la journée, et de loin! Galvanisés par la présence des parents, des aînés, des copains et de tous les éducateurs (j’ajoute le président à la liste !).

Mael a ouvert le score sur une belle action, bien menée par Enzo, Axel, Eliot puis Maxence. On a vu de la solidarité, des plaquages, du déblayage et du jeu collectif.

Du beau rugby, vraiment, salué d’ailleurs par ma némésis de Vitry Mory avec lequel je m’étais proprement quiché sur un point d’arbitrage (c’était moi l’arbitre, cela va sans dire) arbitrage à l’encontre duquel ses cris de putois avaient réussi l’étonnante prouesse de me sortir de ce flegme tout britannique patiemment acquis au cours des deux dernière décennies de ma vie Londonienne.

 

Du beau rugby, de part et d’autre, d’ailleurs ! Car la VGA emmenée par deux ou trois individualités décidément très fortes, dont une jeune fille brillante, ne laissait pas sa langue au chat.

Dans les dernières minutes, la VGA a réussi à nous en planter un, suite à une mauvais montée défensive de notre ligne.

A égalité, 1 partout, les garçons ne se sont pas affolés.

Privés de leur demie de mêlée providentiel – parti après l’UBM pour assister à la défaite du MHR de Vern Cotter au Stade de France (Papa Montpelliérain oblige) – ils ont combattu avec leurs armes du jours. C’est à dire sans Noé, ni Constantin, deux joueurs qui eussent apporté ce petit supplément de vitesse d’exécution et de lucidité susceptible d’emporter l’affaire.

Ou pas !

Nonobstant, nos gaillards ont joué vaillamment, cherchant même la victoire, non sans brio, il faut le dire, portés par toute la formidable troupe du RCPB, joueurs, parents et éducateurs, encerclant le champ de jeu, une moitié de vrai terrain, pensez !, pour te le circonscrire en mini Colisée.

 

Finalement, on perd le match juste après la sirène (en U10, c’est le cri d’écharpé du responsable de plateau qui hurle à l’arbitre : « DERNIÈRE ACTION »), sur une contre-attaque, probablement évitable, mais succédant à une intention louable de ne pas fermer le jeu et d’aller l’emporter.

Un essai en bout de ligne, malgré le retour de mon fils cadet qui, fort de son indécrottable mauvaise foi, m’assure avoir poussé le joueur en touche juste avant qu’il n’aplatisse.

Bien sûr !

« Il est nul l’arbitre ! »

Toujours.

Je suis bien placé pour le savoir !

😏

PS:

Seconde place donc !

Mais au final, triomphe quand même de l’ensemble du RCPB, grâce aux résultats de toutes les catégories qui placent une équipe sur le podium et qui REMPORTE LE TROPHÉE DU TOURNOI.

D’ailleurs – vu qu’après la finale – les matchs de notre catégorie n’étaient pas encore pliés, la remise dudit trophée s’est effectuée en la seule présence de nos U10, qui ont pu soulever la coupe acquise par tout le club et – accessoirement – poser pour la postérité.

La photo suivante en témoigne :

Ce trophée : le club le mérite ; et cette petite équipe en particulier.

Rien d’autre à dire.

Ah, si bien sûr:

BRAVO !

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