CR du tournoi bouclier briard U10

Episode 12

Résumé très subjectif du Bouclier Briard, 17 juin 2017

Poule Haute, tête basse

 Cette fois ça y est! : le dernier match de la saison. Sous le cagna, en pleine canicule, à la maison…

 Le Bouclier Briard, mon préféré…

 C’est samedi, c’est rugby! Bienvenue au RCPB.

 

Le Briard, c’est l’apothéose et le point d’orgue brutal de ta saison. Elle monte et monte avec les mois plus chaud, pour atteindre son acmé, là, samedi dernier (le 17), où elle explose et BIM!

Basta ! Grosses bises à tous et à Septembre!

 

Sérieux, même sous le déluge comme l’an dernier, avec pas assez de gamins pour former une équipe complète, le Briard, c’est un miel!

Surtout pour les U10 et les U8, il faut reconnaître! Pour une fois, tu échappes à Pironi l’englouti ou aux crottes canines de Bréguet et t’as droit au billard de Vandar… Un miel que je vous dis!

Pour la peine, j’amène un vieux Bourgogne du père Pomel, histoire de fêter ma certification. Car je vous le dis franchement, je sais bien qu’il faut s’occuper des gamins et qu’il y a un tournoi à jouer et tout ça, mais perso: le Bouclier Briard, pour Bibi : c’est un peu comme Noël.

Un Noël estival. Tu regardes tes mômes jouer, tu picoles avec les copains, tu causes rugby, bref : c’est la fête.

Bon, mais dans tout ça, il y a quand même des matchs à jouer.

Comme dirait Herrero, les deux mi-temps du match, c’est un peu la partie pénible du rugby. Certains caractères, dont votre serviteur, s’accommoderaient aisément de la seule troisième, mais passons.

Pour le Briard, j’ai plusieurs absents.

Nous semblons avoir égaré Tatane quelque part. Yannis nous fait, malheureusement faux bond, Noé s’en va répéter à la chorales sur les premières heures du matin (« la chorale, sérieux? » questionne-je M. Paraire Senior; ce à quoi il me répond par cette mimique universelle et propre à tout mari qui subit la loi d’une autorité supérieure, impavide et implacable et qui – la mimique s’entend – signifierait « Cherche pas… »; expression que les anglo-saxons – oui, eux aussi connaissent ces dilemmes – ont traduits par « don’t ask! », preuve s’il en est de l’universalité de l’asservissement résigné des époux aux lubies inamovibles de leurs épouses.)

Nathan nous arrive un peu patraque, occurrence excessivement rare chez ce garçon où les dehors calmes attendent ordinairement l’exutoire du pré pour pleinement s’exprimer

Nous aurons donc des premières lignes consistant en Maxime, Luka et Andreas pour les piliers. Ruben et Allan pour les talonneurs.

Auguste et Noé, l’enfant de cœur du lot, pour les 9. L’ombre de Nathan et Axel pour les 10, les deux J – Jocelyn et Julien – pour les ailiers (les « jailiers », en fait).

Les centres seront tenus par Gurwan, Valentin et Clément.

L’arrière reste la chasse gardée d’Alexandre.

15 gamins, moins Nathan, Julien et Noé sur le début. C’est pas trop mal ! Mais d’un naturel auvergnat (euphémisme entre autres pour « méfiant ») je demeure circonspect. A Sucy, on avait commencé à 14, on avait fini à 10!

Alors, ce qu’il faut savoir du Briard, c’est qu’il se déroule le matin en deux poules de brassage. Les équipes qui récoltent le plus de points sur les matchs qu’elles ont jouées se retrouvent en poule haute, où elles s’affronteront pour les premières places.

Jusque là, que du grand classique, mais la spécificité du Briard, c’est que les équipes moins bien classées le matin et qui se trouvent reversées dans la poule basse l’après-midi, se voient conviées à jouer une coupe elles aussi, par l’obtention de la troisième place, en cas de victoire.

Ainsi, cela donne à toute équipe la possibilité de se racheter et d’attraper la carotte à la fin.

C’est entre autres pour ça que j’aime autant le bouclier Briard.

Et parce qu’il y a de la bière fraîche aussi.

 

Pour en revenir à nos moutons : le matin,  nous nous retrouvons dans une poule où nous évoluerons contre:-

·         Maison Alfort

·         Combs la Ville

·         Savigny

·         Le Scuf

Rien d’insurmontable, mais tu te dis que ça va être serré quand même.

Honneur à l’hôte : on étrenne la journée. Bien sûr, il faut qu’on commence contre Maison Alfort. Pour mémoire, Olivier leur entraîneur était de ma promotion de certification cette saison et puis – l’an dernier, au Briard, justement nous avions dû bricoler une entente avec Maison Alfort qui, eux-aussi manquaient de joueurs. Cette saison, nos trois matchs s’étaient soldés par un résultat nul (4 – 4 en tout). Entre Maison et nous, il y a un passif positif.

Alors – histoire de faire jouer le ressort psychologique, cette fameuse « ressource mentale » chère à mon éducateur es formation fédérale, je réunis mes gamins autour de moi, très serrés. Surtout qu’avec Nathan résolument pas dans son assiette et montrant peu d’appétence à jouer, ils seront privés de leur arme offensive (et défensive) numéro 1.

« Bon, les gars – que je leur dis – Hey, pas de blague! Aidez-moi, là! Vous allez jouer contre l’équipe d’Olivier! Si vous perdez : il va me chambrer jusqu’à plus soif (et ça : ça prend longtemps) que je ne vais jamais en entendre la fin! C’est pas possible! Il faut que vous le gagniez pour moi celui-ci, autrement, je vais prendre trop cher! »

Il va sans dire je leur monte un char complet. Plus sport qu’Olivier : tu trouveras pas! Mais c’est crédule, encore à cet âge-là! Crédule et conciliant. Et puis gentils aussi, surtout mes U10 ! Là, tu les vois se serrer les épaules, bien attentifs à ma requête, dans le genre : « Mince, le pauvre, on peut pas le laisser comme ça! »

C’est donc avec application qu’ils s’y collent, bien emmenés par un Maxime métamorphosé depuis le tournoi de Sucy, parti sur le mode bulldozer en attaque et celui muraille de Chine en défense. Alors, c’est vrai que c’est pas toujours très mobile comme affaire. Ça connait surtout la marche avant et la direction tout droit, mais la vache : ça décape!

Collé à ses basques, Luka déblaye ou reprend le ballon (protégé et offert, s’il vous plaît) pour embrayer sur une autre couche en pénétration. Lui aussi décidé à percer du mur.

En gros ça cartonne beaucoup.

Auguste essaye bien d’écarter tout ça, mais quand cela arrive dans les mains de la Petite Flamme, c’est souvent pour repiquer inté, histoire d’envoyer un ou deux crochets gourmands, sans trop regarder derrière la disponibilité piaffante de Gurwan et de Valentin.

Les ailiers, je n’en parle même pas : en attaque chez nous, c’est un peu le poste potiche. Le ballon transite rarement vers ces horizons bornés et surtout lointain, raison aussi pour laquelle on retrouve régulièrement mon Jocelyn emplafonner l’adversaire en défense en plein centre, parce que non, il n’y a pas de raison que ce soient toujours les autres qui s’amusent!

Maison Alfort et nous-mêmes faisons jeu égal et pour tout dire, il n’y a pas grand-chose entre les deux formations, si ce n’est peut-être, un peu plus d’agressivité de notre part, notamment sur les déblayages où sur ce match, Andreas, Luka et Ruben ont excellé, nous garantissant la conservation de balle.

Au final, malgré les belles intentions d’un Alexandre coureur et de Maxime, on s’achemine sur un match nul jusqu’à ce que Gurwan flaire enfin la ligne d’en-but et qu’il décide, bon là, c’est bon, yen a marre : et m’enfonce tout ça sur l’une des dernières actions du match.

 

RCPB vs Maison Alfort : 1-0.

 

Mes gamins me reviennent avec un beau sourire satisfait de veaux en luzerne : « Dis, t’as vu ça ! Monsieur est servi ! il va pas te chambrer après ça, hein! » qu’ils me fanfaronnent.

Je vous jure que je les aime, ces mômes-là!

 

Les choses se corsent pour le second match, contre Combs la Ville.

Encore une fois, nous faisons jeu égal, mais en moins bien. Moins bien qu’au premier match tout d’abord et moins bien que Combs, surtout.

Nos déblayages ne sont plus aussi efficaces, Axel s’entête à forcer la décision par le défi permanent de son vis-à-vis, cherchant la solution tout seul, se coupant de ses soutiens sur ses premiers crochets tout aussi déroutants pour l’adversaire que pour ses coéquipiers.

Noé nous arrive sur ses entrefaites, je l’échauffe rapidement et le lance dans le bain, à l’aile. Malgré la défense efficace de Clément, de Jocelyn, de Gurwan et d’Alexandre, nous prenons deux essais.

 

RCPB vs Comb : 0-2.

 

Pressentant le match à leur portée, je constate Coach Riou qui trépigne sur le bord de touche. A sa mine rougeaude et aux brusques rejets de vapeurs qui sortent de ses oreilles, tu sens qu’ils vont avoir droit à une fameuse Philippique. Animé de ma vaillance légendaire, je m’éclipse opportunément alors qu’il leur remonte les pendules. Et c’est en auditeur avisé (donc éloigné) que je me délecte à distance de ses expressions fleuries qui tonitruent à travers tout le terrain, que tu peux les entendre de la route, malgré les deux ou trois-cent gamins qui peuplent Vandar.

 

Troisième match contre le SCUF.

Entre temps, M.Hus s’en est allé parler à Nathan, qui du coup, va beaucoup mieux. Il est un peu thaumaturge, M. Hus. On dirait pas comme ça, vu qu’à première vue t’as plus l’impression qu’il serait plus enclin à t’écraser la mouille, mais avec les petiots, non: il te les requinque fissa. Un tour de Christophe et tout le monde repart !

Contre SCUF, Nathan récupère le numéro 10, faisant glisser Axel en 13 et Valentin à l’aile.

Nos gros font le boulot et gênent considérablement le SCUF. Alan et Andreas s’y frottent avec ardeur. Auguste se rend intraitable en s’engluant souvent dans des plaquages d’où Ruben vient nous sortir le ballon. Noé, jouant ailier, subit la même malédiction de pénurie de ballons en attaque et – comme de droit – s’en vient repiquer à l’intérieur où sa bonne entente avec Axel, patiemment polie depuis les U7 sous Moumoute, perturbe l’adversaire.

A ce jeu, nous tenons le terrain.

Finalement, c’est sur une attaque à deux rondement lancée par Auguste, que Nathan arrive à s’échapper avec la petite Flamme en position d’ailier sur son extérieur. Happant deux défenseurs, notre ouvreur transmet dans le bon tempo, geste qui nous prouve si besoin en était qu’il est pile poil prêt pour les U12. Profitant de l’offrande, l’autre met les cannes pour aplatir en coin, et se faire rétamer par la défense adverse qui vient l’enterrer pour la peine.

Grosse douleur de mon petit garçon écrasé par l’ailier et le centre adverse par-dessus et perforé par le ballon aplatit en-dessous. C’est un peu comme être pris entre le marteau et l’enclume, mais que voulez-vous : il faut bien que jeunesse se forge ! Du coup, nous le sortons pour les dernières actions, histoire qu’il sèche ses larmes.

 

RCPB vs SCUF : 1-0.

 

Dernier match de la matinée : nous affrontons Chilly Mazarin.

Là tout de suite tu sais que ça va être chaud. On les a vu donner la leçon à Maison, avec des passes à tire larigot et des essais d’ailiers.

Malgré la présence de la charnière titulaire, Auguste et Nathan, en dépit de l’acharnement de nos deuxièmes années Clément, Alexandre, Max et Luka (Julien n’arrivera que l’après-midi), malgré même un match sérieux d’Alan, nous encaissons deux essais sans pouvoir en marquer un seul, arrêtés devant la ligne plusieurs fois sans la franchir.

 

RCPB vs Chilly Mararin : 0-2.

 

Deux victoires, pour deux défaites.

Ça ne s’est pas joué à grand-chose sur nos deux revers, il faut le dire.

On lâche notamment un ballon dans l’en-but adverse contre Combs, mais en gros, Coach Riou, M. Hus et moi-même (le Bon, la Brute et le Truand, en vérité, dans cet ordre) tombons d’accord : On ne peut rien leur reprocher et on a vu des trucs pas mal dans le jeu.

 

Pour couronner, le tout : on jouera en poule haute.

Grognement dubitatif de ma part.

Suis pas sûr que ce soit une bonne nouvelle, ça!

 

Bon, on verra cet après-midi. Entre temps, ya le Bourgogne à siffler!

 

Les crampons de Valentin ayant rendu l’âme s’arrogent une impressionnante imitation des grôles de Charly Chaplin. Favorablement impressionnés, son Papa et moi nous lançons dans une ambitieuse opération de cordonnerie consistant à réparer les dites chaussures avec du scotch.

L’entreprise ne se révèlera un franc succès qu’une fois M. Voillot Père employant les grands moyens et ramenant le scotch de chantier.

D’ailleurs, le scotch en question – gros rouleau orange – a été laissé au bord de terrain. Si vous le trouvez…

Bref, il fallait bien ça ! C’est que le rejeton Voillot, avec cette déroutante tendance à changer de direction toutes les deux foulées, aura au final autant épuisé ses chaussures que les défenseurs adverses !

Si ça : c’est pas du résultat….

 

Pour l’après-midi, en poule haute, nous retrouvons :

 

·         Combs la Ville

·         Chilly Mazarin

·         RCC 78 (la Celle Saint Cloud)

·         EGG 15 (c’est Gonesse / Goussainville)

 

Je grogne.

La Celle, saint Cloud, il nous avaient battu cette saison. Ça ne s’était pas joué à beaucoup… Mais bon, ils avaient gagné quand même.

 

On commence contre Combs.

Match à peu près similaire à la matinée, mais où montrant un peu plus d’application et aidés aussi par le retour de notre ouvreur titulaire et l’arrivée de Julien, nous nous dépatouillons mieux.

Le soleil cogne. Les momaques commencent à fatiguer. Les changements s’enchaînent.

Combs ferraille mais se montre guère dangereux, s’engluant contre Alan, Auguste, Ruben et Luka. Julien, Clément et Alex essayent bien d’aller coller leur museau vers la ligne d’essai adverse mais les rideaux défensifs de Combs demeurent aussi hermétique que le nôtre.

 

RCPB vs Combs la Ville : 0-0

 

Nous retrouvons assez rapidement Chilly Mazarin.

Là, contre ce futur vainqueur qui n’allait pas perdre un seul match de la journée nous nous retrouvons confronté aux même maux. Mots différents d’avant match. Cette fois-ci on insiste sur la confiance, après notre nul prometteur contre Combs. On va chercher à lancer Gurwan et à jouer moins arrêtés.

Vœu pieu : même solde.

 

RCPB vs Chilly Mazarin : 0-2

 

Ensuite nous nous retrouvons confrontés à l’EGG 15. Il s’agit de Gonesse Goussainville. Là encore, si on t’explique pas : pas moyen de le savoir ! C’est comme l’élusif Plateau Briard ou le fameux Val de Bièvre, ça !

Le microcosme du rugby a cela de marrant qu’il s’invente sa géographie propre, entre termes géologiques et acronymes divagants, l’amateur navigue là-dedans au gré de sa curiosité (parfois), son ignorance (le plus souvent) ou même de son imagination.

C’est rafraîchissant en tous cas !

 

Pour ce qui est du match contre l’EGG 15 : c’est RCPB vs Chilly Mazarin no. 2.

Un peu comme les suites des dents de la Mer. Tout pareil, même nombre de gars qui se font bouffer à la fin, mais d’abord la fille (ou parfois la bande d’adolescents) pour se faire bouloter la jambe. Et puis à la fin c’est le gros poiscaille qui crève.

Sauf qu’à chaque fois, le requin il est plus maousse que dans le film d’avant.

Bon ben là c’est pareil :

 

RCPB vs EGG 15 : 0-2

 

Sauf qu’en guise de plus gros poiscaille que dans les opus précédents : tu tombes sur la maxi tuile. Notre Nathan se fait la main !

Je le vois sortir de chez les secouristes avec un bandage gros comme sa tête entourant sa mimine. C’est le bandage qui entoure la mimine, pas la tête. Vous m’aurez compris.

 

Il reste un match contre la Celle Saint Cloud.

LE DERNIER MATCH.

Le dernier match de la saison.

Mais aussi le dernier match de cette équipe de U10 dont 12 des 17 éléments vont grimper en U12 l’an prochain…

Leur dernier match avec Coach Riou, M. Huss et Bibi.

 

On se réunit tous au bord de la touche, épaules contre épaules.

 

Je les regarde mes lascars, je les épie à m’en graver la prunelle.

Alexandre, Max et Alan ont commencé le rugby avec moi, l’an dernier. Cette année Valentin, Gurwan, Ruben et Yannis, débutants eux-aussi qui s’y sont greffés.

Pour ma seconde année d’éducateur, j’aurais eu ces 7 rugbymen tout frais qui m’ont tant fait rager, mais tant rire aussi ! Avec les plus anciens, qui se connaissent depuis les lutins : Julien, Clément, Luka, Nathan et Auguste et puis les premières années Noé, Andreas, Axel, Jocelyn et Tatane, les seuls qui me restent la saison prochaine.

Deux ans qui sont passés !

Déjà !

Pour en arriver ici, à notre dernier match ! Sous un soleil de plomb du Plateau Briard, avec Nathan HS.

Alors, bien sûr : je dégoise !

Probablement à tort et à travers – ce qui ne change pas de l’habitude – je déblatère sur le dernier match ensemble. Ceux qui vont partir la saison prochaine jouer leur rugby sous d’autres cieux : mon Allan à Poitier et Yannis à Avignon.

Serré au milieu de cette petite tribu turbulente et joyeuse je m’extravase dans une harangue peut-être un peu trop émotive et peu judicieuse mais qu’ils écoutent appliqués, mirettes grandes ouvertes.

Peu judicieuse, sûrement, mais c’est notre façon aussi de leur dire qu’ils vont nous manquer et qu’on a été fiers – oh très fiers – de les avoir accompagnés sur ces deux saisons et d’avoir partagé avec eux ces samedis et ces mercredis soirs.

Tous ces voyages en cars, ces entraînement sous la pluie, ces glissades dans la boue et toutes ces passes envoyées n’importe où, dont mêmes certaines qui t’atterrissent à travers le pif (hein, Max ?)…

Et puis à certains moments : quand t’y crois plus, que tu soupires, tu te dis, non, vraiment, on est trop nuls ! On n’y arrive pas… La perle d’un essai, surgit de nulle part, suite à un contre-ruck, avec quatre passes, prise de profondeur, vitesse à réception et soutien pertinent de la famille extérieure des joueurs en avance…

Et Coach Riou, M. Hus et moi – le Bon, la Brute et le Truand – qui nous regardons incrédules et épatés, ne sachant plus s’il faut rire ou pleurer.

Alors, on rigole. Parce qu’on est contents et qu’un essai bien mené, quand la gonfle chante d’une main amie à une autre, pour s’envoler à nouveau, suspendue à son propre épatement, avant d’être aplatie derrière la ligne, avec le sourire béant des enfants pour couronner le tout. Leur fierté et leur joie sans fard, sans anicroche ni crainte, pure et simple : c’est beau.

 

Pour tout ça, messieurs : merci et merci encore.

 

 PS :

Bon, d’accord. Le dernier match, discours ou pas : on l’a perdu.

Tout le monde est entré sur le terrain.

Tout le monde a joué.

Et on prenait 2-0 jusqu’à l’ultime action du match.

Une mêlée sur nos 5 mètres, introduction Auguste.

Elle est bonne à jouer, cette mêlé, s’enthousiasmerait Fabien Galthié sur France 2, dès qu’il constate qu’elle est vaguement équidistante des deux lignes de touche.

Pour le coup, elle n’est pas spécialement bonne à jouer, celle-ci, mais les mêlées n’étant pas poussées sur ce tournoi, on est certain de récupérer la possession.

De derrière la ligne de ballon mort, j’avise Axel, replacé en 10 à la place de Nathan, indisponible.

« Tu la joues ! » que je lui dis.

Le gamin regarde devant lui. C’est rare !

Il regarde derrière lui. C’est plus rare encore.

Gurwan se décale, sur notre ligne d’essai, pour donner plus de profondeur et se donner davantage d’élan.

Le ballon est éjecté par Auguste, la Petite Flamme se lance, Gurwan se lance et derrière Gurwan, Valentin, Julien et Alexandre.

Passe à Gurwan !

Non, en fait, c’était une feinte de passe !

Toute la défense s’y est fait prendre. Gurwan aussi, apparemment, car il sursaute.

Axel pour qui le concept de jouer dans les espaces libres signifie se faufiler dans les interstices des monceaux encombrés, s’insère entre les adversaires et s’engouffre derrière le rideau défensif.

Et on le voit, libre comme un goéland rageur partir talons aux fesses, remonter tout le terrain. Après une dernière frayeur du retour de l’ailier adverse, qu’il égare par un dernier changement d’appuis, il s’en va sans plus d’opposition s’écrouler dans l’en-but adverse.

Un essai façon bout du monde, sur la dernière action de notre dernier match avec notre équipe.

Un essai d’un première année, comme un symbole.

 

Sur la touche les parents et éducateurs exultent !

Certaines défaites vous laissent parfois une saveur délicate, presque victorieuse, dans la bouche.

Un essai pour finir.

Car c’est fini !

BIM. Comme ça !

Grosses bises et à la saison prochaine.

  Pour les photos :

 https://www.dropbox.com/sh/sv8cag3tceecfxd/AAAjIaLkdeWdvhs1EAlKUCQza?dl=0

 

 Julien Pomel

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