Résumé très subjectif du tournoi CIFR du 12 Mai 2018, à Villecresne.

Résumé très subjectif du tournoi CIFR du 12 Mai 2018, à Villecresne.

Entre Paris et Londres, le trajet de l’Eurostar dure exactement 2 heure 19 minutes.

Alors, bon, tu enlèves 5 minutes par ici, et 5 par là, juste histoire de causer avec ton voisin / ta voisine (un peu plus dans le second cas, davantage encore si elle est jolie), tu rajoutes les retards inhérents au mode de transport ferroviaire, combien même celui-ci n’est pas géré par la SNCF, et tu te retrouves, bon an mal an, avec deux heures de libre.

C’est le temps qu’il me faut pour boucler ces comptes-rendus.

Beaucoup moins si ma jolie voisine est en sus dotée de conversation ; moins encore si elle professe une certaine tendance à l’alcoolisme social ; mais ces cas s’avèrent hélas rarissimes.

Bref, mes Eurostars à moi, sont peuplés des rudoyantes cavalcades des U10 du RCPB, un peu comme ces vieilles maisons de vacances gardent entre leurs murs lézardés l’emprunte de joyeux goûters de gosses, l’écho des coups de cane du grand père ponctuant la chute de ses blagues ou bien celui des bruyantes réunions de familles où, à l’image de la mer, le ton montait puis redescendait aussitôt la vieille prune débouchée ; et même… Et même, un peu de cette chaleur à la fois douillette et exaltante d’étés désormais engloutis.

On y trouve pêle-mêle, dans mon Eurostar, les coups de têtes rageur du Sieg quand il cherche à faire avancer les mauls, des percées pleine goule de Mael, les stridences tonitruantes d’Hugo, des tampons rageurs de Téo ou les anxieux “de quel côté je joue ” de William. Mais y transitent aussi, dans ces trains décidément singuliers, des tentatives de passes après contact encore non répertoriées d’Enzo, des coups de pieds fantasques d’Axel et les retours intérieurs de Constantin chassés avec un précision métronomique par les hurlements d’écharpé de maître Paraire. Pour peu qu’on tende l’oreille, on percevrait aussi ce gros “BLAM” sourd par lequel Jocelyn s’en est allé bugner le centre adverse en plein milieu du terrain, trop lassé qu’il était d’attendre la ballon sur son aile. L’esprit imaginatif y trouvera aussi les remontée de ballon plein d’allant de Maxence, tant pressé de retourner vers l’avant là où ça s’amuse, vite-vite, avant que Gilbert ne le sermonne de se replacer en fond de terrain. Il y trouvera itou (on parle toujours de l’esprit imaginatif) l’enthousiasme volontaire d’Alexandre et les crochets courts et tranchants d’Elliot se libérant le chemin de l’essai. Et liant tout cela – toutes ces brumes qui peuplent mon voyage – alors que dehors défilent le Kent, le tunnel puis se déploie la campagne Picarde, vous aurez la présence silencieuse mais efficace de Noé, distribuant son ballon qui de droite, qui de gauche, de préférence sur son ouvreur pour peu que ce dernier ne rêvasse pas trop.

Vous tomberez sur la Dolle aussi, immobile et sourcillant, qui ponctuera le jeu de l’équipe par une instruction forte et incisive – un mot, voire deux, pas plus – une fois par minute de jeu, tu peux chronométrer.

Ouaip : ya tout ça dans mon train!

 

Très bien, mais le compte-rendu me direz-vous.

A oui, le compte rendu.

Alors : écoutez-moi (oui, encore).

Samedi 12, Maître Paraire, La Dolle, Gilbert et moi-même avons connu une sorte d’Epiphanie (c’est le moment où les rois mages arrivent pour consacrer l’enfant Jésus, faites un peu de place dans l’étable syouplaît, on est trois plus les bagages !)

Pas que les rois mages soient descendus nous voir jouer à Villecresne, bien sûr ! Pas non plus que j’ai dans l’idée de comparer notre petite équipe de U10 au messie des écritures, comprenez-bien !

Mais il s’est passé quelque chose dans l’idée, en forçant le trait bien sûr.

Il y a de ces moments où tout se goupille magnifiquement bien, trop bien même ! Tout s’imbrique parfaitement et libère un énorme quadrilatère au tétris.

Ce samedi, nous autres, éducateurs, sous nos yeux circonspects, fiers et un peu étonnés – avouons-le – nous avons connu une de ces consécration.

Jugez plutôt :

 

Tournoi CIFR 12 Mai 2018

Climat : Gris mais chaud, petite averse avant de commencer, rien de bien méchant avant la fin du match des U12

Terrain : Pironi (pas de besoin d’en rajouter plus ; Pironi, c’est un poème en lui-même. Pour qualifier cette typologie de terrain à engloutissement aléatoire, il convient d’utiliser le néologisme “pironien”. Terrain Pironien, donc.

Résultats :

Matchs à toucher (1/2 terrain à 5 contre 5 ou 6 contre 6)

RCPB 1ieres année (William, Elliot, Siegfried, Mael, Téo, Hugo) vs Ballancourt A : 3-1

RCPB 2iemes (Noé, Enzo, Axel, Maxence, Alexandre, Jocelyn) vs Ballancourt B : 5-0

RCPB 1ières vs Athis Mons A : 3-2

RCPB 2ièmes vs Athis Mons B : 3-0

 

Matchs à plaquer 10 contre 10 (terrain complet 56 x 30)

RCPB vs Ballancourt : 10 – 1 (6-0 à la mi-temps)

RCPB vs Athis-Mons : 4 – 0 (2-0 à la mi-temps)

Que dire de plus, vraiment (outre le fait que pour la plupart, vous étiez tous présents) ?

Si :cela ! Il convient de mâtiner ces excellents résultats – et surtout la manière convaincante avec laquelle ils ont été arrachés – par la faiblesse assez criante cet après-midi de l’opposition. Ça ne plaquait guère en face, les garçons s’en sont donné à cœur joie.

On a vu des soutiens superbes, notamment sur l’essai de Mael sur une offrande d’Hugo, en toute fin de première mi-temps contre Ballancourt. Les garçons ont toujours joué ensemble partant avec leur copain porteur de balle, lui-même ouvrant les yeux, cherchant les options de jeu et où envoyer la balle.

Jocelyn aura marqué un doublé, deux essais menés par toute l’équipe jusqu’au bout de la ligne. Enzo en aura marqué un aussi, de doublé. La même chose pour Hugo (en plus de son offrande à Mael), excellent samedi. Placé en premier centre en l’absence de Constantin dont on espère le retour avec impatience, Elliot a probablement lui aussi inscrit sa tripotée, dont l’un sur tchick-tchack, suite à une passe après contact de son ouvreur. Siegfried aura œuvré dans les mauls, dans les rucks et dans les mêlées, récupérant un nombre incalculable de ballons mais surtout, remettant son équipe perpétuellement dans l’avancée quand ça coinçait un brin. Maël nous aura fait du Maël, mais avec des soutiens en plus, pour venir étoffer son volume de jeu déjà conséquant. En l’absence d’Alexandre, William restait notre seul débutant. Un match vaillant et discipliné, comme toujours, où il se sera frotté les épaules contre ses vis-à-vis quels qu’ils soient, sans que ni les uns ni les autres ne déverrouillent son aile. On passera sur le fait qu’il ne l’ait pas dévérouillée non plus. Tout vient à point pour qui sait attendre, disait la pub Guinness. Et moi, j’aime la Guinness!

Maxence aura beaucoup touché de ballon, tranchant fréquemment les défenses adverses pour permettre aux copains de se remettre dans l’avancée.

Dans ces conditions, la charnière, emmenée par un Noé gestionnaire – véritable usine de triage samedi dernier – aura joué à sa main, comme dans un fauteuil. Peu gênés, Noé et son ouvreur se sont efforcés de faire jouer (et bien jouer) autour d’eux. Axel aura régulièrement cherché la passe après contact pour fixer son adversaire (ciblant celui qui ne lui ferait pas trop mal au passage, pas bête!), histoire de ne pas dégoupiller le ballon au choc.

Clairement quand ces deux-là sont concentrés, contre un adversaire trop lent et pas assez agressif dans ses montées défensives, ça enchaîne trop vite. Tout du moins pour ces adversaires ci, ce jour là.

 

Comme au tétris, je vous dis !

On a vu aussi…

Tout ce qu’on voulait voir.

Et pour ça, messieurs : chapeau !

Mais attention de ne pas nous endormir sur nos lauriers : Ça encore beaucoup joué en essaim. On a râté des essais tout fait. On a pris un essai (même si de l’avis d’Elliot, après visionnage de la vidéo, la raison tactique en est simplissime : “J’étais pas sur le terrain !” Qu’il te soutient).

Nous saurons vraiment à quoi nous entretenir contre une opposition plus relevée et surtout apprêtée à des vélléités plus aptes au “ferraillage”.

Samedi prochain, dernier tournoi CIFR à Rambouillet ; sans Constantin ni Alexandre auquel nous pensons très fort, suite à sa fracture du poignet au dernier entraînement…

Allez : courage !

D’ailleurs, j’arrive à Paris.

(Pas de belle voisine aujourd’hui, mais un wagon retentissant de petits fantômes jouant au ballon oval.)

Je crois que j’ai gagné au change.

 

J.

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