Résumé très subjectif du tournoi CIFR du 26 Mai 2018, à Rambouillet.

Résumé très subjectif du tournoi CIFR du 26 Mai 2018, à Rambouillet.

C’est joli, Rambouillet. Quand tu le traverses en car, tu tombes sur une intimidante enfilade de très belles maisons bourgeoises, tout ce qu’il y a de plus cossu et élégant.

Vraiment, très beau : y’a pas à dire !

Mais toute beauté – qu’on le sache – dissimule sa petite traîtrise.

Par exemple, l’an dernier, à Rambouillet, pour ajouter à la joliesse bucolique du lieu, mon fils aîné (alors en première année de U12) et son copain premier centre ne trouvent rien de mieux avec d’exhiber leur lune à l’arrivée du car.

Manque de pot, le président du club hôte rôdait sur le parking (probablement pour épingler les cas similaires).

Résultat : suspension de nos deux U12 et défaite de la catégorie.

Ils sont malins à Rambouillet, je vous dis !

Donc bon, j’ai compris :

A l’arrivée à Rambouillet (quand on finit par y arriver, car l’accès en car s’y avère particulièrement bien dissimulé ; probablement fruit d’une autre stratégie déviante pour empocher la victoire), je me poste au fond du véhicule où officie encore et toujours mon fils aîné et le toise lui et sa clique avec cette aménité peu bénigne en vérité, par laquelle j’accueille un plaquage haut d’Axel, de Téo ou Siegfried.

Bon, à ce point, une explication géographique s’impose. Il faut comprendre qu’un déplacement en école de rugby, suit un plan de car immuable :

  • Tout à l’avant, t’as le chauffeur.
  • Juste derrière, t’as un éducateur avec son GPS qui fourvoie régulièrement ledit chauffeur ; pas que ce dernier ait demandé son chemin, notez-bien, mais bon, c’est comme ça…
  • Après, plutôt vers l’avant donc, t’as les petits. Les U6 et les U8. C’est encore timide à cet âge-là, c’est tout mignon et surtout ça a les oreilles sensibles. On te les parque là au milieu des adultes qui font comme barricade.
  • Tout au fond, gouailleurs, hâbleurs et bruyants, s’amoncellent les U12, menés cette année par mon couillon de fils aîné.
  • Et puis au milieu, t’as nos U10 ; avec en leur centre, la haute et dominante stature de Gilbert contribuant à tenir tout ça au calme.

C’est pas des gros parleurs mes U10 ! Dieu merci d’ailleurs parce qu’on aurait pas le postérieur sorti des ronces s’il fallait qu’ils viennent ajouter à la glose perpétuellement extravasée de votre serviteur, auteur de ces lignes.

Donc bref, finalement, on y arrive à Rambouillet.

Et puis – accessoirement – pour le dernier plateau de l’année – on y a joué nos deux matchs.

Matchs dont je dévoile d’emblée le dénouement :

Tournoi CIFR 26 Mai 2018

Climat : Comminatoire. Chaud. Quelques éclaircies sur la fin

Terrain : Synthétique. Un billard !

Résultats :

Rambouillet vs RCPB : 1 – 7 (0-4 à la mi-temps)

RCPB vs Ris Orangis : 1 – 1 (1-0 à la mi-temps)

Pour la première fois, nous nous déplacions sans remplaçant.

Notre Alexandre a fini sa saison pour cause de fracture du poignet. La cheville récalcitrante de Constantin le maintient sur la touche. Téo est d’anniversaire.

Nous nous présentons à 10, organisés comme suit :

1 Maël – 2 Enzo – 3 le Sieg

9 Noé – 10 Axel

11 William – 12 Elliot – 13 Hugo – 14 Jocelyn

15 Maxence

Pour une fois qu’on a pas à se racler la soupière pour les compositions et rotations !

D’ailleurs, 10, c’est un joueur de trop pour Rambouillet dont l’équipe n’en ressemble que 9, des joueurs.

En parlant de 9, à Rambouillet, il se trouve que le demie de mêlée n’est autre que le cousin germain de Constantin, venu pour l’occasion – on parle de Constantin, mais aussi du cousin d’ailleurs, quand on y pense – venu disais-je donc en famille encourager ses copains (et un peu chambrer son cousin aussi). Je vous le donne en mille, le gamin s’appelle Augustin !

Et dire que j’ai mis toute la saison à ne plus m’emmêler les pinceaux entre ces deux patronymes d’empereurs romains…

Mais bref, pour une raison assez absconse tenant apparemment à l’incertitude du climat, les gens de Rambouillet préfèrent faire passer le match à toucher à la trappe.

On rentre vite dans le vif du sujet !

Contre Rambouillet, équipe rayée blanche et vert (imaginez une version écolo du Racing) on embraye donc à 9 contre 9 et un essai planté par Elliot dès la première action.

La première mi-temps se solde par un 4-0 sans appel où, paradoxalement, les nôtres n’ont guère brillé.

Pour être honnête, suite à la production en tous points satisfaisante de la semaine précédente, je me sentais en droit d’être exigent.

Et bien j’ai été très déçu.

Nos garçons sont retombés dans leurs travers de début d’année, oubliant gaiement toutes les vertus de soutien et organisation offensive qui ont bâti leur triomphe du samedi d’avant.

Très peu de passes.

Beaucoup d’actions individuelles sans même regarder le soutien du copain proche (pour le lointain, je n’en parle même pas !), presque aucun joueur démarqué (à part William).

Hugo, Mael et probablement Axel ont salé l’addition contre une équipe adverse surtout dominée en défense, concassée aussi par un travail de sape en mode « no pasaran ! » de Jocelyn et de Maxence.

Siegfried aura tenu son rôle de perce-murailles, heureusement relayé par Noé pour faire faire circuler la gonfle, autrement j’ai peur qu’on ait assisté à un remake particulièrement désolant d’un Oyonax v Auch hivernal de ces Taupe 14 de naguère (oui, oui, Auch a connu le Top 14, messieurs dames, comme jadis Dax et Bourgoin !).

Bref, ce n’était pas bien beau, notre histoire !

D’ailleurs, en seconde mi-temps, toujours à 9 contre 9 et privés d’Eliott pour cause de douleur au genou, Rambouillet a fini par nous en planter un, faisant beaucoup bicher les supporters autochtones.

Heureusement pour les mômes, maître Paraire n’était pas là pour contempler ça ! Connaissant son tempérament plus « ébullitif » que le mien – et qui, partant s’accommode bien mieux au rôle de père fouettard (il en faut un dans chaque équipe de coach) – je n’ose imaginer les glapissements dont il aurait abreuvé nos oreilles. D’autant plus que de la friture sur la ligne s’était installée entre les liaisons Noé-Axel, nuisances susceptibles d’excéder de manière radicale l’excellent homme que toute approximation chez les demies irrite au plus haut point.

Quoiqu’il en soit, je ne vous le cache pas, sur le coup, j’ai dû exhiber ma lippe Auvergnate. (L’Auvergnat est maussade, sachez-le ! Une lippe Auvergnate tricote l’expression désabusée mais résignée du gars qui a témoigné de 8 défaites en finale mais qui continue néanmoins d’y radiner sa pomme sous le spécieux prétexte qu’il a entendu dire, qu’un jour, son village en avait gagné une).

J’ignore s’il faut y voir une relation de cause à effet – probablement pas – mais Mael finira par nous planter sa spéciale (encore un essai à 0 passes), histoire de remettre les pendules à l’heure, avant qu’Axel, constatant mon déplaisir, ne solde l’affaire en plantant deux points coup sur coup, le second plus moche encore que les autres en remontant tout le terrain sur l’aile suite à une perte de balle adverse et le premier – plus intéressant par contre – en première main, après à une mêlée sur la ligne des cinq mètres adverses, suite à un coup de pied de dégagement monumental bien pressé.

Mais bon… Rien de bien folichon

A part le score, bien sûr.

Contre Ris Orangis, par contre : changement de décor !

Déjà, Ris Orangis : méfiance ! C’est du mousse par là-bas !

En U7, au tournois du Muguet, la petite équipe débutante alors menée par Moumoute où, sur le terrain samedi, subsistaient encore Jocelyn, Axel et Noé, cette équipe donc (à comprendre la notre), après avoir vaincu le Racing, le PUC ET Massy, s’était fait piler en finale par Ris Orangis et ses gabarits hors norme.

En 2018, ils en gardaient quelques-uns des gabarits avantageux, en U10, Ris ; surtout leur entraîneur d’ailleurs, mais globalement, c’était certes du balaise, mais pas du niveau de Bagneux.

Une équipe à notre portée donc !

On a pris la marée en première mi-temps pendant un bonne demie douzaine de minutes, sans céder, surtout grâce à l’abnégation défensive de Jocelyn, Siegfried, Enzo et Eliot (qui se sera fait mal au genou pour le compte). Et puis finalement, une fois les barbelés bien plantés et l’orage commençant à se calmer, nos garçons rassurés, ont refait surface.

On peut dire ce qu’on veut de mes U10, mais ils font preuve d’une sorte de confiance en eux rigide, revêche je dirais même, qui ne cesse de m’impressionner.

Alors, prenant la bête à bras le corps, avec leurs limites du jour, les voici qui lancent le Sieg et Mael en plein fer, s’empalant rugueusement dans la défense bien fixée pour le compte jusqu’à ce que Noé en relance une couche avec Enzo, puis Maxence venu flairer les joyeusetés, histoire de… Une fois l’essaim bien regroupé, notre 9 cherchait les flèches, Axel ou Hugo pour voir s’il n’y avait pas moyen de…

Au début non !

Notre ouvreur a bien réussi à embrouiller deux défenseurs avant de gâcher ses louables efforts par une passe en pleine tête à son ailier.

Et puis finalement si !

Un essai superbe d’Hugo (on jugera la performance individuelle pour l’occasion vu que, décidément samedi, l’expression collective était au niveau proche du U6) qui au terme d’un incisif slalom dans les lignes défensives, finira par nous donner l’avantage.

Cela aurait mérité de (et dû suffire à) remporter ce match.

Surtout qu’en seconde mi-temps, avec le retour d’un Eliot franchement diminué par son genou, Ris s’est finalement montré guère dangereux et nous assistions – un peu désolés il faut le dire – à une sorte de bataille de chiffonniers où s’enchaînaient mêlées, rucks et mauls, le tout bien stérilement localisé au milieu du terrain ; façon lousinage en règle dans la pure tradition des Brive v Clermont des années 60 !

Clairement, d’un point de vue de l’esthétisme rugbystique, tu briguais pas un oscar ; pas même le césar pour ce que ça vaut.

Un match taillé pour Téo, quoi ! Sauf que Téo, justement, il n’était pas sur le terrain.

Pas dit non plus qu’il ait débloqué la situation, tant Mael, Enzo, Siegfried, Maxence et Jocelyn ont montré de l’appétence pour les tâches dites obscures sur cette mi-temps. Jusqu’à notre petit William qui s’est allègrement chauffé les épaules à ces rudoyantes embrassades. (Dire que j espérais le voir rééditer l’essai magnifique marqué à l’entraînement du mercredi précédent !). Hugo nous aura soulevé un nombre incalculable de ballons, aussitôt libérés, aussitôt recoffrés….

En gros : tout le contraire du rugby qu’on essaye de leur faire mettre en place depuis fin Août.

Au bout du compte, sur la dernière action, on se prend un essai d’égalisation, malgré la louable intention de Raphaël (le papa du Sieg) de le faire invalider pour aplatissement non conforme.

Mes garçons impliqués sur l’action sont formels : l’un d’eux a tapé dans le ballon au moment où le 9 adverse allait plonger. Il est vrai qu’au jugé, il m’a bien semblé que le rebond de la gonfle prenait une courbe particulièrement excentrique pour une marque ; mais ma foi… Qui n’a pas pris une mauvaise décision arbitrale lui lance la première pierre !

En l’occurrence, je ferai preuve d’un étourdissant silence.

Car l’essai, finalement, il a été validé.

Égalité 1-1, donc, et accessoirement grosse déception de l’éducateur.

Mais consolons-nous avec le très bon accueil final de Rambouillet (ils offraient la bière pour les entraîneurs) et cette journée sans défaite dans un jour clairement sans.

Plus que deux tournois cette saison, dont notre Briard.

D’ici là, nous aurons retrouvé Constantin et Téo. Eliot sera requinqué et – prions un peu – personne ne se blessera entre temps.

Pour ma part, je continuerai de rêver à mon préchi précha de passes avant contact sur défenseurs fixés, avec prises d’intervalles lancés, soutien intérieur du joueur en retard, famille des joueurs en avance démarqués qui ont senti le coup et sans oublier les deux gars qui restent dans l’axe, l’un pour déblayer, l’autre pour distribuer, le tout en mouvement, avec la balle qui chante d’une main à l’autre, tout ça au rythme enlevé d’une symphonie type… Type…. Je sais pas, une symphonie quoi… Comme dans les pubs!

Mais là clairement, je suis dans la science fiction.

Frank Herbert : sors de cette tête !

Reviens sur terre !, demain la finale : c’est Montpellier v Castres.

J.

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