Résumé très subjectif du tournoi CIFR du 7 Avril à Bagneux.

Résumé très subjectif du tournoi CIFR du 7 Avril à Bagneux.

 

Date : Samedi 7Avril

Emplacement : Bagneux

Equipes Rencontrées : RC Paris XV – RC Bagneux.

Climat : Chaud et ensoleillé

Terrain : Plutôt mou, d’une couleur verte preuve indubitable de présence d’herbe, entrecoupée ci et là – mais d’une manière parfaitement régulière – par des lignes blanches ; un terrain quoi…

 

Après 4 mois, on y arrive enfin… Non, messieurs dames, je ne parle pas du printemps, mais du match !

Une saison… Tout l’hiver que nos petiots en s’étaient pas étalonnés pour de vrai ! D’ailleurs, on ne vous le cache pas, depuis début février, la sédition s’était invitée dans le comportement de nos petits messieurs qui en avaient soupé des entraînements « pour rien » (dixit Axel).

Alors, nos lascars râlent beaucoup, c’est vrai, mais là n’est pas le problème, car je crois qu’au fond, ils nous aiment bien ! Mais quitte à se faire aboyer dessus, t’as quand même l’impression qu’ils préfèrent nettement que ce soit du bord de touche qu’à l’aplomb exact de leur épaule durant des exercices toujours plus saugrenus les uns que les autres.

Mais bref, Samedi dernier, en plus du printemps, on entamait enfin le long marathon de matchs hebdomadaires qui va nous conduire doucettement jusqu’aux grande vacances.

Alors : 12 joueurs avec nous dans le car à cet horaire redoutable de midi dont l’énoncé tendrait à transformer les regards d’ordinaire conciliants (mais lassé) de mon épouse en poignards plutôt piquants.

Notre petit Ange s’étant fait opérer de la douche et Enzo se remettant d’une gastro, pour le reste de la troupe : du classique.

  • Mael et Siegfried à la pile, suppléés par Alexandre.
  • Téo au talon.
  • Noé en 9 ; Axel en 10.
  • Constantin et Elliot au centre.
  • Maxence à l’arrière. Hugo, Jocelyn et William aux ailes.

Pour la première fois de la saison, La Dolle, Gilbert et son tee-shirt bleu de Montferrant, Philippe et votre serviteurs nous retrouvons tous les quatre pour encadrer les enfants.

Dans le car, maître Paraire te met au jus : « A Bagneux, la réputation : c’est du pénible ! Ça joue devant. Ça joue dur, avec les gros gabarits qui vont avec. »

Il sait de quoi il parle : Monsieur Paraire aïeul (venu avec madame voir Noé pour l’occasion) était président du club à une époque.

N’empêche quand on débarque, il t’en tire une tête, maître Paraire !

Entre les immeubles et la route étroite, accueillant le stade, ils t’ont collé un très joli club house avec tireuse à bière et vestiaires magnifiques qui le laissent tout pantois, dis… Pour une fois, nous autres, vieux grincheux que nous sommes, ne trouvons pas à rouscailler notre sempiternel « c’était mieux avant ».

Mais bon, pour en revenir à nos moutons : deux matchs samedi dernier de deux mi-temps de 10 minutes chacune.

Premiers à venir : Paris XV.

Alors, c’est vrai qu’à n’importe quel sport auquel vous jouiez, rien que le nom « Paris », il faut le dire : ça en pose. Inconsciemment, pour peu que vous soyez français, vous vous dites toujours que sous prétexte qu’on joue un club de la capitale, on va se frotter à plus gros, plus fort, plus important et plus puissant que soi. C’est vrai dans n’importe quel sport, quel que soit la forme du ballon. Paris, c’est Paris, quoi…

Sauf pour les nôtres ! Nos gamins à nous, entre patine d’éducation rugbystique (« lequel de Paris ? SF ou Racing ? ») et tempérament naturellement belliqueux, quand tu leur dis qu’on va se frotter à du costaud : ils se lèchent les babines : « Qu’ils y viennent ! ».

On peut dire ce qu’on veut sur nos U10 : mais ce ne sont pas des émotifs ! Alors, Paris…

Pour tout dire, l’affaire a été vite pliée !

Premier essai au bout de la deuxième action de jeu. Toutes les mêlées gagnées, au point que les arrières se mettent en escalier qu’on introduise ou non, à peu près persuadée de la capacité de sa première ligne maousse à enfoncer l’adversaire.

Alors, on ne répètera jamais assez ce poncif que pour une charnière, jouer dans l’avancée lui permettra de briller. Grâce aux efforts de Mael, Téo et du Sieg, chacune des phases arrêtées (mêlées et touches) a vu  l’équipe Parisienne perpétuellement mise sur le reculoir, laissant nos lignes arrières jouer dans un fauteuil.

Axel a ouvert le compteur, suivi presque immédiatement après par l’Empereur et sa spéciale «je-repique-intérieur-diagonale-sur-dix- mètres-je-brave-crânement-les-hurlements-de-maître-Paraire-tais-toi-coach-tu-vois-bien-que-je-marque-l’essai ». Ne voulant pas demeurer en reste, Maël nous a sorti la sienne de spéciale, «le-ballon-traîne-j’attrape -je-soulève-je-fonce-t’es-devant-tant-pis-pour-toi-tout-droit-essai-yessss ». Pour finalement, aboutir à un essai de première main parfaitement construit, sorte de Nirvana pour éducateurs de rugby, où suite à une (énième) mêlée gagnée par la poussée sourde et rageuse de nos trois acharnés de devant, Noé extrait sur Axel qui gagne la ligne d’avantage pour lancer Constantin qui lâche à son tour la balle dans le tempo pour Elliot qui fonce à dame, démarqué sans plus d’opposition, suivi tout de même – et c’est là que c’est beau – par Hugo qui, de son aile, a bien senti le coup et reste en soutien dans son couloir pour venir aider le copain au cas où…

Même si le niveau en face ne cassait pas des briques, les Parisiens ont été vaillants, ne se démotivant jamais et ne lâchant rien jusqu’au coup de sifflet final.

En seconde mi-temps, d’ailleurs, ils nous ont tenu la dragée haute, n’encaissant qu’un 2-0, sans jamais nous mettre en danger, il est vrai, mais défendant férocement leur ligne, ce que reflète le score. Pour en venir à bout, il aura finalement fallu la bonne vieille spéciale de Mael (un duplicata de celle décrite plus haut) et la filouterie de Noé, qui nous aura marqué un essai de 9, petit côté, après une pénalité aux cinq mètres, passant au ras des chevilles de son vis-à-vis qui ne regardait pas ; essai injustement qualifié par son virulent paternel de « plus moche essai de l’histoire du rugby », considération esthétique sur laquelle – une fois n’est pas coutume – je ne souscris guère avec mon excellent confrère. Marqué en Top 14, cet essai, tu le passes et repasses en boucle sur Youtube avec la mention « Noé enfume toute la défense adverse ». Alors, il est vrai que du point de vue strictement « plastique » de l’artistique rugbystique, t’es plus proche de « Fernande » par George Brassens que des « Nocturnes » de Chopin, mais bon, Victor Hugo sera le premier à vous rappeler aussi qu’il y a une beauté certaine à l’évolution oblique et féroce du crabe.

Et qui suis-je pour contredire Victor Hugo ? (parcequ’en fait, c’est quand même un essai en crabe qu’il nous a marqué Noé, tout tordu, tout bancal et bien malin pour parfaire le tout !)

Victoire 6-0 contre Paris (4-0 à la mi-temps)

 

Après, il a fallu se farcir Bagneux.

Autant maître Paraire avait probablement tort quant au jugement porté sur la qualité de l’essai de son dernier rejeton, autant ses prédictions sur l’opposition proposée par Bagneux s’est révélé exacte.

Bagneux : une équipe rayée rouge et noir, tour à tour meurtre et ténèbres ; un peu à la façon Toulon des pires époques (celle où les frère Herrero t’étripaillaient consciencieusement avant de te piétiner pour souffler, juste histoire de s’assurer que tu ne viennes pas trop la ramener quand ils commencent à se faire des passes), avec un centre monumental du style les ailiers de Montpellier (période actuelle), le tout articulé par une petit 9 teigneux et vicieux, mais – soyons juste – très talentueux, un dix adroit de ses pieds et le reste plutôt mobile. Pour protéger tout ça, devant : un attelage de trois joueurs tous plus grand que la Dolle, ou tant soit peu…

Alors, oui, Gilbert : j’anticipe ton commentaire désobligeant quant à la taille de la Dolle, mais n’empêche à 10 ans, les gamins s’ils sont probablement capables de nous faire une Zidane sur Materazzi 2006TM , mais ne devraient en aucun cas pouvoir coller des coups de boules en mesure d’écraser la truffe d’un adulte se tenant debout.

Ben, le 3 devant de Bagneux, si !

On ne vas pas se cacher, Bagneux : c’était pas un match pour les mamans ! (ni pour les papas trop sensibles, d’ailleurs).

Et pourtant – on les remercie encore – elles étaient venues en nombre samedi !

Tout compte fait, ça ne s’est pas si mal passé que ça.

Après s’être pris l’autobus (première mi-temps perdue : 5-0), tous nos petiots – les 12 !- nous reviennent en pleurs. Entre raffuts hauts, mise sur le cul systématique et autres essuyages de crampons sur joueurs proprement enterrés par les charges du No.3 adverse (le plus grand), ils auront pour tout dire goûté, la posologie qu’ils infligent d’habitude à l’adversaire (raffuts dans la tronche et essuyages de crampons exceptés).

A leur crédit et à ma grande fierté, ce dégonflage de boulard en bonne et due forme nous les a remis à l’endroit pour la seconde période.

D’accord, ils ont encore repris 3-0 (Défaite contre Bagneux 8-0), non sans tenir le score pendant de longues minutes contre un adversaire véritablement au-dessus physiquement. Ils auront pris la marée constamment sans rien lâcher, notamment grâce et Elliot et Téo, dantesques en défense samedi. Pour tout avouer, en seconde mi-temps, la défaite nous incombe pour beaucoup à nous autres éducateurs. Nos garçons, sevrés de ballons, ont réussi à endiguer la déferlante adverse, mais n’ont pas su gérer le peu de munitions qu’ils ont eu à négocier. Ils n’avaient pas les cartes en mains pour ce genre de match – et nous non plus d’ailleurs – pour la simple et bonne raison que jamais, n’avaient-ils été confrontés à une telle opposition menée par des gabarits si outrageusement dominants.

Ces choses-là, on peut en parler à l’entraînement : si tu ne l’as pas vécu, ça veut rien dire !

Bon, ben maintenant, ils savent ! Quand tu n’auras que 5 ballons à jouer sur tout le match, il faut en faire quelque chose de propre et pas tenter des coups de pieds paniqués n’importe comment, construire patiemment son attaque et chercher de l’avancée peu à peu, pour aller décaler lentement les rapides…

Apprentissage nécessaire, si vous voulez mon avis. De cette défaite logique – où nous avons constaté un indéniable sursaut de fierté – il ressortira quelque chose positif (outre le dégonflage du boulard mentionné précédemment).

Un bel après-midi en sommes.

Matchs très aboutis pour Téo et Elliott, capitaines courage, et guerriers nécessaires autour desquels s’arcboute notre équipe quand le bateau tangue.

Pour une fois, Mael et Siegfried ont trouvé à qui parler. Ni l’un ni l’autre n’ont démérité, même si comparé à d’habitude, ils ont fait preuve d’un peu de timidité par rapport à l’abatage dont on les sait capables. Constat à tempérer tout de même pour Mael, auteur de deux essais cités plus haut contre Paris.

Match volontaire de Hugo, qui n’a jamais hésité à se proposer en attaque aussi bien pour gratter les ballons que pour foncer dans le tas. Un non essai spectaculaire contre Paris, qu’il envoie en ballon mort alors que la balle traînait dans l’en-but. Action qui mériterait de repasser sur Youtube en boucle pour que l’on puisse décortiquer exactement la biomécanique miraculeuse par laquelle il a réussi à ne pas aplatir. C’est d’autant plus dommage que sa pré-action était parfaite.

La volonté, Alexandre n’en a jamais fait défaut, même si son éducateur l’a délibérément préservé sur une large plage de la seconde mi-temps contre les molosses de Bagneux. L’apprentissage rentre, patiemment et dans la bonne humeur de ce joyeux petit garçon toujours porté à bien faire.

Faisant probablement contre mauvaise fortune bon cœur, Maxence apprivoise le poste d’arrière. Et Dieu sait s’il lui en a fallu du cœur, Samedi ! Une implication pertinente contre Paris où il a contribué à l’avancée générale de l’équipe par de belles interventions dans la ligne de trois-quarts. Ne s’est jamais défilé contre Bagneux, même après avoir mordu la pelouse plusieurs fois, signe d’une opiniâtreté louable. Pas un supporter de Montferrand pour rien, celui-ci, encore !

La charnière a bien joué sa partition contre Paris, agressant perpétuellement la ligne d’avantage. Pendant la trêve hivernale, Noé a gagné en vitesse d’exécution pour aller chercher les ballons entre les pieds de ses avants. Axel quant à lui a bien orienté ses arrières sur les attaques placées. Jeu au pied encore trop aléatoire, mais avec tout de même un beau coup de tatane de déplacement notamment où il dégage les copains des dix mètres pour aller tamponner l’ailier adverse dans les dix mètres opposés et provoquer une touche judicieuse. Ils auront tous deux marqué leur essai, signe aussi d’une influence équilibrante sur le jeu de cette équipe qui peu à peu se dégage de sa gangue « costaude » pour s’étirer lentement mais sûrement sur les largeurs. Contre Bagneux, d’ailleurs, privés de ballons (forme de jeu où toute l’équipe doit désormais s’améliorer drastiquement), ces deux joueurs n’ont pas su s’exprimer ce qui explique entre autres la mission « damage limitation » générale.

Des comportements intéressants toutefois, dans l’affirmation du caractère. Par l’essai de Noé d’une part, mais aussi contre Bagneux où Axel et le demie de mêlée adverse se sont chauffés à l’ancienne, Le teigneux d’en face traitant son vis-à-vis de mocheté, l’autre rétorquant par « tronche de cake », le tout se concluant en deux temps par un splendide raffut dans la goule encaissé par notre numéro 10 ; qui s’est soldé plus tard par une magnifique cartouche ; 1 partout balle au centre. Va savoir si entre ses deux-là, on n’a pas assisté à l’entame d’une grande et longue amitié !

Si Constantin était dans le viseur de notre râleur en chef (généralement, il patrouille le terrain de droite à gauche, tandis que je le parcoure de gauche à droite – nous échangeos nos impressions à chaque passage, toutes les 90 secondes à peu-près, au niveau de Gilbert l’indélogeable qui, pour sa part, reste en place), si Constantin se fait houspiller, disais-je, c’est qu’il tente beaucoup. Ses crochets le poussent peut-être un peu trop systématiquement sur l’intérieur, mais l’incertitude qu’il crée dans la ligne adverse n’est JAMAIS à négliger. N’empêche que quand il aura joué plus simple, sa passe aura trouvé Elliott pour cet essai enchanteur dont j’ai parlé plus haut. Aura joué en 12 puis en 10, avant de retourner en 12, principalement à cause du bouillonnement intempestif dont m’accablait mon excellent confrère qui me laisse d’ordinaire gérer les remplacements.

Jocelyn nous a fait du Jocelyn. C’est-à-dire qu’il affirme sa plus-value surtout quand ça barde, vu que son attention naturellement volatile aurait tendance à s’éparpiller encore au doux chant (au chant et au concept aussi) de la gonfle volant allègrement d’une main à l’autre. Donc un après-midi rugueux de sa part où sa présence en seconde mi-temps contre Bagneux aura été bénéfique, le score en atteste.

Pour William qui nous revenait de longue blessure : matchs compliqués à l’aile où le ballon est rarement venu lui rendre visite. Ce qui ne l’a pas empêché de verrouiller son couloir en défense et de se proposer dans l’avancée en attaque. S’est désormais dégagé de son profil de débutant pour s’intégrer de plein pied dans le jeu proposé par l’équipe, même si le match contre Bagneux l’a beaucoup intimidé.

En dépit des salutaires vidéos de la Dolle (qui encore une fois me sauve la mise sur l’affaire), il manque irrémédiablement au souvenir figé de cet après-midi, l’épisode mémorable de la tête médusée de William voyant arriver un copain vers le banc après un gros choc. La décomposition irrémédiable des linéaments de son expression quand ce joueur nous revient la lèvre en sang après s’être pris l’arrière de la tête de Siegfried dans les dents !

Mon petit William, atterré, terrifié presque, blanc comme un linge en tous cas, qui me contemple envoyer de l’eau dans la face de son copain pour lui nettoyer la bouche.

Et puis surtout le coup où pour se rincer, le joueur en question, recrache sans faire exprès sang et eau sur les pieds de William.

Les deux petits garçons se regardent tout aussi étonnés l’un que l’autre.

Et puis ils éclatent de rire immédiatement, à pleines dents, un rayon de soleil accroché au pétillement de leurs deux prunelles enfantines.

C’est beau le rugby quand même !

 

Merci à tous pour être venu nous encourager (et puis à ceux qui ont eu la patience de lire jusqu’ici).

 

Bonne vacances à tous et au 28 pour le Tournoi du Muguet!

 

J.

 

Julien Pomel

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